19 mars. Journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc

Le 19 mars 1962 est la date d’entrée en vigueur du cessez-le-feu définitif entre la France et le Gouvernement Provisoire de la République Algérienne. Cet accord met fin à l’affrontement armé entamé le 1er novembre 1954, date considérée comme le début de la guerre d’Algérie.

Mémorial de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie - © Arnaud Karaghezian/ECPAD

Le 18 mars 1962, la signature des accords d’Évian entre le gouvernement français et les représentants du front de libération national algérien ouvre la voie à l’arrêt des combats et à l’indépendance de l’Algérie. La violence, qui ne cesse pas pour autant, contraint plusieurs centaines de milliers d’Européens à quitter, souvent dans des conditions dramatiques, le territoire algérien. Les anciens supplétifs de l’armée française, très largement abandonnés à leur sort et souvent massacrés, en sont également victimes. L’Algérie accède à l’indépendance le 5 juillet 1962, mais cette histoire douloureuse continue à marquer les mémoires de part et d’autre de la méditerranée.

[Loi] - Loi n° 2012-1361 du 6 décembre 2012 relative à la reconnaissance du 19 mars comme journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc.

 

Le message de Madame Alice RUFO

19 mars 2026. Le message de Madame Alice RUFO, 
ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants. 

Le 19 mars, la France se recueille devant la mémoire des victimes civiles et militaires, connues ou inconnues, de la guerre d'Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc.

Pendant une minute, son hommage silencieux s'élève à la hauteur des douleurs, des sacrifices et du courage de tant de vies frappées par la violence de l'Histoire.

Elle se souvient de ses fils partis sous les armes, qui attendaient le cessez-le-feu comme l1espoir de la paix et du retour, après huit années d'une guerre qui ne disait pas son nom.

Plus de 25 000 morts pour la France. Près de 70 000 blessés.

Ceux qui sont revenus portaient souvent en eux bien plus que leurs récits ne pouvaient raconter; des images et des blessures que l'époque ne savait pas encore nommer.

Il fallut encore du temps pour désigner ce qui avait été vécu, donner toute la reconnaissance méritée.

Longtemps, on continua de parler des « événements ». C'est en 1999 que la loi reconnut ce qu'avait été cette réalité: une guerre. Ainsi s1est peu à peu édifiée une mémoire nationale plus juste, plus fidèle. La journée du 19 mars, instituée en 2012, en est aujourd1hui, comme celles du 5 décembre et du 25 septembre, l1un des reflets.

Au-delà des militaires de carrière et des appelés engagés au combat, nous pensons à tous ceux qui avaient choisi la fidélité à la France, aux harkis, soldats loyaux exposés à des représailles d'une cruauté sans limite puis à l'exil dans le pays qu'ils avaient servi.

La République, qui a reconnu sa dette envers eux, ne cessera jamais de les honorer.

Nous pensons aux Français d'Algérie, arrachés à une terre qu'ils ne fouleraient plus jamais, celle de leurs souvenirs et de leur enfance.

Nous pensons aux civils de toutes origines, victimes des attentats, des exactions, du cycle des violences qui ne s'éteignit pas avec le cessez-le-feu, et aux disparus dont les familles portent dans leur cœur l1absence, sans avoir jamais pu faire leur deuil.

C'est devant chacune de ces vies que nous nous inclinons aujourd'hui.

En leur rendant hommage, la Nation reconnaît ce qui, à travers les générations, nous relie : une histoire, des sacrifices, une fidélité.

C'est par cette conscience collective que nous appartenons à ce que la philosophe Hannah Arendt appelait « un monde commun» : celui hérité de ceux qui nous ont précédés, avec leurs peines et leurs mérites; celui légué aux générations à venir.

À nous désormais de transmettre cette mémoire avec lucidité, honneur et dignité.

Pour qu1elle soit porteuse des espérances de la vie, et nous enseigne à savoir toujours mieux protéger, avec notre pays, l1idéal qui l1inspire.

Vive la République, et vive la France.

Contextualisation

Rappel historique

Le 19 mars 1962 est la date d’entrée en vigueur du cessez-le-feu définitif entre la France et le Gouvernement Provisoire de la République Algérienne. Cet accord met fin à l’affrontement armé entamé le 1er novembre 1954, date considérée comme le début de la guerre d’Algérie.

