[OK] En naviguant sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies, ce qui nous permet de vous proposer des contenus adaptés à vos centres d'intérêts. En savoir plus
Accueil | Air | Actus Air | Profession pilote Air ... Actus Air | Profession pilote

Profession pilote

Mise à jour  : 02/02/2018 - Auteur : SLT Catherine Wanner - Direction : Armée de l'air

Ils sont pilotes de chasse, de transport ou encore d'hélicoptère. Rencontre avec le lieutenant-colonel Julien, l'aspirant Geoffroy et le capitaine Jérémie qui nous ont parlé de leur carrière au sein de l'Armée de l'air. 

Capitaine Jérémie, pilote d’hélicoptère Fennec à l’escadron 5/67 « Alpilles » sur la base aérienne 115 d’Orange

 Lorsqu’il intègre l’Armée de l’air en 1999, Jérémie a pour ambition de devenir pilote de combat, comme nombre de ses camarades de promotion. Il poursuit son cursus en gardant cet objectif en tête, jusqu’au jour où il a l’opportunité de pousser les portes d’un escadron de chasse, lors d’un stage découverte. Celui-ci n’eut toutefois pas l’effet escompté. Ce qu’il y vécut, ce qu’il y vit : tout le rendit hésitant. Finalement, ce milieu n’était peut-être pas fait pour lui. Peu après, un second stage au sein d’un escadron d’hélicoptères cette fois-ci, le conquiert. « C’était à Cazaux, sur Puma, se souvient-il. J’avais trouvé passionnantes les missions que les équipages accomplissaient. » Plus de doute pour Jérémie, son avenir ne serait pas tracé sur avions à réaction, mais sur voilures tournantes. Direction Dax, où il suit la formation initiale des pilotes d’hélicoptères dans un cadre interarmées. « À mon époque, on débutait les vols sur Gazelle. » Il s’envole ensuite pour le centre d’instruction des équipages d’hélicoptères, anciennement stationné à Toulouse. « C’est ici que j’ai été formé aux missions spécifiques de l’Armée de l’air, sur Fennec, puis breveté pilote militaire. » Au terme de son cursus, Jérémie débute sa carrière opérationnelle. Il est affecté à l’escadron d’hélicoptères (EH) « Alpilles », basé à Istres (l’escadron est installé à Orange depuis 2011) où il officiera pendant huit ans, sur Fennec. « J’effectuais essentiellement des missions de recherche et sauvetage (search and rescue - SAR) et du transport de personnes, indique-t-il. D’un point de vue formation, comme l’escadron disposait de Super Puma, j’ai eu la chance de pouvoir être qualifié sur cet appareil. » Durant cette période, il vit également ses premières projections en opérations extérieures, au Gabon ou encore en Côte d’Ivoire. Son parcours aéronautique se poursuit à l’EH « Parisis », basé à Villacoublay, toujours sur Fennec. « Je participais notamment à la mission MASA, mesures aériennes de sûreté aérienne, pour protéger le ciel parisien. » Après deux ans passés à survoler la capitale, le capitaine Jérémie passe les sélections pour intégrer le 4e régiment d’hélicoptères des forces spéciales, à Pau. « Il s’agit d’un régiment de l’Armée de terre dont certaines escadrilles sont armées par l’Armée de l’air, détaille-il.

