CHAMMAL : Exercice de type « attaque complexe » sur la base aérienne projetée au Levant
Mardi 28 octobre 2025, les personnels déployés sur la base aérienne projetée (BAP) au Levant ont participé à un important exercice de protection-défense (PRODEF).
Dans le cadre du maintien en condition opérationnelle des forces françaises présentes sur la BAP au Levant, un scénario « d’attaque complexe » a été joué en coopération avec les forces partenaires stationnées sur l’emprise. Cet exercice grandeur nature a permis d’évaluer les capacités de protection et d’intervention de la BAP, notamment au travers l’action des fusiliers et commandos de l’air et maître-chien du détachement de protection (DETPRO), des démineurs du détachement EOD (explosive ordnance discover), des équipes médicales du Rôle 1, des pompiers du détachement incendie, sécurité et sauvetage (DETSIS), des gendarmes du détachement prévôtal et des personnels armant les sections d’autoprotection.
A 08h02, le déclenchement des premières sirènes marque le début de l’exercice : un véhicule piégé (dans le jargon, VBIED -vehicle borne improvised explosive device) est découvert devant l’entrée principale. En renfort de leurs homologues étrangers, les fusiliers et commandos sont directement alertés pour sécuriser le périmètre. Très vite, le maître-chien et son malinois, Sidney, binôme qualifié « aide et la recherche à la détection d’explosifs » (ARDE), arrivent sur les lieux et confirment la présence d’explosifs dans le véhicule. L’équipe de déminage est déclenchée. Mais, en une fraction de seconde, le scénario bascule : la voiture explose et fait plusieurs victimes. Après l’arrivée des services de secours du pays hôte, le Rôle 1, premier échelon du soutien médical aux opérations, est dépêché sur les lieux de l’accident : les quatre victimes, fidèlement grimées, sont amenées à l’infirmerie où des soins sont prodigués.
Une heure et demi après les premiers événements, l’entrée secondaire de la base subie une attaque par armes à feu. Le centre de commandement opérationnel (CCO) français est activé. A la suite d’un second survol de drone classifié de « hostile », le CCO donne l’ordre de basculer au stade CHARLIE, troisième niveau d’alerte de la base. Les personnels sont mis aux abris tandis que les trois sections d’autoprotection, armées par plus de 70 militaires, hors unités du domaine PRODEF, sont activées. L’objectif : renforcer le DETPRO en signalant tout cas non conforme au Joint defence operations center (JDOC, ou poste central de protection).
A 11h31, un énième drone est détecté. Cette fois-ci, il est piégé et largue une charge explosive sur la zone vie. Les lieux sont immédiatement évacués et un périmètre de protection hermétique est mis en place. Après un check fait par le binôme ARDE, les démineurs procèdent à l’analyse de l’objet (par le biais d’une radiographie) avant de le neutraliser au canon à eau.
Puis, la direction de l’animation (DIRANI) intensifie le scénario en début d’après-midi. Un drone suicide explose à quelques mètres d’un Rafale « bon de guerre », stationné sur la zone technico-opérationnelle. Dès lors, l’emprise passe en stade DELTA, niveau d’alerte maximal impliquant notamment une ré articulation des sections d’autoprotection avec une occupation de postes supplémentaires. Bilan simulé : un blessé dont le pronostic vital est engagé et un mort. Les personnels sur place prodiguent les premiers secours « au combat » avant l’arrivée du Rôle 1, qui procède à l’évacuation médicale des victimes. En parallèle, les pompiers créent une « bulle de protection » autour de l’aéronef armé, afin de prévenir tout embrasement. Pendant ce temps, les démineurs balisent la zone et réalisent des analyses pour connaitre la nature de l’explosif. Les gendarmes du détachement prévôtal effectuent eux aussi des prélèvements pour déterminer l’origine de l’attaque. Evacué et souffrant d’une hémorragie interne, le blessé est très vite transfusé grâce à une réponse efficace à la campagne de don de sang lancée en urgence : le premier donneur est arrivé en moins d’une minute…
L’objectif principal de cet exercice était d’éprouver la coordination interalliée, notamment en termes de C2 (command and control) et de chaîne santé avec l’activation du plan MASCAL (massive casualties ou afflux massif de blessés) pour le Rôle 1. Cet exercice « d’attaque complexe » a également permis de tester la réactivité des militaires de la BAP (notamment avec l’activation des SAP) face à des menaces 2D (sur terre : attaques armées…) et 3D (dans les airs : drones…). Le retour d’expérience issue de cette journée servira à améliorer les dispositifs de protection-défense de la base aérienne projetée au Levant. De nouveaux exercices interalliés sont prévus dans les semaines à venir.
Lancée le 19 septembre 2014, l’opération CHAMMAL est le volet français de l’opération internationale INHERENT RESOLVE (OIR). CHAMMAL apporte un soutien militaire aux forces irakiennes engagées dans la lutte contre Daech, aujourd’hui contraint à l’insurrection. Les activités d’accompagnement et de conseil de la Coalition internationale visent à permettre aux autorités politiques et militaires irakiennes d’assurer seules la sécurité de leur pays.
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