Sécurisation du ciel lors du G7 : l’armée de l’Air et de l’Espace mobilisée
Du 15 au 17 juin, la ville d'Évian-les-Bains accueillera le G7. Dans le contexte actuel marqué par la multiplication des crises et des menaces hybrides, la sécurité de cet événement constitue un enjeu majeur. Le général Olivier Poncet, chef d'état-major du commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes, dévoile les coulisses de la sécurisation du ciel lors de cet événement.
Les chefs d'État et de gouvernement des sept pays parmi les plus industrialisés au monde1 vont se retrouver à Évian, en France, en format G7, du 15 au 17 juin prochains. Crise au Moyen-Orient, préoccupations liées à la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, situation au Liban et poursuite de la guerre en Ukraine... Tant d’éléments qui illustrent un contexte sécuritaire tendu. En tant que pays hôte du sommet, la France doit assurer la protection des hautes autorités, des populations et du maintien des activités locales.
Responsable du volet aérien de la sécurisation de ce sommet, l’armée de l'Air et de l'Espace (AAE) renforce le dispositif de sécurité déjà en place, la posture permanente de sureté aérienne2. Avec l'appui des forces de sécurité intérieure, l’AAE apporte ses capacités et son expertise afin de prévenir, détecter et faire face à toute menace en permanence et de manière proportionnée.
Une bulle de protection aérienne renforcée
Pour relever ce défi, le commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA) va déployer une bulle de protection aérienne renforcée de 50 km autour de la ville d'Évian. Cette bulle, ou dispositif particulier de sureté aérienne (DPSA), garantit la surveillance permanente de l'espace aérien, la détection rapide de toute intrusion et une réaction adaptée à toute menace. « C’est un dispositif qui va nous permettre de nous concentrer sur un événement ou une zone géographique précise », explique le général Olivier Poncet, chef d'état-major du CDAOA, lors du point presse du ministère des Armées et des Anciens combattants du 11 juin.
Ce n’est pas la première fois que l’armée de l’Air et de l’Espace met en œuvre ce genre de dispositif, déjà déployé lors des Jeux olympiques et paralympiques de Paris. Pourtant, ces DPSA concentre certaines particularités. La première, il va durer trois jours, sans discontinuer. La seconde : la topographie de la zone. « Il y a tantôt des zones lacustres, de la plaine, des zones montagneuses. Cela a des implications, en termes tactiques, pour la détection », affirme le général. Enfin, le périmètre est à cheval entre deux pays, la Suisse et la France, ce qui a nécessité beaucoup de préparation.
L'armée de l'Air et de l'Espace assure le rôle de chef d'orchestre du continuum complet : détection, identification, classification, intervention, nécessitant une coordination étroite à la fois avec les autorités civiles, les forces de sécurité intérieure et nos partenaires, en particulier la Suisse. « Une partie de nos missions est dédiée à la coordination avec l’aviation civile, car à proximité de la zone se trouve l’aéroport de Genève, ajoute le général. Il ne s’agit pas d’interdire tous les trafics mais d’être informé et décisionnaire sur les accréditations des vols dans la zone. » La coopération s’avère également essentielle entre les ministères, mais aussi avec les autorités préfectorales au contact de l’événement sur le terrain et avec les plus hautes autorités de la Nation « responsables de la sécurisation globale », précise le général Poncet.
Les moyens déployés : drones, radars, avions chasseurs et hélicoptères
Dans ce système multicouche, la première couche passe par l’anticipation. La seconde consiste à la détection. « Des radars seront déployés en complément pour permettre une meilleure couverture, complétés par la notion de permanence avec des drones, explique le chef d’état-major du CDAOA. Des drones Reaper permettront d’avoir des acquisitions visuelles très fines. »
La dernière couche concerne l’interception. « Des chasseurs français et suisses et des hélicoptères seront en alerte, en vol. Ces derniers seront majoritairement des hélicoptères Fennec, avec à leur bord des tireurs d’élite pour des missions classiques de sureté aérienne, mais disposant aussi de capacités de brouillage embarqué pour lutter contre les drones », souligne le général Poncet.
L’armée de l’Air et de l’Espace est donc déjà en place et se tient prête à faire face à toutes les menaces lors de ce sommet de haut niveau.
1 France, États-Unis, Canada, Japon, Royaume-Uni, Italie et Allemagne
2 24 heures sur 24, l’armée de l’Air et de l’Espace veille l’espace aérien français, détecte et identifie chaque appareil qui s’y introduit et, si besoin, intercepte les menaces.
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