Feux de forêt : des bases aériennes pleinement engagées
Face aux incendies qui ont touché la Gironde et les Landes, désormais maîtrisés, les bases aériennes situées à proximité ont activement contribué à la lutte contre les feux de forêt et la protection des populations, en renfort des moyens civils. L’occasion de revenir sur leurs actions.
En juillet 2026, les deux incendies qui ont frappé les départements des Landes et de la Gironde ont nécessité la mobilisation de moyens militaires humains et matériels d’une ampleur inédite. Pompiers de l’Air, surveillance aérienne ou encore expérimentation du largage de produit retardant par l’A400M Atlas, l’armée de l’Air et de l’Espace a multiplié les actions pour contribuer à la lutte contre les flammes et à la protection des populations. Au-delà de ces moyens, les bases aériennes 118 de Mont-de-Marsan, 120 de Cazaux et 106 de Bordeaux-Mérignac, situées au plus près des zones sinistrées, ont notamment joué un rôle déterminant dans le dispositif.
Un pélicandrome au plus près des opérations
Les trois bases aériennes ont d’abord apporté un soutien aux moyens aériens de lutte contre les incendies grâce à la mise en place d’un pélicandrome. Cette plateforme de ravitaillement au sol permet l’accueil d’aéronefs civils et militaires, français comme étrangers, engagés dans les opérations de lutte contre les incendies. Les avions bombardiers d’eau peuvent notamment y refaire le plein d’eau et de produit retardant avant de repartir en mission. Jusqu'à une vingtaine d'aéronefs ont pu être accueillis simultanément sur les trois emprises militaires, parmi lesquels des hélicoptères Black Hawk et Puma, des Air Tractor, des Dash, des Canadair (pélicandrome de la BA 106), deux avions de transport C-17, qui ont acheminé un hélicoptère Bell 412 et un CH-47 Chinook australiens (pélicandrome de la BA 118) et des hélicoptères CH-53 allemands et des Air Tractor (pélicandrome de la BA 120). Compte tenu de la situation, le pélicandrome de la base aérienne 118 a été activé de manière anticipée et restera opérationnel jusqu'à la fin de la période de risques de feux de forêts.
Les unités d’appui au déploiement en première ligne
Engagées dès les premières heures de la crise pour défendre le camp de Souge et les emprises militaires menacées, les unités d'appui au déploiement (UAD) de l'armée de l'Air et de l'Espace ont confirmé être des acteurs militaires de premier plan de la lutte contre les feux. En Gironde, les Aviateurs de l'Escadre aérienne d'appui aux opérations (EAAO) et du Groupement aérien des installations aéronautiques (GAIA) ainsi que les sapeurs du 25ᵉ régiment du génie de l'air (RGA) ont été engagés pour renforcer le dispositif de défense contre les incendies. Aux moyens de bulldozers et de tractopelles, les opérateurs ont créé ou renforcé des pare-feu, élargi des voies d'accès pour faciliter la progression des secours. Sur le site de la BA 106, les engins militaires ont débroussaillé les abords de la base aérienne afin de limiter la propagation éventuelle des flammes. En parallèle, le GAIA a assuré le ravitaillement des moyens civils et militaires de lutte contre l'incendie en approvisionnant en eau les réserves fixes utilisées par les pompiers. Le 25e RGA est également intervenu sur le secteur de Lacanau, en appui de la Sécurité civile et des moyens départementaux, afin de contenir la progression des feux vers les zones habitées.
Au cœur de la mobilisation
Au-delà des moyens directement engagés dans la lutte contre les incendies, les bases aériennes ont également apporté un soutien logistique et humain de premier ordre. Plusieurs centaines de personnes ont ainsi été hébergées sur la BA de Bordeaux-Mérignac, parmi lesquelles des civils évacués, notamment des enfants accueillis dans un centre de loisir IGESA, ainsi que des renforts de pompiers et de militaires mobilisés sur les feux. Sur la BA de Cazaux, les renforts de pompiers et de leurs véhicules venus de Belgique ont notamment pu être hébergés directement sur la base. Toujours à Cazaux, un espace aéronautique spécifique a par ailleurs été créé afin de faciliter la coordination et la circulation des aéronefs engagés dans la lutte contre les feux de forêt. Depuis la tour de contrôle, un guet à vue a été créé pour détecter d’éventuels départs de feu aux abords de la base. Des hélicoptère Caracal et des drones MQ-9 Reaper ont directement contribué à la surveillance des zones affectées et à la reconnaissance des feux et de leurs foyers.
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