CHAMMAL : Des meetings aériens à l’engagement en opération extérieure
En juillet dernier, quelques jours après avoir effectué un saut en parachute depuis un hélicoptère Puma sur l’esplanade des Invalides de Paris, l’adjudant-chef Sébastien est projeté sur l’opération Chammal. Découvrez son parcours, plutôt… atypique.
L’adjudant-chef Sébastien rejoint l’armée de l’Air et de l’Espace en mai 2005. Engagé en qualité de sous-officier logisticien, il fait ses armes sur la base aérienne 278 d’Ambérieu en Bugey, d’abord à l’Escadron de soutien du ravitaillement technique aéronautique (ESRTA) puis à l’Atelier industriel de l’aéronautique (AIA). En parallèle, il décide de franchir les portes de la Section air de parachutisme sportif (SAPS) de la base aérienne. En 2007, il fait son premier saut à Besançon. « Je m’en souviens encore, cette première sensation lorsque la porte s’ouvre sur le vide et laisse place à l’inconnu, c’est un moment inoubliable. »
Pris de passion par cette discipline, il se spécialiste dans la précision d’atterrissage (PA). Après un déploiement sur l’opération Epervier en 2010, l’adjudant-chef Sébastien participe à sa première compétition civile de PA, en 2013. C’est ici qu’il est repéré par l’équipe des ambassadeurs parachutistes de l’armée de l’Air et de l’Espace, également présente sur la manifestation. « Un an plus tard, je faisais mes premiers sauts au sein de l’équipe aujourd’hui dénommée Phénix. Entre temps, j’avais goutté à la discipline du voile contact qui a été un véritable coup de cœur. Je recherchais cette sensation de vol, et de vol avec coéquipiers. » Puis, l’adjudant-chef est muté à l’équipe d’étude technique en contrôle non destructif (EETCND) sur l’AIA de Clermont-Ferrand en 2015, avant de rejoindre la base aérienne 116 de Luxeuil en 2022, en tant que « responsable de gestion logistique » (RGL) des matériels terrestres.
« Être au plus près des opérations »
Entre deux saisons des meetings et surtout après 18 années à s’élancer depuis des aéronefs en tout genre, l’adjudant-chef est, depuis juillet 2025, déployé sur la base aérienne projetée (BAP) au Levant dans le cadre de l’opération Chammal. « Je ressentais ce besoin de partir pour être au plus près des opérations. » Au Levant, il occupe également le poste de RGL « 4 » et est en charge de la logistique opérationnelle du matériel terrestre employé au quotidien par les militaires présents sur le théâtre. « Passer des meetings à l’opérationnel, c’est quelque chose, mais depuis que je fais partie de l’équipe Phénix, je dois allier mes “deux vies” et m’organiser pour à la fois faire mon travail de logisticien, et m’entraîner pour l’exigences des représentations. »
L’adjudant-chef Sébastien dénombre aujourd’hui plus de 2000 sauts à son actif, deux titres de champion de France, deux titres de vice-champion de France et de nombreux meetings aériens au compteur. « Ce n’est pas mon métier à temps plein, mais c’est une passion qui demande un grand investissement. »
L’équipe Phénix, vue par l’adjudant-chef Sébastien
« L’essence même de l’équipe Phénix est de faire rayonner l’armée de l’Air et de l’Espace, de démontrer son savoir-faire et de donner envie aux plus jeunes de rejoindre l’aventure. Les représentations peuvent être faites notamment grâce à six semaines d’entraînement par an, à Cahors, couplées à un stage hivernal fait à l’étranger (Maroc, Italie…). L’équipe Phénix, c’est environ 25 parachutistes venus de toutes spécialités et de tous grades : il y a aussi des réservistes. Nous sommes placés sous le commandement du Centre air de saut en vol (CASV) et participons à une quinzaine de meetings aériens par an. Outre les sauts, ce que j’apprécie particulièrement, c’est la préparation des meetings : briefer avec l’équipe puis aller dans le détail avec les équipages de l’appareil duquel nous sautons… »
Lancée en 2014, l’opération Chammal engage l’armée de l’Air et de l’Espace au sein de l’opération internationale Inherent Resolve, coalition internationale dans la lutte contre Daech. Si les activités opérationnelles se sont aujourd’hui orientées vers le conseil, l’assistance et l’autonomisation, la présence française reste cruciale pour accompagner les forces iraquiennes vers une autonomie durable. Cette mission exige une organisation rigoureuse, une coordination constante avec les partenaires internationaux et une capacité à répondre aux besoins opérationnels du terrain.
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