Le cessez-le-feu du 19 mars 1962 s’inscrit dans la continuité d’un processus qui, depuis plusieurs mois, menait l’Algérie à l’indépendance. Le 8 janvier 1961, par référendum, les Français se prononcent à 75 % pour le droit à l’autodétermination de l’Algérie. Le Gouvernement Provisoire de la République algérienne et la France entament le 20 mai 1961 les pourparlers d’Evian. Le 7 mars 1962, les négociations officielles s’ouvrent.  Le 18 mars 1962, les accords sont signés à Evian-les-Bains, en Haute-Savoie. Ils prévoient l’organisation d’une période de transition menant au référendum d’autodétermination en Algérie qui doit se tenir dans un délai compris entre trois et six mois, la libération des prisonniers dans un délai de vingt jours, une amnistie générale et un cessez-le-feu pour le lendemain midi.

Ce cessez-le-feu met fin aux « opérations militaires et à la lutte armée sur l’ensemble du territoire algérien ». C’est la fin officielle de plus de sept années de conflit. L’armée française reste néanmoins sur place durant la période de transition.

Mais le 19 mars ne met pas fin définitivement aux violences. Le 26 mars 1962, une manifestation d’Européens à Alger est réprimée dans le sang par les autorités françaises. L’OAS (Organisation Armée Secrète), organisation clandestine fondée en 1961 pour lutter contre l’indépendance de l’Algérie, continue son action terroriste et multiplie les attentats et les assassinats en Algérie et en France. En Algérie, les supplétifs de l’armée française sont victimes de massacres après le cessez-le-feu qui s’amplifient après l’indépendance. De nombreux Français d’Algérie sont également enlevés. Le 5 juillet, à Oran, une vague de violences entraîne l’exécution et la disparition de très nombreux Européens.

© SGA

En janvier 1961, les Français approuvent largement, par référendum, le principe d’autodétermination des populations algériennes. Ainsi, dès le mois de mai de la même année, des négociations sont entamées à Evian entre une délégation française, emmenée par Louis Joxe, et une délégation algérienne, emmenée par Krim Belkacem. L’accord conclu lors de cette ultime rencontre doit s’avérer décisif dans la résolution d’un conflit que l’on ne nomme pas encore « guerre d’Algérie » mais qui oppose depuis 1954 l’armée française aux indépendantistes algériens.

Suivez la vidéo à l'aide de la transcription, sur la chaîne YouTube du SGA.

Commémorer le 19 mars

Par la loi du 6 décembre 2012, le 19 mars a été institué « Journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc ». Le 19 mars est le jour anniversaire du cessez-le-feu en Algérie.

La cérémonie nationale se tient au mémorial national de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie, quai Branly, à Paris, inauguré le 5 décembre 2002 par le président de la République, Jacques Chirac.

Elle rassemble les associations du monde combattant, les autorités, les partenaires du ministère des armées et voit régulièrement la venue de scolaires.

Ressources


[Revue] - 1962, Fin de guerre en Algérie. Les Chemins de la mémoire, numéro 278, printemps 2022. Format PDF, 4.97 Mo. 

Le 18 mars 1962, à Évian-les-Bains, le gouvernement français et ses homologues algériens signent un accord qui, ouvrant la voie à l’indépendance de l’Algérie, annonce la fin de 132 années de colonisation et d’une guerre débutée en 1954. Il ne fait pour autant pas cesser immédiatement la violence ni les affrontements.

[Témoignages] - Des témoignages, sur le site internet harkis.gouv.fr. 
 

[Vidéo] - La fin du protectorat français en Tunisie et au Maroc, de Morgan Corriou sur le site de l'INA (Institut national de l'audiovisuel).
 

[Vidéo] - Qu'est ce qu'un militaire de carrière ? Une analyse de l'historienne Raphaëlle Branche, sur la chaîne YouTube de l'ONAC-VG (Office national des anciens combattants et victimes de guerre).
 

[Vidéo] - Qu'est-ce qu'un appelé ? Une analyse de l'historien Tramor Quemeneur, sur la chaîne YouTube de l'ONAC-VG.
 

[Vidéo] - Qui sont les Harkis ? Une analyse de l'historien Abderahmen Moumen, sur la chaîne YouTube de l'ONAC-VG.
 

[Vidéo] - Les Français d'Algérie. Une analyse des historiens Jean-Jacques Jordi et Yann Scioldo-Zurcher-Levi, sur la chaîne YouTube de l'ONAC-VG.
 

[Article] - 3 dates pour un conflit : le cas particulier de l'Algérie. Une réflexion sur les journées nationales de commémoration, in Les Chemins de la mémoire numéro hors-série « Commémorer », 2020. Format PDF, 5.37 Mo.
 

Vous pouvez accéder à l'ensemble des articles sur ce sujet en cliquant ICI.
 

[Lieu] - Le mémorial national de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie et sa visite à 360° !

D'autres ressources sont proposées sur le site internet : Mémoire des Hommes.

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