Déploiement de l’A400M Atlas dans le cercle polaire

Direction : Air / Publié le : 13 mars 2025

Depuis le 3 mars 2025, l’équipe de marque avion de transport tactique, rattachée au Centre d’expertise aérienne militaire, mène une campagne d’expérimentation A400M en conditions « temps froid » dans le Grand Nord, avec le soutien du 25e régiment du génie de l’Air. Au-delà du fait d’éprouver les capacités de l’aéronef en conditions extrêmes, la mission a permis l’acheminement de commandos du groupe militaire de haute montagne (GMHM) prenant part à l’exercice « Uppick 25 ».

Déploiement de l’A400M Atlas dans le cercle polaire

Être en mesure de se déployer en environnement « grand froid », c’est l’objectif que s’est fixé l’équipe de marque transport tactique (EMATT), stationnée sur la base aérienne 123 d’Orléans-Bricy et rattachée au Centre d’expertise aérienne militaire (CEAM). Depuis le début d’année, l’unité multiplie les campagnes d’expérimentation de l’A400M Atlas par temps froid. Le but derrière ces expérimentations (XP) : élargir le spectre de capacités de l’aéronef suite à l’expression de besoin formulée par le bureau développement capacitaire de l’état-major de l’armée de l’Air et de l’Espace (EMAAE). Le premier jalon de ces XP est posé en janvier 2025, lorsqu’un équipage de l’EMATT prend la direction du Canada. « Cette première phase nous a permis de réaliser une série de posés sur terrain sommaires : des pistes de graviers glacées et enneigées. Nous avons pu nous appuyer sur l’expertise de nos homologues canadiens », nous partageait alors le lieutenant-colonel François-Xavier, commandant de bord sur la mission.

En mars, la mission se poursuit, mais cette fois-ci en Europe, dans le cercle polaire, au-delà du 66e parallèle nord. Les atterrissages sont alors réalisés sur des pistes recouvertes de neige compactée. « La première phase au Canada, c’était essentiellement de la découverte. Aujourd’hui, notre déploiement dans l’arc polaire constitue la deuxième phase d’expérimentation. Nous nous sommes posés sur des pistes sommaires gelées moins utilisées qu’au Canada, dans un milieu encore plus extrême, avec des murs de neige de près de 2 mètres de haut de part d’autre de la piste. Les températures au sol environnent les - 35 °C. En vol de croisière, nous avons également atteint les températures minimums certifiées pour l’A400M (-74°C). À titre personnel, je n’avais jamais été confronté à ce cas de figure en mission », confie le lieutenant-colonel François-Xavier, de nouveau déployé.

Déploiement de l’A400M Atlas dans le cercle polaire

Déploiement de l’A400M Atlas dans le cercle polaire

L’expertise au sol du 25e RGA

Si cette nouvelle phase d’XP prend place de début mars à début avril, la préparation a, quant à elle, été réalisée bien en amont. Dès le mois de décembre, un détachement de sapeurs du 25e régiment du génie de l’Air (RGA) s’est rendu sur site dans le but d’expertiser les pistes en vue du posé de l’A400M Atlas. « L’objectif recherché est de caractériser et d’analyser les données de neige sur piste, par des températures pouvant atteindre les - 40 °C. Notre équipe a d’abord été déployée sur place au cours du mois de décembre. Nous devions nous assurer que les pistes enneigées étaient en mesure d’accueillir l’aéronef, dans les conditions de sécurité requises. Pour ce faire, nous réalisons des mesures et nous étudions, entre autres, la portance du terrain. Nous sommes revenus sur place en février afin de valider les mesures prises en décembre, partage le commandant Michael, adjoint au chef du bureau opérations instruction (BOI) au sein du 25e RGA. Au cours d’une telle mission, nous pouvons noter plusieurs défis : le froid, la quantité de neige – pouvant ralentir la manœuvre – ou encore, la faune sauvage – l’ours polaire est très présent dans la zone. Nous devons être armés pour tout déplacement. » Plusieurs mois en amont, les sapeurs ont préparé leur déploiement dans le Grand Nord à l’occasion de séquences opérationnelles en montagne.

Déploiement de l’A400M Atlas dans le cercle polaire

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« Uppick 25 » ou la coopération interarmées par temps froid

Le 9 mars, au départ d’Orléans, l’équipage de l’A400M ne voyage pas seul. En effet, onze commandos du groupe militaire de haute montagne (GMHM) ont pris place à bord de l’appareil. Eux aussi se rendent dans le cercle polaire, mais pour une raison tout autre. Pendant 24 jours, ces chasseurs alpins d’élite évolueront dans des conditions extrêmes à l’occasion de l’exercice « Uppick 25 ». « Notre objectif est de mener un raid de 120 à 140 kilomètres en milieu inhospitalier. Lors de cette mission, au cours de laquelle nous dormirons sous tente, nous allons avoir différents types d’activités : déplacement à skis, escalade de cascade de glace, manœuvre de franchissement. Le but de cet entraînement n’est pas d’apprendre à survivre, mais plutôt d’apprendre à vivre dans des conditions extrêmes. Il nous faudra impérativement nous immuniser du froid, par la multiplication des couches, et prévenir la transpiration, explique le commandant François, à la tête du détachement. Pour la première fois, nous avons pu être déployés en A400M, rendant la mission d’entrainement opérationnelle de bout en bout. » Cette mission double, sollicitant des moyens de l’AAE et de l’armée de Terre, met en exergue une volonté commune aux deux entités à l’ère de la haute intensité : être apte au combat, au mépris du froid.

Déploiement de l’A400M Atlas dans le cercle polaire

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