Le Réseau du Souvenir et le mémorial des martyrs de la Déportation
En 1952 est fondé le Réseau du Souvenir par des survivants des camps, des résistants et des familles de disparus. C’est à son initiative que naît à Paris le 2 avril 1962, le mémorial des martyrs de la Déportation, à la pointe de l’île de la Cité.
Cette œuvre, d’une singularité sans pareille, a été voulue et portée par le réseau du Souvenir, structure associative rassemblant des survivants des camps et leurs familles. Créé dès 1952, le Réseau du Souvenir se définit par son objectif essentiel : se souvenir et veiller au respect des déportés, des disparus et des morts pour la Liberté, transmettre la mémoire de ces femmes et de ces hommes, pour que jamais elle ne soit oubliée. Son ampleur nationale et sa composition en plusieurs commissions (historique, artistique, spirituelle et presse) font de cette association, à l'époque, une des plus modernes et des plus engagées sur les enjeux que la société a traversés. Les membres qui l'ont composée, de Paul Arrighi à Germaine Tillion en passant par le Révérend Père Riquet, ont fait sa richesse et établis, par leurs actions, des dispositifs toujours en place aujourd’hui : Journée nationale de commémoration, CNRD, écrits, documentaires (Nuit & Brouillard) et monuments d’hommage.
Le mémorial des martyrs de la Déportation marque l’aboutissement de leurs engagements.
Imaginée, élaborée et conçue par l'architecte Georges Henri Pingusson, la construction du mémorial des martyrs de la Déportation a pris neuf ans. Autant d’années de réflexion sur la symbolique rattachée au bâti, alliant formes suggérées, abstraites, aux gestes artistiques imposés et écrasants. Chef-d’œuvre, le mémorial des martyrs de la Déportation tel qu’il est présenté aux visiteurs du monde entier, est un lieu de transmission, évoquant certains aspects caractéristiques du monde concentrationnaire : l’emprisonnement, l’oppression, l’évasion impossible.
Niché à la pointe de l’Île de la Cité depuis 60 ans, ce Haut lieu de la mémoire nationale du ministère des Armées connut de nombreuses évolutions pour renforcer sa portée pédagogique et valoriser son essence : être un temple du souvenir et de la transmission de la parole des témoins, déportés par mesure de répression et de persécution raciale et antisémite.
Depuis son inauguration, la Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la Déportation y est organisée avec le mémorial de la Shoah, site voisin, partenaire complémentaire dans la transmission des mémoires de la Déportation.
Le mémorial des martyrs de la Déportation vous propose une série d’actions pour découvrir et comprendre la vie, les enjeux et les legs du Réseau du Souvenir, pour découvrir sa portée mémorielle et écouter la parole juste des témoins.
L'œuvre de l’architecte Georges-Henri Pingusson. Sa réalisation est portée par le Réseau du Souvenir, une association regroupant des rescapés des camps de concentration et de familles de disparus.
Créée en 1952, cette structure imaginée par Paul Arrighi, est entièrement vouée au souvenir des déportés, disparus, morts pour la liberté. Par son fonctionnement en réseau, elle impacte l'ensemble du territoire et se compose de différentes commissions liées à des thématiques allant de l'histoire, aux arts ou la presse.
Jean Cassou, né en Espagne en 1894, est un homme passionné d'art moderne, écrivain, militant pour la culture auprès de Jean Zay, résistant au sein du Réseau du Musée de l'Homme puis au sein du réseau Bertaux à Toulouse. Arrêté en décembre 1941, il est interné à la prison de Furgole où il compose, de tête, ses 33 sonnets composés au secret (publié en 1944). Actif au sein de la Résistance dans la région toulousaine jusqu'à la Libération, nommé commissaire de la République de la région de Toulouse en juin 1944, il tourne la page de la guerre en renouant avec ses premiers amours : les arts et la culture.
Jean Cassou fit de cette vie, celle qu'il mena après la Seconde Guerre mondiale, un engagement pour le témoignage et un combat contre l'oubli et le retour des obscurantismes. En cela, il fut membre du premier conseil d'administration du Réseau du Souvenir et un acteur majeur au sein de la commission artistique (entouré de M. Chausson et R. Schmitt).
« Transformer le souvenir en monument. La mémoire en mémorial », Jean Cassou
Par ses mots, il résume l'œuvre majeure du réseau : la construction du mémorial des martyrs de la Déportation. Haut lieu de la mémoire nationale. Membre du réseau des musées et mémoriaux des conflits contemporains (RMMCC).
[Article] - À Paris, les visiteurs sont de plus en plus nombreux au Mémorial des martyrs de la Déportation, sur le site internet du Secrétariat général pour l'administration (SGA).
[PDF] - Le tourisme de mémoire en Île-de-France, in la revue Les Chemins de la mémoire, n° 268 - juillet - août 2019. Télécharger et visualiser le fichier de la revue, PDF, 7.17 Mo.
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