Quelle préparation opérationnelle pour l’aviation de chasse ?
Le général de brigade aérienne Pierre Gaudillière, commandant de la brigade aérienne de l’aviation de chasse, a présenté les enjeux de la préparation opérationnelle de l’aviation de combat à la haute intensité lors du point presse du ministère le 12 février.
« La ligne est claire : il faut se préparer à un engagement majeur dans les deux ans à venir. » Par ces mots, le général de brigade aérienne Pierre Gaudillière, commandant de la brigade aérienne de l’aviation de chasse, a expliqué le redimensionnement des armées, pour faire face à la problématique de la haute intensité. Celui-ci implique ainsi d’« augmenter la dureté, le rythme et la complexité » de la préparation opérationnelle. Car cette dernière constitue « la responsabilité première d’un commandement organique », ajoute-t-il.
Vols et tirs réels, indispensables pour une montée en puissance
Connectée entre les bases aériennes, massive et démultiplicatrice de force, la simulation est devenue un outil majeur. Elle a néanmoins ses limites. « Est-ce que vous accepteriez de vous faire opérer par un chirurgien formé uniquement sur simulateur ? », interroge le général. Le message est clair : dans un métier où l’erreur ne pardonne pas, rien ne remplace l’expérience du vol et du tir réels.
L’objectif des 180 heures de vol annuelles est tout sauf symbolique. Il garantit l’aisance et la maîtrise nécessaires pour voler de nuit, en très haute ou en très basse altitude, sous brouillage... Le général insiste : « Le but n’est pas le vol pour le vol. » Chaque décollage est pensé pour conduire des missions de guerre : destruction d’objectifs aériens ou au sol, appui de troupes imbriquées, frappes de précision en environnement contesté. Il faut effectuer des tirs réels pour faire mouche en opération.
Du MCO de contrat au MCO de combat
La haute intensité ne concerne pas uniquement le pilote, elle mobilise l’ensemble du système et impose une transformation profonde du maintien en condition opérationnelle. Traditionnellement structuré autour d’un « MCO de contrat », optimisé pour la performance en temps de paix, le modèle évolue vers un « MCO de combat », explique le général. Il s’agit notamment « d’accélérer la décision, de moderniser les outils, de fédérer et d’orienter les acteurs et les actions dans un contexte sous pression d'un conflit de haute intensité ».
Des exercices pour s’entraîner à gagner la guerre des airs
Début 2026, l’exercice Topaze a illustré cette bascule : dispersion en urgence de 20 avions, génération rapide de raids, coopération étroite avec l’industriel pour exploiter la donnée technique en temps réel. L’enjeu n’est plus seulement d’avoir des avions disponibles, mais de décider plus vite que l’adversaire. L’exercice Orion 26 (actuellement en cours) exploite également la disponibilité et l’excellence acquises lors de Topaze. Sa première phase consiste en l’acquisition de la supériorité aérienne, un préalable indispensable aux manœuvres interarmées suivantes. La leçon est limpide confirme le général : « Lorsqu’on perd la guerre dans les airs, on la perd tout court et on la perd vite. »
Chaque scénario vise donc des objectifs précis, réinjectés d’un exercice à l’autre pour approfondir l’ensemble. « Durcir, innover, connecter et durer », telle est la feuille de route d’une brigade comme celle de l’aviation de chasse, conçue pour faire face à l’engagement majeur.
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