Sébastien Lecornu annonce une commande de 2 000 drones kamikazes
En visite jeudi au sein de l’entreprise Delair à Labège, à côté de Toulouse, le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, a salué le passage de l’entreprise à l’économie de guerre. Il a également annoncé la commande de 2 000 munitions téléopérées à plusieurs industriels à destination des armées françaises et de l’Ukraine.
Dans le grand atelier de l’entreprise Delair, autour des étagères métalliques où sont classées par taille des ailes de drones, le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, a annoncé une commande de la Direction générale de l’armement (DGA) de 2 000 munitions téléopérées auprès de plusieurs industriels. Aussi appelés drones kamikazes, ces appareils sont à destination des armées françaises, mais aussi des forces ukrainiennes. Ils constituent un véritable « game changer pour l'armée ukrainienne », a affirmé le ministre, essentiels dans les conduites des opérations ukrainiennes.
Sur ces 2 000 drones, les 100 premiers ont été commandés à l’entreprise Delair et ils seront livrés en urgence à l’Ukraine d’ici à cet été. Il faut dire que l’industriel connaît bien les besoins des forces ukrainiennes : ces dernières avaient repéré en juin 2023 ses drones de renseignement pour leurs capacités de brouillage. Un contrat de 150 appareils financés par la France avait été signé le mois suivant, pour des livraisons commencées dès septembre 2023. L’entreprise a annoncé un nouveau contrat pour en livrer 150 supplémentaires à l’Ukraine prochainement.
Renforcer la filière drone
Face à l’utilisation massive des drones en Ukraine, la DGA et l’Agence de l’innovation de défense ont lancé en mars 2022 deux appels d’offres sur des projets de munitions téléopérées.
Le premier projet, Colibri, a pour cahier des charges la neutralisation de cibles non blindées au-delà de 5 km, avec des coûts limités. Le second, Larinae, devra opérer à plus de 50 km du point de mise en œuvre. Deux consortiums ont été retenus pour réaliser les premiers prototypes : Delair et Nexter d’un côté, et Novadem et MBDA de l’autre.
Une entreprise en économie de guerre
Passée de start-up à PME en 13 ans, l’entreprise Delair continue de se développer. La cadence de production s’accélère pour répondre à la demande toujours plus importante. « Nous produisons environ 50 drones de différentes tailles par mois. Sur les plus gros, nous sommes passés de 4 à 12 par mois. », indique le PDG de l’entreprise, Bastien Mancini. Résultats : « Plus d’embauches et une augmentation de l’activité pour toute la chaîne de sous-traitance. »
Cet accroissement de l’activité permet aussi le développement de nouvelles technologies. Dans un open space d’une quinzaine de bureaux jonchés de maquettes, Thomas, le directeur technique, explique la volonté de développer l’intelligence artificielle (IA) embarquée. « L’analyse de la vision par l’IA sur le terrain est déjà la norme en Ukraine », relève-t-il. L’expérience des drones Delair sur le terrain ukrainien prend ainsi toute son importance : elle permet d’avoir un retour technique sur le matériel pour procéder à des améliorations. « Quinze évolutions ont ainsi été réalisées sur les modèles de drones livrés à l’Ukraine entre septembre et novembre », affirme Bastien Mancini.
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