Boulogne-sur-Mer, une ville sur la défensive (1914-1918)
Auteur : Emmanuelle Danchin, docteure en histoire contemporaine, chercheure associée au SIRICE, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
Incluse dans la zone des armées, Boulogne-sur-Mer est, pendant la Grande Guerre, la base navale de l’armée anglaise et le centre hospitalier des troupes alliées. Emmanuelle Danchin donne à voir – à hauteur nominative d’hommes, de femmes et d’enfants – les conditions de vie des civils, victimes des bombardements destructeurs.
Boulogne-sur-Mer, ville portuaire de la côte d’Opale d’alors plus de 52 000 habitants, située sur les bords de la Manche, a fait partie pendant la Première Guerre mondiale de la zone des armées. Sa position géographique, à proximité des fronts de la Belgique et du Nord de la France, fit d’elle un point stratégique majeur et une base arrière pour la conduite logistique de la guerre. Comme Rouen et Le Havre, elle fut un centre de transit pour les troupes et une des bases arrière sanitaire britannique, ainsi qu’un lieu d’approvisionnement pour les armées combattantes. Située au cœur du dispositif de défense transmanche, faisant barrage aux sous-marins ennemis qui dès septembre 1914 montrèrent leurs péricopes, elle contribua aussi à la surveillance du détroit du Pas-de-Calais. Elle fut enfin le siège des commandements des 1re et 2e régions militaires et accueillit pendant toute la durée du conflit les services diocésains, préfectoraux du Pas-de-Calais et de l’État, jusqu’ici situés à Arras.
Cette concentration d’hommes et de matériel ne pouvait qu’attirer l’attention de l’adversaire. L’aviation allemande largua ainsi plus de 600 projectiles sur la ville, de septembre 1914 à août 1918, au cours d’une vingtaine d’incursions aériennes. Boulogne, qui, dès août 1914, avait accueilli les premiers réfugiés belges et du Nord fuyant l’invasion allemande, s’était pourtant déclarée ville ouverte le 2 septembre 1914 et avait évacué et désarmé le port quelques jours plus tard. Elle dût alors repenser sa défense.
Il s’agira ici d’expliquer comment cette ville de la zone non réservée des armées s’est remise en état de défense pour faire face aux bombardements, en s’attachant plus particulièrement aux attaques de 1917 et 1918, les plus meurtrières et les mieux documentées.
Novembre 2025.
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