Supériorité informationnelle : les innovations qui renforcent l’avantage opérationnel
Face à l’évolution des environnements de conflictualité, la supériorité informationnelle devient une condition décisive de l’efficacité opérationnelle. L’Agence de l’innovation de défense (AID) accompagne, dans ce domaine thématique, les projets qui visent à renforcer la connectivité, la résilience des systèmes, la maîtrise du spectre et la rapidité de décision au profit des forces, comme la préparation des systèmes pour un combat collaboratif numérique sécurisé.
L’enjeu majeur consiste à construire une chaîne informationnelle rapide, résiliente, sécurisée et souveraine. L’innovation en matière dans le domaine ne réside pas uniquement dans chaque brique technologique, mais dans leur intégration cohérente au sein de systèmes de systèmes interopérables.
La « supériorité informationnelle », une réalité opérationnelle face aux nouvelles menaces
Les nouveaux espaces de conflictualité ont profondément complexifié la réflexion stratégique et la réalité opérationnelle. Face à l'évolution du champ de bataille et à la multiplication de ces nouveaux domaines de conflit (cyber, électromagnétique, spatial), la supériorité informationnelle s'impose comme un levier décisif pour obtenir la supériorité des forces dans les conflits contemporains et futurs. Condition de l’accélération des cycles décisionnels, elle vise à garantir une prise de décision plus rapide, plus fiable et plus pertinente que celle de l’adversaire.
Le domaine d’innovation « supériorité informationnelle » prépare les systèmes pour un combat collaboratif numérique sécurisé. Le ministère avec l’aide de l’AID structure cette ambition autour de capacités majeures interdépendantes : la connectivité, les systèmes d’information opérationnels (SIO) assurant l’autonomie nationale, la géophysique (domaine GHOM : Géographie, Hydrographie, Océanographie, Météorologie), le renseignement, la maîtrise du spectre et l’attaque électronique, ainsi que le quantique.
Dans ce contexte, la guerre électronique (GE) et la maîtrise du spectre électromagnétique, en particulier, sont des facteurs de supériorité informationnelle et opérationnelle prépondérants dans un domaine marqué par la numérisation, la densification et la miniaturisation des senseurs. Il est en effet primordial de pouvoir identifier les attaques électroniques adverses et d'inhiber leur impact sur nos systèmes d’armes en temps réel.
L’innovation ouverte comme vecteur de souveraineté et d’interopérabilité
Cette transformation repose sur une chaîne informationnelle intégrée articulée autour de trois piliers d’innovation ouverte. L’hyper-sensorisation, via la captation multi-sources (capteurs physiques, OSINT, renseignement humain), garantit une couverture dense et fiable même en environnement dégradé. Dans un second temps, le traitement et l’analyse des données mobilisent l’intelligence artificielle pour réduire le bruit informationnel, détecter les signaux faibles et offrir une décision augmentée. Enfin, la capacité de calcul, passant du cloud souverain à l’edge computing tactique embarqué, assure une puissance de traitement résiliente et distribuée au plus près des capteurs.
L’enjeu est de livrer une chaîne informationnelle rapide, sécurisée contre les menaces cyber et électromagnétiques, et techniquement souveraine avec l’idée prédominante que : « celui qui dispose de la dynamique de décisions et d’actions la plus rapide sur le maximum d’effets combinés possède alors un avantage militaire : la surprise ». Dans ce contexte, le rapprochement avec les partenaires internationaux, tels que l’OTAN, et l’intégration des innovations civiles sont indispensables pour la diversité des solutions. Ces approches d’ouverture sont mises en synergie avec la nécessité de disposer d’une "capacité cœur" militaire pérenne et de maîtriser les technologies critiques associées.
Pour découvrir l’intégralité de ces projets et comprendre comment sous l’effet des récents conflits de haute intensité, le ministère accélère l’interopérabilité et les évolutions technologiques, consultez le bilan d’activité de l’AID.
Présentation de quelques-uns des projets emblématiques :
AUTOCOUV
Le projet d’accélération de l’innovation « AUTOCOUV » vise à développer un environnement de tests automatisés pour logiciels critiques écrits en langage C. L’objectif est d’apporter de meilleures garanties de qualité du code et de sécurité face aux menaces cyber. Ce démonstrateur a été testé, en 2026, à plusieurs étapes par le maître d’œuvre industriel, permettant de faire des retours utilisateurs pour orienter les développements.
Porté par OCAMlPro et Thalès Research & Technology
KRYPTOJAM
Les opérationnels ne disposent pas, sur le terrain, d’un moyen simple permettant de savoir si un signal GNSS (Global Navigation Satellite System, - GPS, GALLILEO, etc.) est altéré. Primé aux Trophées des innovateurs et exposé lors du Forum innovation défense, le projet d’innovation participative KryptoJam y répond avec son système de détection de brouillage GNSS permettant de comparer les signaux des différentes constellations grâce à une visualisation graphique en temps réel. Récompensé aux Trophées des innovateurs en novembre 2025, ce projet est passé à l’échelle.
Porté par un innovateur du centre DGA Maîtrise de l’information (DGA-MI)
EBIOS RM
Le projet d’innovation participative EBIOS RM est un serious game pour la formation aux risques cyber répondant à une problématique majeure : les formations traditionnelles, basées sur des présentations formelles, ne favorisent ni les échanges ni l’ancrage des savoirs. L’homologation CYBER des programmes d’armement étant obligatoire, améliorer la formation et la sensibilisation aux risques cyber au sein du ministère des Armées et des Anciens combattants est un véritable enjeu.
Porté par : DGA Maîtrise de l’information (DGA-MI) en collaboration avec la société Game Partners.
FASCINATION
Ce projet d’accélération de l’innovation, lancé en 2025, a pour but de fabriquer des antennes miniaturisées, conformées et robustes grâce à une rupture technologique dans la production des céramiques techniques : le Frittage Sélectif Acoustique. C’est une fabrication additive qui génère des pièces denses en une seule étape et sans liant à partir de poudres céramiques. Le consortium combine le procédé d’AITHRA, l’expertise matériaux du Centre de Transfert de Technologies Céramiques (CTTC) et le savoir-faire de l’Institut franco-allemand de recherches de Saint-Louis (ISL) dans la conception et la mise en œuvre d’antennes pour applications en environnements sévères.
Porté par : AITHRA avec le CTTC et l’ISL
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