Exercice « HERMES 25 » : opérations aéroportées dans un contexte de haute intensité

Direction : Air / Publié le : 11 avril 2025

L’exercice « HERMES 25 », première édition d’un rendez-vous qui se veut annuel, a récemment eu lieu dans le cadre d’un entraînement de grande envergure dans le sud-ouest de la France. Deux avions Casa étaient au cœur de cet exercice complexe et exigeant dans un contexte de haute intensité.

Opérations aéroportées dans un contexte de haute intensité

Du 31 mars au 4 avril 2025, deux avions Casa de l’escadron de transport 1/62 « Vercors » de la base aérienne 105 d’Évreux-Fauville ont participé à l’exercice « HERMES 25 » dans le sud de la France. Orchestré par la Brigade aérienne d'assaut et de projection (BAAP), ce nouveau rendez-vous a pour mission de conserver les compétences acquises pour les missions d’évacuation sanitaire (MEDEVAC), mais aussi d’éprouver le concept ACE (Agile Combat Employment) via l’alerte RAPACE.

Opérations de largage sous haute intensité

Du côté des vecteurs aériens, l’exercice « HERMES 25 » a impliqué une large palette d’intervenants, parmi lesquels un avion léger de surveillance et de reconnaissance (ALSR) pour le travail de blanchiment de zone, un E-3F AWACS, pour assurer la surveillance et la détection aéroportée, mais aussi d’avion de chasse appartenant aux escadres de chasse du « Vendée », du « Normandie-Niémen » et des « Cigognes » pour assurer la protection des deux Casa en opération. « L’exercice “HERMES 25” s’est déroulé sur une semaine, avec deux grands types de missions : les opérations aéroportées et les évacuations sanitaires (MEDEVAC) »,nous livre le lieutenant-colonel Julien, directeur de l’exercice (DIREX).

Pendant une semaine, plus de 1 000 largages de parachutistes de la 11ème brigade parachutiste se sont enchaînés. Parmi les objectifs fixés, la réalisation d’une importante opération aéroportée sur une journée entière, concentrant un effort maximal. L'objectif était de larguer un nombre conséquent de parachutistes dans un temps limité, avec des rotations continues de vols opérés par un ou deux avions en patrouille. « Les opérations ont débuté dès 7h du matin pour se terminer avec les derniers atterrissages à 22h. Au total, près de 500 parachutages ont été effectués au cours de cette journée. » Les équipages Casa ont également été confrontés à un environnement de haute intensité avec des simulations de défense sol-air (DSA) à l’aide du système Mistic. Cet outil, qui reproduit un autodirecteur de DSA, permet d’entraîner les équipages à opérer dans des environnements hostiles où les menaces, comme les munitions rôdeuses, sont omniprésentes.

Opérations aéroportées dans un contexte de haute intensité

Opérations aéroportées dans un contexte de haute intensité

S’entraîner à l’alerte MEDEVAC

Une autre mission cardinale au cours de cet exercice consistait à tester et optimiser les procédures d’évacuation sanitaire, avec le déclenchement d’une alerte MEDEVAC en moins d’une heure. Ce type d’opération menée avec deux convoyeuses de l’escadrille aérosanitaire (EAS) de la base aérienne 107 de Villacoublay a été essentiel pour la prise en charge rapide de patients blessés dans un environnement contesté. Au cours de la semaine, trois alertes MEDEVAC ont été déclenchées, mettant à l’épreuve non seulement la réactivité des équipes médicales, mais aussi leur capacité à coopérer efficacement avec les équipages de transport aérien. Dès la réception de l’alerte, une chaîne parfaitement orchestrée se mettait en place : les convoyeuses de l’air ont dû assurer une coordination fluide avec les pilotes pour organiser le départ immédiat de l’aéronef configuré en version médicale. Une fois posés sur terrain sommaire, les avions, moteurs tournants, devaient être prêts à décoller en moins de quinze minutes, avec des équipes médicales opérationnelles pour la prise en charge du patient.

Cette rapidité d’intervention, rendue possible grâce à une coordination étroite entre équipages de transport et convoyeuses de l’air, visait à réduire au maximum le temps d’exposition aux menaces éventuelles sur un terrain sommaire et contesté. Ces scénarios ont également mis en lumière l’importance de l’entraînement régulier aux missions MEDEVAC pour perfectionner les procédures et garantir une prise en charge optimale des blessés, même dans les situations les plus critiques.

Opérations aéroportées dans un contexte de haute intensité

Opérations aéroportées dans un contexte de haute intensité

L’épreuve du concept Morane : l’agilité au cœur de l’exercice

Un autre objectif majeur de cet exercice était de mettre en œuvre le concept Morane, aligné sur l’approche FRA-ACE (Agile Combat Employment). Ce concept consiste à déployer un groupement de transport opérationnel (GTO) composé de deux avions Casa et d’une trentaine de personnes, le tout en seulement dix jours de préparation. Le déclenchement de l’alerte RAPACE, équivalent à l’échelon national d’urgence (ENU) de l’armée de l’Air et de l’Espace (AAE), a été un test grandeur nature visant à vérifier la capacité des forces aériennes à se déployer rapidement sur un théâtre d’opérations en cas de crise.

Au nombre de huit, les mécaniciens Casa ont assuré la mise en œuvre des avions sur le terrain ainsi qu’une capacité de dépannage, garantissant la continuité des opérations malgré des contraintes matérielles et environnementales importantes. « Nous nous sommes déployés avec un lot de pièces et du matériel de servitude pour assurer une disponibilité maximale de la machine et une autonomie du GTO. », précise le lieutenant-colonel Julien.

L’exercice « HERMES 25 » s’inscrit dans une volonté claire de l’AAE de conserver et de transmettre le savoir-faire acquis durant les opérations extérieures (OPEX) Serval et Barkhane, où le Casa a été mobilisé pendant dix ans. En mettant à l’épreuve ses forces dans des conditions réalistes et exigeantes, l’AAE assure la pérennité de ses compétences en MEDEVAC, tout en préparant ses équipages à faire face aux nouvelles menaces d’un environnement de haute intensité.

Opérations aéroportées dans un contexte de haute intensité

Opérations aéroportées dans un contexte de haute intensité

L’indicatif « HERMES »

Le choix du nom HERMES n’est pas anodin. Il s’agit de l’indicatif du Casa lorsque l’aéronef est en opération. Le nom fait également référence au dieu grec Hermès et à son caducée sur lequel s’enroule un serpent, symbole distinctif des missions MEDEVAC.


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