Affronter le froid et le vent, mantra du CFSS
Saviez-vous que l’être humain ne peut survivre que trois heures face à l’hyperthermie, trois jours sans eau, ou trois semaines sans se nourrir ? Cette « règle des trois » constitue l’un des fils conducteurs d’une unité hors norme : le Centre de formation à la survie et au sauvetage (CFSS) 61.566, situé sur la base aérienne 120 de Cazaux. Cette entité singulière forme le personnel navigant et les commandos de l’air aux actes réflexes de survie.
Chaque année, elle organise des stages où le terrain est un parfait instructeur. Au cœur des Hautes-Pyrénées, plus spécifiquement à Barèges, nous retrouvons les instructeurs du CFSS dans le cadre du stage de survie grand froid. Durant quatre jours, 17 stagiaires issus du personnel navigant aborderont les techniques de survie en cas de situation de crash. Hélicoptéristes, chasseurs, ou encore transporteurs, tous les pilotes sont réunis. L’exigence de la mission en vol requiert, en effet, une anticipation des risques potentiels. Le stage grand froid permet aux élèves d’acquérir un panel de savoir-faire dans un seul et unique but : survivre.
Vaincre le froid avec les moyens du bord
Quand on parle de survie, la racine du mot « vie » ne nous échappe pas… Le sergent-chef Allan, instructeur, issu du commando parachutiste de l’air n° 30, s’exprime : « Un des principes mêmes de la survie est de tenir en vie le plus longtemps possible, jusqu’à l’arrivée des secours. Le concept de la mort ne devient plus un concept, comme les détails… avec le froid, ça ne devient plus des détails. » Formés régulièrement en milieu froid notamment en Norvège, au Canada ou encore en Suède, les instructeurs du CFSS apportent aux élèves une large culture du terrain. D’abord, dans une phase théorique, les élèves apprennent les conséquences irrévocables du froid sur le corps humain. Gelures, déshydratation, hypothermie… les risques sont nombreux. Pour y faire face, différentes techniques existent. À partir de carcasses d’avion ou de parachutes, la création d’abris permet au personnel accidenté de s’abriter du froid en attente des secours. « L’épave de l’avion est un ami », énonce l’instructeur. Se protéger, se signaler, s’abriter sont les mots d’ordre. L’hydratation est également à ne pas négliger. Les stagiaires apprennent à filtrer l’eau par l’intermédiaire d’un feu, qu’eux-mêmes ont allumé. Mais on ne s’arrête pas aux besoins primaires de l’être humain… Les raquettes de fortune sont également un apprentissage du stage. À partir d’éléments naturels ou de parachutes d’éjection, le personnel navigant apprend à réaliser leur propre moyen de locomotion.
Faire face
Après la théorie, arrive la pratique. Raquettes aux pieds, les élèves partent sur le terrain. Pour lutter contre le froid et la neige mouvante, le déplacement donne l’une des clés : l’activité. Rester en mouvement est une priorité. L’instructeur Kris, sergent-chef et commando parachutiste, ajoute : « Le but du stage est d’être confronté à la sensation du froid et de l’inconfort. Par-dessus tout, il est essentiel de rester actif et ne pas subir. Malgré la rusticité, il faut avancer, essayer. » Pour l’adjudant-chef Ulrich, instructeur issu de l’armée de Terre et affecté désormais au CFSS, le mental est notre instinct de survie, un moteur que l’on doit rendre imperméable. Le dépassement de soi, l’activité physique régulière permettent de dompter sa gestion à l’effort et la rendre de plus en plus modulable. Il s’agit d’une approche à long terme qui permet des bénéfices certains, notamment en cas de situation de stress palpable. Une autre solution, quelque peu atypique, est imagée par l’un des instructeurs… Se dévêtir pour ne faire qu’un avec la neige. Les stagiaires se prêtent au jeu et se munissent de généreuses poignées de neige pour les appliquer à chaque extrémité du corps. L’objectif ? Réguler la température et éviter la transpiration, ennemie du froid. Rapidement, le groupe s’affaire et enchaîne les actes réflexes : signalisation au sol, création d’abris, apprentissage du feu. À l’issue de ces jours de formation, le personnel navigant est testé lors d’une restitution. De jour comme de nuit, perchés en montagne, ils ont déroulé leur savoir-faire pendant 24 heures. Un défi glaçant mais que tous ont dépassé. L’un des vecteurs primordiaux de cette réussite repose également sur la notion du collectif et, plus largement, du commandement. Lors d’un crash d’avion, pour un équipage, il est indispensable d’identifier un leader afin d’optimiser les prises de décision puis, en conséquence, les actions.
D’ici quelques mois, les pilotes se retrouveront en Guyane ou encore à Djibouti pour apprendre la survie… cette fois-ci en milieu aride et équatorial.
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