Rencontre avec les acteurs du film La Bataille de Gaulle
En salle depuis le 3 juin, La Bataille de Gaulle, le premier volet du biopic1 consacré au général de Gaulle, en a fait frissonner plus d’un. Avec ce film, un épisode de l’Histoire de France est retranscrit sur grand écran. La Mission cinéma et industries créatives2 a accompagné la production tout au long du tournage. Rencontre avec les deux acteurs, qui incarnent respectivement le général de Gaulle et un jeune résistant.
Quelle a été votre réaction lorsque l’on vous a proposé le rôle de Charles de Gaulle ?
Simon Abkarian : J’étais surpris. Surpris qu’on veuille réaliser un film sur ce sujet, avec ce personnage, et qu’on me le propose. Je l’ai accepté, car j’aime les défis. C’est mon métier d’accepter ce qui me fait peur, ce qui me fait trembler. Ce rôle a remis en question tout mon travail d’acteur, car c’est déstabilisant de jouer un personnage tel que le général de Gaulle.
Et vous, Florian Lesieur, pour le rôle de Fernand Bonnier de la Chapelle ?
Florian Lesieur : J’ai passé trois castings pour avoir le rôle du jeune résistant. J’étais en joie lorsque j’ai appris la nouvelle, puis j’ai lu le scénario. J’ai alors vu l’envergure de mon personnage. J’ai ressenti une fierté immense.
Pour vous aider à interpréter le personnage de Charles de Gaulle, le colonel Yann3 vous a donné plusieurs conseils. Quels étaient-ils ?
Simon Abkarian : Nous avons discuté à plusieurs reprises. Quand vous parlez à un militaire, il n’y a pas de fioriture. C’est carré, ferme et plein d’humour aussi. Les officiers ont la même manière de dire les choses. Une voix empreinte de fermeté, avec un côté un peu grivois, mais toujours dans la retenue. C’est comme cela que j’imaginais le général de Gaulle, rien qu’avec sa voix.
J’ai également appris les rudiments de la tenue militaire, le port du képi, la position des mains pour le salut. D’ailleurs, de Gaulle saluait un peu mollement pour l’époque ; aujourd’hui, les mains sont beaucoup plus rigides.
Nous avons eu des retours expliquant que les acteurs sur le tournage avaient tendance à enfoncer le képi sur leur tête, ce qui n’est pas l’usage…
Simon Abkarian : Le colonel Yann m’a guidé sur la pratique mais, parfois, Antonin Baudry, le réalisateur, réajustait le mien. C’est très graphique, un képi ; il y avait donc un équilibre à trouver entre le « règlement » de l’uniforme et le côté artistique.
Avec vos personnages respectifs, vous incarnez deux versions parallèles de la Résistance. Comment avez-vous ressenti cela en jouant ?
Florian Lesieur : Il y a, d’un côté, le militaire et stratège incarné par de Gaulle et, de l’autre, Fernand, le représentant de toute une génération qui – au moment du 17 juin 1940 et de cette annonce de Pétain – refuse la capitulation en même temps que le général… comme une réaction épidermique. C’était intéressant de voir ces deux destins parallèles, qui ne se croisent jamais, et pourtant s’influencent : Fernand est constamment guidé par la voix du général de Gaulle à la radio. Ses actes de résistance ont d’ailleurs influencé le destin du Général.
Je m’attendais à avoir des frissons en voyant ce film, et pourtant, j’ai aussi ri…
Simon Abkarian : Le rire est un espace humain qu’il faut garder ouvert. La joie, le rire, l’humour, l’esprit. Ces répliques viennent de la remarquable érudition du général de Gaulle : un grand intellectuel qui arrive à s’extraire de son tragique car, sinon, ce serait irrespirable.
Simon Abkarian, comment avez-vous puisé dans votre propre histoire pour incarner de Gaulle ?
Simon Abkarian : Je suis acteur depuis 42 ans, et ça fait 42 ans que l’humain que j’essaye d’être nourrit mon art : celui de jouer. Tout ce que j’ai en moi a convergé vers ce projet, vers ce récit-là. Mon travail consiste à offrir au personnage tout ce que j’ai de noble et d’humain, pour pouvoir être à la hauteur du défi.
1 Film biographique.
2 Mission cinéma et industries créatives du ministère des Armées et des Anciens combattants.
3 Conseiller technique militaire qui a accompagné la production : formation militaire, encadrement des figurants et des acteurs principaux.
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