Portrait : rencontre avec le commandant Alexandre Richard de la Patrouille de France
À quelques heures du survol historique de Paris dans le cadre de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques 2024, le commandant Alexandre Richard, charognard de la Patrouille de France, se confiait.
C’est dans un contexte un peu particulier que nous avons rencontré le commandant Alexandre Richard. Ce soir-là, lui et les sept autres avions qui composent la Patrouille de France (PAF) allaient survoler Paris dans le cadre de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques.
Sur la base aérienne 105 d’Évreux, d’où partaient les Alphajet le soir même, et plus précisément dans la salle de briefing, le commandant se livrait sur cet événement si particulier. « La PAF a l’immense honneur cette année de faire partie du cérémonial des Jeux olympiques et paralympiques (JOP) de Paris 2024. Nous avons déjà eu la chance de participer à l’accueil de la flamme olympique dans le vieux port de Marseille, le 8 mai dernier. Pour nous, c’était un honneur que de contribuer à cet événement aussi marquant et unique pour notre pays. Et dans la continuité de cela, nous avons l’opportunité, ce soir, de prendre part à notre façon à la cérémonie d’ouverture des JO. Ce qui est également pour nous un privilège qui ne se produira certainement qu’une fois dans notre vie. » À l’occasion de cette cérémonie exceptionnelle, la PAF a réalisé un double passage avec la réalisation d’un cœur et d’un éclatement.
Les pilotes, des athlètes de haut niveau
À l’instar des athlètes qui participent aux JOP de Paris, le commandant Alexandre Richard est un passionné de sport. Originaire d’Isère, c’est par le ski alpin que ce dernier a découvert la pratique sportive, dès l’âge de six ans. « Je n’ai jamais été aussi stressé qu’au départ d’une manche de ski alpin. Vous avez 45 secondes pour exprimer vos six derniers mois d’entraînement. Et finalement, c’est quelque chose que je retrouve au sein de la PAF. Vous avez six mois d’entraînement tout l’hiver et derrière vous avez 25 minutes de présentation pendant lesquelles chaque erreur se paye cash. »
S’il a aujourd’hui délaissé les skis pour le vélo et la course à pied, le sport reste pour lui indissociable de son métier de pilote. « Lors de la période hivernale dédiée à l’entraînement pour la PAF, nous avons quotidiennement deux séances de sport. Cet entraînement nous permet d’éviter toutes les petites blessures qui pourraient être induites par le facteur de charge. Je pense notamment à des douleurs dorsales, cervicales ainsi que des petits blocages au niveau de nos articulations. Nous travaillons donc sur nos muscles profonds pour éviter tous risques. » Une pratique du sport qui va au-delà d’un simple maintien de la condition physique. Compétiteur dans l’âme, il a notamment participé au semi-marathon Marseille-Cassis l’année dernière.
Le sport comme libération de l’esprit
Au-delà de l’aspect physique que représente la pratique récurrente du sport, c’est aussi la libération de l’esprit que vient chercher le commandant. Actuel charognard au sein de la PAF, il sera le leader l’année prochaine. Une pression qu’il parvient à maîtriser grâce au sport, mais aussi grâce à la méthode d’optimisation des ressources des forces armées (ORFA). « De manière générale, je trouve que le sport suscite une libération de l’esprit. Il permet de ne plus penser à autre chose et de se lâcher, de décompresser, de dépasser ses limites. (…) J’ai aussi eu la chance de pratiquer l’ORFA assez longtemps dans ma formation de pilote de chasse. Ceci m’a donné la possibilité de m’émanciper et de comprendre mes forces ainsi que mes faiblesses intellectuelles sur des phases de vol qui pouvaient être un peu denses et compliquées. Aujourd’hui, j’utilise ces méthodes et ces outils qui m’ont été transmis pendant ma formation soit de manière sporadique, mais aussi pour me relaxer rapidement. »
Durant la période estivale de représentations, la PAF se déplace sur l’ensemble du territoire au gré de ses démonstrations aériennes et de ses passages. Un rythme extrêmement soutenu qui durera jusqu’au mois d’octobre avec parfois plusieurs déplacements en un seul week-end.
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