L'Agence de l’innovation de défense dresse le bilan des premiers essais réussis des drones autonomes lors de la phase d’expérimentation.
Du 19 au 23 janvier 2026, l’expérimentation d’un projet d’accélération de l’innovation (PAI) s’est déroulée au sud de la presqu’île de Saint-Mandrier, près de Toulon. Ce projet vise à fournir à la Marine nationale des drones de surface capables d’assurer la protection portuaire et l’escorte de navires.
Dans un environnement marqué par des tensions persistantes, la Marine nationale fait face à de nouveaux défis. Les évolutions technologiques, comme l’essor des embarcations dronisées, exigent des solutions innovantes pour assurer la sécurité des navires et des ports. C’est dans ce cadre que s’inscrit le partenariat innovant intitulé DANAE (Drone de surface Autonome Naval avec capacité d’Armement Embarqué), un acronyme emprunté à la mythologie gréco-romaine. Jamais réalisé auparavant, ce projet est financé par l'Agence d'innovation de défense (AID) et co-piloté avec la Marine nationale, avec l’appui du centre d'expertise et d'essais de la Direction générale de l'armement Techniques navales. Ce futur drone de surface autonome est conçu pour deux missions principales : l’escorte de navires, équipé d’un armement létal pour neutraliser les menaces, et la protection portuaire (militaire ou civile), doté d’un armement non létal pour sécuriser les zones sensibles.
Les principaux enjeux de ce projet inédit concernent l’autonomie décisionnelle, la navigation et la classification autonome des menaces, la gestion énergétique avec l’objectif d’assurer une endurance suffisante pour les missions, ainsi que la maitrise des menaces par un système d’armes déporté pour neutraliser des embarcations de moins de 20 mètres, un procédé piloté par un intervenant humain. Pour atteindre ces objectifs, ce partenariat innovant englobe les phases d’étude, de conception, de développement, d’acquisition et de soutien du système. Une procédure se déroulant en trois phases :
Phase 1 : Évaluation de sept drones de surface et sélection des trois meilleurs drones.
Phase 2 : Conception et développement des trois prototypes finaux, puis sélection du système retenu.
Phase 3 : Production et soutien des drones DANAE.
Du 19 au 23 janvier, les performances de sept drones proposés par les industriels français participants : Sirehna, Thales, Exail, SEAir, Seaowl, Marine Tech et Keys4Sea ont été évalués en termes de performances de navigation, d'endurance et d'autonomie décisionnelle.
Les différents systèmes proposés par les 7 industriels :
EXAIL
Exail a présenté sa solution de dronisation CortiX. Il s’agit d’une solution d’autonomisation robuste, fiable et résiliente, cumulant plusieurs centaines de milliers d’heures en mer, sous toutes les latitudes. Elle équipe des USV (comme le DriX) déployés dans le cadre de nombreuses applications opérationnelles.
Ce drone de surface s’appuie sur la solution d’autonomisation CortiX visant la robustesse, la fiabilité et la résilience, cumulant plusieurs centaines de milliers d’heures en mer, sous toutes les latitudes. Cette solution est déployée dans le cadre de nombreuses applications opérationnelles.
MARINE TECH
Ce drone de surface est équipé du logiciel de planification et supervision de mission (LPSM) développé par Marine Tech. Dronisation qui se veut simple, rapide et économique de tout type de vecteur nautique, Il est évolutif pour s’adapter à des missions complexes.
THALES
Thales a mis en œuvre son système SeaWolf, une capacité à droniser des plateformes navales. La plateforme dronisée est le FCC 910 de la société Couach, développé pour les forces spéciales, offrant une vitesse élevée et une importante capacité d’emport de charge utile.
SEAIR
Le drone du groupement représenté par SEAir, est un Flying USV (*Unmanned Surface Vehicle) multi capteurs. Embarcable sur frégate, il est destiné à des missions d’appui offensives et défensives à la Force Navale. Seul drone sur foils, cette solution se veut plus rapide, plus stable et avec une élongation augmentée.
SEAOWL
NEMEZIS, drone de sureté maritime est basé sur une plateforme d’Embarcation de Drome Opérationnelle (EDO) 4G. La solution proposée vise à accroitre significativement les capacités actuelles des navires en service. Celle-ci permettant de déporter des capteurs à des fins de renseignement mais aussi d’assurer des missions plus complexes de protection d’unité précieuses et d’interdiction de zone par la mise en œuvre de charge utiles, ceci par un seul opérateur.
SIREHNA
Seaquest-S est conçu pour être embarquable sur les frégates. Il vise à se distinguer par sa vitesse, son autonomie décisionnelle en navigation et classification, ainsi que sa capacité d’emport de charge utile.
KEY4SEA
La solution du groupement Keys4Sea-Safran, est un système de dronisation capable de s’adapter rapidement sur une plateforme navale existante. Le drone évalué cherche à associer la souplesse de configuration à une optronique de premier rang, valorisée par une IA en temps réel. Keys4Sea s’est associée à Safran pour proposer aux armées une bonne illustration de « HI-LOW MIX » (high Tech low cost).
Les tests réalisés ont permis d’évaluer les capacités des drones à détecter, classer et maitriser des menaces dans des scénarios réalistes. À ce titre, les bâtiments et les équipages de la Marine ont constitué un appui précieux pour réaliser les essais d’interception et d’évitement d’obstacles mobiles.
« Les conditions météorologiques peu favorables ont mis à rude épreuve tant les drones évalués que les équipes de DGA-TN et de la Marine nationale qui assuraient la sécurité du plan d’eau », souligne Jean-François Thomas, manager d’accélération de l’innovation au sein de l’AID et responsable de la mission DANAE. Une expérimentation qui s'est déroulée dans un état d’esprit constructif et d’entraide entre l’ensemble des partenaires, et ce malgré l'enjeu final élevé, ajoute l’expert en charge du projet.
Les résultats obtenus par les différentes équipes permettront de sélectionner les trois drones les plus prometteurs, qui feront l’objet d’un développement approfondi lors de la phase 2. À terme, le système DANAE devrait renforcer les capacités de la Marine nationale face aux nouvelles menaces, tout en contribuant à l’autonomie stratégique de la France dans le domaine des drones de surface autonomes.
D'ici fin 2027, une phase de développement des prototypes sera engagée pour transformer les drones présentant le plus grand potentiel afin de répondre au besoin opérationnel initial. Une phase d'essais en mer, plus longue que celle menée en janvier 2026, est également prévue, comme l'indique Jean-François Thomas.
Cette initiative, portée par l’Agence de l’innovation de défense, s’inscrit dans une démarche d’innovation et de souveraineté technologique, essentielle pour garantir la sécurité des forces armées et des infrastructures civiles dans un contexte géopolitique incertain.
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