Musée du Sous-officier
Découvrez l'histoire du corps des sous-officiers dans l'histoire de France. Le musée du Sous-officier ouvre ses portes le 18 décembre 1986 en présence du général Douceret, commandant l’École nationale des sous-officiers d’active. Ce dernier a véritablement porté la création de cette institution muséale désormais bien ancrée dans le paysage culturel départemental et régional.
Généralités
La création du musée actuel ne doit pas faire oublier le premier musée militaire de Saint-Maixent qui était le musée du souvenir, créé par le général Michelin en 1932.
Ce dernier l’installe au quartier Canclaux, bâtiments conventuels de l’abbaye de Saint-Maixent, accueillant à partir de 1877, une partie du 114e régiment d’infanterie.
Les locaux prestigieux des appartements des anciens pères abbés, avec leurs boiseries rocaille du XVIIIe siècle, forment un cadre d’exception pour le noyau de nos collections.
L’exiguïté des locaux, une muséographie dépassée conduisent le commandement à repenser le musée du Souvenir.
Le départ de l’École d’application de l’infanterie (EAI) en 1967 et la volonté de dispenser les cours au quartier Coiffé, afin de limiter les déplacements des élèves, conduisent à la décision de transformer les vieux amphithéâtres de l’École militaire d’infanterie (EMI), en place depuis 1884, destinés au cours magistraux et aux examens écrits.
Ils sont démontés, vers 1970, pour installer le musée du souvenir, à droite, et la bibliothèque de garnison, à gauche. Celle-ci se trouvait à l’origine sous les combles de ce même bâtiment
Création d’un espace mémoriel (1884 – 1926)
La création du musée s’inscrit d’abord dans une forte dimension mémorielle. Une crypte est aménagée sous le bâtiment afin d’honorer les morts des écoles de Saint-Maixent depuis 1884, dans une logique proche des traditions religieuses de conservation des reliques. Cette vocation est renforcée par l’installation de plaques de marbre sur la façade, inaugurées le 11 novembre 1926. Quelques mois plus tôt, le 3 mai 1926, le maréchal Ferdinand Foch avait inauguré le monument aux morts situé face au musée. Cette même année 1926, la ville devient officiellement Saint-Maixent-l'École, affirmant ainsi son lien étroit avec l’institution militaire.
Enrichissement et recomposition des collections (1962 – 1986)
La période qui suit est marquée par d’importants mouvements de collections liés au contexte historique.
En 1962, la fin de la présence française en Algérie entraîne le démantèlement de plusieurs musées militaires, dont celui de la Blidéenne. Une partie de ses collections est rapatriée et arrive à Saint-Maixent en 1964, contribuant significativement à l’enrichissement du musée.
Toutefois, ces collections restent mouvantes : en 1968, une partie est transférée à Montpellier lors du déplacement de l’École d’Application de l’Infanterie.
Par ailleurs, entre 1964 et 1986, le musée reçoit plusieurs dépôts importants du musée de l’Armée. Cette dynamique aboutit en 1986 à la création du musée du Sous-officier, accompagnée du transfert de la bibliothèque dans un autre bâtiment.
Multiplication des espaces muséaux
À cette époque, le site se caractérise par une organisation éclatée.
Plusieurs espaces coexistent : le musée du souvenir, centré sur l’histoire militaire locale, le musée du sous-officier consacré à l’évolution de ce corps, ainsi qu’une salle dédiée au 114e régiment d’Infanterie. À cela s’ajoute la salle des Parrains, installée en mezzanine et faisant office de mémorial. Cette superposition de lieux et de thématiques rend la lecture globale du musée complexe et peu lisible pour les visiteurs.
Vers une unification des collections (années 1990)
Face à cette dispersion, une volonté de clarification émerge à partir des années 1990.
Les différents projets envisagés cherchent à rassembler ces collections disparates afin de proposer un récit plus cohérent de l’histoire militaire française. Progressivement, l’image du musée du Sous-officier s’impose comme fil conducteur, permettant de fédérer les différentes composantes du site.
Dégradation et limites du musée
Parallèlement, l’état du musée se dégrade et met en évidence de nombreuses limites.
Les conditions de conservation ne sont plus adaptées : l’éclairage des vitrines provoque des détériorations irréversibles, tandis que la présence de moquettes murales favorise l’accumulation de poussières et de micro-organismes nuisibles. Les réserves, jugées insalubres, accentuent encore ces difficultés. Ce constat alarmant est partagé par les conservateurs successifs, qui déplorent l’incapacité du musée à remplir pleinement sa mission de préservation.
Refonte majeure du musée (2004 – 2006)
Dans ce contexte, l’année 2004 marque un tournant décisif avec le lancement d’un vaste projet de rénovation.
Sous l’impulsion de la direction, un Projet Scientifique et Culturel (PSC) est élaboré avec l’appui de la Direction régionale des affaires culturelles. Ce document structurant, enrichi par les travaux d’un comité scientifique, pose les bases de la transformation du musée.
À l’été 2006, un conservateur est nommé pour mener à bien cette refonte. Il engage alors un important chantier des collections, incluant leur déménagement, leur inventaire et leur documentation, afin d’en assurer la protection juridique et de préparer leur restauration.
Développement du projet architectural et muséographique
La rénovation s’accompagne également d’un important travail de programmation.
Grâce au soutien financier des collectivités territoriales, des études sont menées pour définir un Programme Architectural et Technique (PAT). Celui-ci est validé par les autorités compétentes et reconnu pour sa qualité par le musée de l’Armée, garant scientifique du projet. Cette étape permet de structurer concrètement la modernisation du musée.
Ouverture et modernisation du musée
Le musée s’inscrit également dans une démarche d’accessibilité et d’ouverture.
Il développe des initiatives en faveur des publics en situation de handicap et s’engage dans l’obtention de plusieurs labels. Des collaborations avec des structures sociales, comme un Institut Médico-Éducatif, illustrent cette volonté d’ancrage dans le tissu civil et social.
Vers une reconnaissance officielle
Enfin, le musée entreprend les démarches nécessaires pour obtenir le label « Musée de France ». La richesse de ses collections et le sérieux du travail engagé renforcent la crédibilité de cette ambition. L’ensemble des acteurs impliqués reste mobilisé pour mener à bien ce projet d’envergure.
Ainsi, le musée évolue progressivement d’un ensemble fragmenté et vieillissant vers une institution modernisée, cohérente et ouverte. La réussite de cette transformation repose avant tout sur une dynamique collective forte, qui constitue le socle et la condition essentielle de ce projet.
Offre pégagogique
[Lien] - L'offre pégagogique pour les groupes et les scolaires. Sur le site internet du musée.
Informations pratiques
Courriel : museedusousofficier.ensoa@gmail.com
Adresse : Avenue de l’École militaire, 79400 Saint-Maixent-l’École.
Tél. : 05 49 76 85 30.
Davantage d'informations sur le site internet du musée du Sous-officier.
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