Après avoir passé une qualification type, j’ai été muté sur Caracal pendant trois ans, un appareil sur lequel j’ai mené des missions d’assaut ou du transport de troupe, notamment au Mali ou au Burkina Faso. » Au fil de ses nombreuses affectations, le capitaine Jérémie, aujourd’hui établi à Orange à l’EH « Alpilles » sur Fennec, a acquis une solide expérience. « Pour avoir pris les commandes de différentes machines avec chacune leurs particularités, j’ai pu réaliser des missions extrêmement variées qui m’ont donné une vision assez globale de ce qui se fait dans l’Armée de l’air. À l’inverse, je n’ai jamais fait d’outre-mer, un volet important dans la carrière d’un pilote d’hélicoptère. » Lorsqu’on l’interroge sur l’aspect qui lui plaît le plus dans sa spécialité, il répond sans hésiter. « Nous avons l’opportunité de réaliser des missions très diverses qui vont du transport de personnes au sauvetage au combat, en passant par la surveillance aérienne, pour ne citer que quelques exemples. Un pilote d’hélicoptère touche à tout et peut être déployé partout dans le monde. Quand on aime faire du terrain, c’est une vraie plus-value. Le travail en équipe avec les tireurs embarqués, les médecins ou encore les mécaniciens est aussi une grande source de motivation. Enfin, je dirai que d’un point de vue technique, le pilotage d’un hélicoptère a quelque chose de magique. On peut se poser dans des endroits inaccessibles comme sur des cols montagneux ou dans des forêts équatoriales. On ne vole certes jamais très haut, mais cela nous permet de voir tout, de très près. De garder une forme de contact avec la terre tout en étant dans les airs, une sensation que je trouve extraordinaire. Même après des années passées à voler à bord de ces aéronefs, je me sens encore chanceux à chaque fois que j’en prends les commandes. »

Lieutenant-colonel Julien, commandant l’escadron de transformation Rafale sur la base aérienne 113 de Saint-Dizier

 Le lieutenant-colonel Julien a intégré l’École de l’air en 2001. Il suit le parcours classique d’un direct jusqu’à l’obtention de son insigne de pilote de chasse, en 2006. Il réalise ensuite sa transformation opérationnelle à Cazaux. À l’issue, en 2007, il intègre l’escadron de chasse 1/2 « Cigognes » de Dijon où il évolue sur Mirage 2000-5. De 2011 à 2014, il est officier d’échange dans l’Aéronavale, à Landivisiau, et effectue ses premiers vols à bord du Rafale. Après un an passé en état-major de 2014 à 2015, le pilote rejoint l’escadron de transformation Rafale sur la base aérienne 113 de Saint-Dizier.

 « Devenir pilote de chasse, c’est l’assurance d’exercer un métier hors norme. Et sur des machines exceptionnelles. Dans mon cas, le mirage 2000-5, puis le Rafale. Aux commandes de ce dernier, on réalise aussi bien des missions de défense aérienne ou d’assaut conventionnel que des missions de reconnaissance. Le Rafale est omnirôle. Si la formation est longue et exigeante, le rêve n’est pas inaccessible. C’est d’autant plus vrai que la mentalité « chasse » a beaucoup évolué. Les pilotes en instruction militaire (PIM) sont davantage accompagnés par leurs aînés que dans le passé. Ils sont comme des petits frères qu’on souhaite voir aller le plus loin possible

Aspirant Geoffroy, pilote de transport sur C-130 Hercules au 2/61 « Franche-Comté » sur la base aérienne 123 d’Orléans

 L’aspirant Geoffroy a intégré le cursus EOPN (élève officier du personnel navigant) à la fin de l’année 2012. Il réalise ses premiers vols sur Cirrus SR 20 à Salon-de-Provence avant de rejoindre la base aérienne (BA) 709 de Cognac où il poursuit sa formation sur Grob 120. À l’issue d’un tronc commun à tous les pilotes militaires, il est orienté en transport. Direction la BA 702 d’Avord, où il débute un cursus de près d’un an sur Xingu. En janvier 2016, il obtient ses « ailes » de pilote de transport lors de la traditionnelle cérémonie du « macaronnage ». En février de la même année, il arrive au « Franche-Comté », où il est formé sur C-130H Hercules pendant huit mois, à travers des cours au sol puis des séances sur simulateur et enfin des vols pratiques.

 « Pour être pilote de transport, il faut aimer le travail en équipage. Dans un C-130 Hercules, nous sommes cinq : deux pilotes, un navigateur, deux mécaniciens navigants. Ensemble nous réalisons un large panel de missions, logistiques et tactiques, notamment au profit de la force Barkhane en Afrique : largage d’hommes et de matériel, posé sur terrain sommaire, etc. Dans notre escadron, les pilotes partent en moyenne une à deux fois par an en opération extérieure. Par ailleurs, les possibilités d’évolution sont une vraie source de motivation. Une fois qualifié, je pourrai, en effet, tenter ma chance pour intégrer l'escadron des forces spéciales : le 3/61 Poitou.»


Sources : Armée de l'air
Droits : @ armée de l'air