Bilan à mi-chemin de l’exercice « TARANIS » 2025

L’exercice « Taranis » 2025 s’inscrit comme l’effort majeur de préparation opérationnelle de la Brigade aérienne d’assaut et de projection (BAAP). Sur près de trois semaines d’entraînement continu, les équipages de transport tactique sont immergés dans un environnement volontairement dégradé, exigeant et réaliste, pensé pour refléter les conditions d’un engagement en haute intensité. Une seule volonté : élever le niveau d’exigence de l’ensemble de la communauté du transport aérien militaire.

Exercice TARANIS dans le cadre du transport aérien militaire.

Le commandant Jean, officier programme et chef opérations du volet Fixed Wing Mission Commander Course (exercice de commandant de mission pour aéronefs à voilures fixes), résume la vocation du dispositif : « L’exercice “Taranis” a été impulsé par la BAAP pour entraîner les équipages de transport tactique à la haute intensité, au vol en formation à plusieurs avions, à l’action multimilieux et multichamps. » Sa mission consiste à coordonner jour après jour l’ensemble des mouvements : planification des équipages, gestion des moyens, articulations tactiques des scénarios, tout en intégrant les aléas réels et les contraintes scénarisées.

Ce réalisme constitue l’une des clés de « Taranis ». Menaces sol-air, chasseurs ennemis joués en vol réel, brouillage des communications, arrêt du GPS et attaques cyber font partie du quotidien des équipages. « On supprime les communications, Internet, les moyens GPS… On amène les avions à devoir réagir instantanément et à réarticuler la mission en temps réel », explique le commandant. Les organisateurs cherchent à forcer l’adaptation, l’analyse rapide et la prise de décision sous pression, qualités essentielles aux qualifications visées : Mission Commander, Package Leader ou Element Leader.

« Taranis », véritable laboratoire

Le lieutenant-colonel Florent, directeur du volet Fixed Wing Mission Commander Course, insiste lui aussi sur l’importance du contexte international et de la montée du niveau d’exigence : « Le spectre des menaces devient de plus en plus large, nous avons besoin d’augmenter le niveau de préparation de nos équipages. » Au-delà de la formation, « Taranis » devient pour lui un véritable laboratoire. « C’est un banc d’essai où nous validons nos procédures, où nous éprouvons nos organisations et où nous identifions les axes d’amélioration pour nous permettre de répondre avec toujours plus d’efficacité aux enjeux opérationnels de demain », ajoute-t-il.

La complexité de l’exercice repose également sur la coordination des multiples acteurs engagés. Transporteurs, chasseurs alliés et adversaires fictifs, hélicoptères, ravitailleurs, parachutistes, équipes de marquage de zone et unités spécialisées doivent se retrouver « tous en un temps et en un lieu pour réaliser la mission », souligne le commandant Jean. Plus les moyens se multiplient, plus la mission devient exigeante pour les équipages, mais aussi plus elle gagne en crédibilité.

Le rythme est à la hauteur des ambitions. Une journée type commence par la réception des missions autour de 8 heures, suivie d’un briefing renseignement et d’un point sur les intentions du commandement. S’ouvre ensuite une longue phase de préparation sous contrainte temporelle, trois à quatre heures le jour, jusqu’à cinq pour les missions de nuit. Les équipages enchaînent plusieurs heures de vol avant de repartir dans la boucle de débriefing et de mission report. « Une semaine sur “Taranis”, c’est dense, éprouvant, et les équipages finissent assez fatigués », constate le lieutenant-colonel Florent.

Exercice TARANIS dans le cadre du transport aérien militaire.

Exercice TARANIS dans le cadre du transport aérien militaire.

Un dispositif efficace et la célébration de 80 ans de transport aérien militaire

Les premiers résultats témoignent de l’efficacité du dispositif. En milieu d’exercice, le commandant juge déjà l’ensemble : « C’est globalement un succès. » Les différents vecteurs et moyens ont répondu présent, du ravitaillement au parachutage, permettant ainsi la réalisation d’un volume conséquent de missions. Des ouvertures de terrain sommaire ont été conduites, des vols à plusieurs aéronefs ont été effectués, puis entre 250 et 300 parachutistes ont déjà été largués. Au total, les trois semaines devraient représenter près de huit sorties et environ 200 heures de vol.

Enfin, l’édition 2025 s’inscrit dans une dynamique symbolique forte, puisqu’elle s’achèvera avec les célébrations des 80 ans du transport aérien militaire. Le 27 novembre, toutes les unités du transport aérien militaire se rassembleront pour un séminaire dédié à l’emploi du transport aérien dans un conflit de haute intensité, suivi d’une cérémonie sous l’Arc de Triomphe, présidé le chef d’état-major de l’armée de l’Air et de l’Espace, le général d’armée aérienne Jérôme Bellanger. Cet instant signe naturellement la clôture d’un exercice qui associe exigence opérationnelle, transmission et cohésion au sein de toute la communauté du transport aérien militaire.


A la une