Ukraine : les ministres de la défense du groupe E5 réaffirment leur soutien
Dans un contexte de conflit persistant en Ukraine, les ministres de la Défense de la France, de l'Allemagne, de l'Italie, de la Pologne et du Royaume-Uni (groupe E5) se sont rencontrés à Paris le mercredi 12 mars. Leur réunion visait à consolider leur soutien à l'Ukraine et à examiner les projets européens en matière de défense.
Dans la continuité des réunions précédentes de Berlin et en Pologne, les ministres ont réaffirmé leur détermination à renforcer le soutien à l’Ukraine. Ils ont notamment salué les avancées diplomatiques récentes entre les États-Unis et l’Ukraine, en particulier les discussions du 11 mars à Djeddah portant sur un cessez-le-feu temporaire de 30 jours.
« La balle est maintenant dans le camp de la Russie. La première des garanties pour l'Ukraine, c'est l'armée ukrainienne elle-même, ses capacités, son armement, son équipement, sa formation, son format », a souligné Sébastien Lecornu, le ministre des Armées françaises. Avant de préciser : « nos CEMA ont commencé à élaborer des hypothèses pour un temps court ou moyen, afin de réfléchir à une architecture de sécurité pour consacrer une paix et un cessez-le-feu durable », faisant référence à la réunion, le 11 mars, des chefs d’état-major de l’Union européenne et de l’Otan avec le président de la République, Emmanuel Macron.
Le Groupe E5 a convenu de plusieurs mesures pour renforcer l’appui militaire et industriel à l’Ukraine, incluant la modernisation des forces armées ukrainiennes, l’accélération des projets de coopération en matière de défense et la coordination avec l’Otan et l’UE. À ce titre, John Healey, secrétaire d'État à la Défense britannique a affirmé : « Nous devons assumer notre responsabilité et intensifier nos efforts pour soutenir l’Ukraine. Notre sécurité est partagée et notre force repose sur cet engagement indéfectible les uns envers les autres ».
Une défense européenne plus autonome et efficace
Au-delà du soutien à l’Ukraine, les discussions ont mis en avant la nécessité de renforcer les capacités de défense européennes, en complément du rôle de l’Otan. Les ministres ont insisté sur l’importance d’une coopération industrielle renforcée, notamment par la simplification des procédures d’acquisition et le développement d’initiatives communes.
Boris Pistorius, le ministre de la Défense allemand a indiqué : « L’Europe doit prendre en main sa propre sécurité. Je suis convaincu que si nous privilégions la sécurité collective à nos intérêts personnels, nous sortirons unis et renforcés de cette crise ». Il a également évoqué la nécessité de réformer les processus d'acquisition militaire pour améliorer l'efficacité et l'interopérabilité des forces armées européennes. Il a ainsi expliqué « qu’il y a beaucoup de marges de manœuvre à trouver pour l'acquisition, pour acheter plus de matériel, nous voulons déréglementer ».
Une déclaration qui rejoint celle de Guido Crosetto, ministre de la Défense italien : « Nous nous sommes cachés sous le parapluie américain, profitant du fait que quelqu’un d’autre nous défendait. Nous avons compris qu’il est prioritaire pour la sécurité de nos citoyens et de nos démocraties que l’Europe démontre une capacité de défense autonome ».
Dans cette optique, les ministres se sont engagés à porter des initiatives concrètes au sommet de l’Otan prévu en juin 2025 à La Haye, ainsi qu’à la réunion des ministres de la Défense de l’Otan qui le précèdera.
Un appel à l’unité et à la responsabilité
Les ministres ont insisté sur l’importance d’une mobilisation collective pour faire face aux défis sécuritaires actuels. En renforçant les capacités industrielles et en augmentant les dépenses de défense, l’Europe pourra mieux répondre aux menaces émergentes et garantir la stabilité à long terme. « Nous appelons de nos vœux que l’industrie de défense ne soit plus traitée comme une industrie comme les autres », a ainsi déclaré Sébastien Lecornu.
« Le géant européen vient de se réveiller, nous sommes dans un moment historique », a conclu Władysław Marcin Kosiniak-Kamysz, vice-président du Conseil des ministres et ministre de la Défense polonais.
Par cette déclaration commune, le Groupe E5 envoie un message clair : l’Europe est prête à assumer ses responsabilités en matière de défense. Les ministres appellent les autres nations européennes à les rejoindre dans cet effort, convaincus que seule une réponse coordonnée et ambitieuse permettra de garantir un avenir stable et sécurisé pour tous.
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