Ukraine : la France poursuit son soutien

Direction : Ministère des Armées / Publié le : 26 février 2026

Quatre ans après l’invasion russe, la guerre en Ukraine demeure un enjeu central pour la sécurité du continent européen. Lors du point presse du jeudi 26 février, le général de brigade Armel Dirou, chef de la « task force Ukraine », est revenu sur la portée stratégique du conflit et sur la continuité du soutien français. Un engagement inscrit à la fois dans l’urgence et dans le temps long.

Général de brigade Armel Dirou, chef de la « task force Ukraine », le 26 février - © MDL Victor FRANCOIS / DICoD/ Défense

« Voilà maintenant quatre ans que la Fédération de Russie a lancé son invasion contre l’Ukraine », a rappelé le général Dirou. Quatre années marquées par une guerre d’attrition, des évolutions géopolitiques majeures et un affrontement qui dépasse le seul cadre ukrainien. « La stabilité du continent se joue aujourd’hui en Ukraine et dans la capacité de l’Europe à rebâtir une architecture de sécurité. » Pour Paris, l’Ukraine constitue un pivot majeur de la sécurité européenne à venir.

Un engagement diplomatique structuré

Sur le plan politique et diplomatique, la France agit au sein de l’Union européenne et de l’OTAN. Elle a soutenu les paquets de sanctions et contribue activement à la Facilité européenne pour la paix. Paris est également engagée dans l’Ukraine Defense Contact Group, plus connu sous le nom de format de Rammstein. Créé en 2022 à l’initiative des États-Unis, ce groupe rassemble une cinquantaine de pays partenaires afin de coordonner l’aide militaire apportée à Kiev. Un principe guide cette action : « on ne peut construire le futur de l’Ukraine sans eux », soulignant la nécessité d’associer les Ukrainiens et les Européens à toute négociation. La France travaille par ailleurs à la mise en place de « garanties de sécurité robustes », notamment par la planification d’un éventuel état-major multinational.

Un soutien militaire ciblé

Sur le plan capacitaire, l’appui français combine cessions d’équipements, acquisitions et formations.

Dans le domaine aérien, les Mirage 2000-5 cédés à l’Ukraine s’accompagnent de la formation des pilotes et des mécaniciens. Des systèmes sol-air SAMP/T, des missiles Aster 30, SCALP, MICA ou encore des bombes A2SM Hammer ont également été livrés. Dans le domaine terrestre, la France a fourni des canons Caesar, des AMX-10 RC, des VAB et des missiles antichars Milan. « Nous continuons à soutenir l’Ukraine matériellement […] soit par le biais de cessions, soit par le biais d’acquisitions », a précisé le général Dirou, sans entrer dans le détail des volumes pour des raisons de sécurité.             

Former pour durer

Depuis 2022, plus de 20 000 militaires ukrainiens ont été formés en France ou en Pologne, dans un cadre bilatéral ou via les missions européennes. Parmi eux figure la brigade dite « Anne de Kiev », unité ukrainienne formée en France, symbole de la montée en compétence progressive des forces ukrainiennes. « Nous travaillons à la fois dans le court terme et dans la préparation de l’avenir », a souligné le chef de la task force.

Penser l’Ukraine à dix ans

Au-delà de l’urgence, la France inscrit son action dans une perspective stratégique. L’accord de coopération de sécurité signé le 17 février 2024 prévoit un soutien au développement capacitaire ukrainien sur dix ans. L’objectif est clair : permettre à l’Ukraine de disposer de sa propre capacité à s’opposer à toute nouvelle agression. « La stabilité du continent européen passe aujourd’hui et pour les années à venir par l’Ukraine », a conclu le général Dirou.

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