Quand les futurs commissaires des armées se préparent au soutien en opex

Direction : Ministère des Armées / Publié le : 15 novembre 2023

Au début de leur seconde année de formation, les élèves de la 10e promotion de l’École des commissaires des armées ont mis en pratique leur apprentissage théorique lors de l’exercice Otter. L’objectif : se préparer à une projection en opération extérieure. Esprit défense n° 9 les a suivis pendant deux jours au cœur de la garrigue nîmoise. Immersion.

Tentative d’intrusion nocturne dans le cadre de l’exercice Otter. - © Antoine Delaunay/Dicod/Défense

Achats, finances, soutien de l’homme, logistique… Bien qu’occupant des fonctions essentiellement administratives, les commissaires des armées sont avant tout des militaires. Ils sont donc amenés à être projetés en opération extérieure (opex) dès leur premier poste. Pour s’y préparer, leur formation de deux ans à l’École des commissaires des armées (ECA) leur offre une mise en situation dans un contexte opérationnel : l’exercice Otter1.

Fin septembre, les 42 élèves de la 10e promotion ont ainsi participé, au camp des Garrigues dans le Gard, à une dizaine d’ateliers thématiques couvrant le large spectre du métier de commissaire en opex. Pendant plusieurs jours, ils ont été confrontés aux problématiques de budget, de contentieux, de contractualisation mais également aux procédures relatives au traitement des affaires.

1 Loutre, en français (référence à la couleur brune emblématique des parements des galons des commissaires des armées).

Jour 1

Contrôle de la comptabilité d’un foyer militaire. © Antoine Delaunay/Dicod/Défense

Contrôle de la comptabilité d’un foyer militaire.

9 h 10

Le groupe du commissaire élève Antoine (à droite) dispose de 90 minutes pour contrôler la régularité de la comptabilité d’un foyer militaire. L’instructeur (à gauche) incarne le gérant soupçonné de tenir une caisse noire.

Gestion d’un contentieux sous la pression et l’émotion de la victime. © Antoine Delaunay/Dicod/Défense

Gestion d’un contentieux sous la pression et l’émotion de la victime.

10 h 40

L’aumônier Benjamin (à gauche) se glisse dans la peau d’un berger dont les bêtes sont mortes lors du passage d’un convoi. Objectif pour les élèves : gérer le contentieux sous la pression et l’émotion de la victime.

Partage d’un moment de convivialité autour des rations de combat. © Antoine Delaunay/Dicod/Défense

Partage d’un moment de convivialité autour des rations de combat.

12 h 15

Les élèves partagent un moment de convivialité autour d’un repas. Les rations de combat sont de rigueur pour immerger les futurs commissaires dans la réalité du terrain.

Prise en charge d’un camarade blessé à la jambe, pour le mettre à l’abri, au moment du combat. © Antoine Delaunay/Dicod/Défense

Prise en charge d’un camarade blessé à la jambe, pour le mettre à l’abri, au moment du combat.

13 h 45

« Contact à gauche ! » Les élèves sont pris à partie par l’ennemi. L’un d’eux, blessé à la jambe, s’effondre. Le commissaire élève Antoine (à gauche, de dos) le prend rapidement en charge avec une camarade pour le mettre à l’abri. Cette technique de sauvetage au combat s’appelle le « pick and run ».

Gestion des tâches administratives lors d’un décès survenu en opération. © Antoine Delaunay/Dicod/Défense

Gestion des tâches administratives lors d’un décès survenu en opération.

15 h 32

En leur qualité d’officiers d’état civil, les commissaires ont la lourde charge de régler des démarches administratives lors d’un décès survenu en opération. Ici, les élèves se familiarisent avec un conteneur de transport post mortem (à gauche) où est disposé un sac mortuaire. Ils apprennent aussi les procédures relatives au rapatriement, aux formalités médico-administratives ou encore à la gestion des effets personnels d’un défunt.

Etablissement d’un périmètre de sécurité, un engin explosif étant dissimulé dans la végétation. © Antoine Delaunay/Dicod/Défense

Etablissement d’un périmètre de sécurité, un engin explosif étant dissimulé dans la végétation.

18 h 20

Les engins explosifs improvisés sont l’une des principales armes des groupes terroristes. À ce titre, les commissaires doivent y être préparés. Ici, l’instructeur en a dissimulé un dans la végétation au bord de la route (en bas à gauche). Les élèves doivent rapidement évaluer la situation et établir un périmètre de sécurité.

Prise de consignes avant le début de la garde de nuit. © Antoine Delaunay/Dicod/Défense

Prise de consignes avant le début de la garde de nuit.

21 h 10

« Notre mission ? Protéger. » Le chef de groupe donne ses ordres avant le début de la garde de nuit. Les élèves sont répartis en plusieurs groupes et doivent empêcher toute intrusion ennemie dans le camp.

Prise en charge d’une blessure d’un insurgé. © Antoine Delaunay/Dicod/Défense

Prise en charge d’une blessure d’un insurgé.

22 h 35

Les commissaires élèves de garde sont attaqués. Dans la fusillade, ils sont amenés à gérer la blessure d’un insurgé, incarné par l’un des encadrants (au sol sur la photo). Chaque prise de décision est évaluée par les instructeurs, installés de part et d’autre du camp.

Jour 2

Levée des couleurs, organisée chaque matin. © Antoine Delaunay/Dicod/Défense

Levée des couleurs, organisée chaque matin.

07 h 20

Organisée chaque matin, la levée des couleurs rassemble l’ensemble des militaires. Au premier plan, deux élèves s’apprêtent à hisser le drapeau tricolore. Le reste de la promotion, au garde à vous, entonne La Marseillaise.

Recrutement de personnel durant une opex. © Antoine Delaunay/Dicod/Défense

Recrutement de personnel durant une opex.

09 h 30

Reprise des ateliers. Au menu : l’embauche de personnel durant une opex. Au-delà de l’apprentissage théorique, l’encadrante présente des cas concrets rencontrés sur le terrain. « Ces retours d’expérience nous sont très bénéfiques pour appréhender au mieux notre futur métier », estime la commissaire élève Ilhem (au centre).

Mise en application d’une tactique de riposte face au feu ennemi. © Antoine Delaunay/Dicod/Défense

Mise en application d’une tactique de riposte face au feu ennemi.

11 h 05

« Appuie-nous ! » Le chef de groupe (à l’arrière-plan) donne ses ordres alors que son unité est prise à partie. Le but : appliquer une tactique de riposte face au feu ennemi. L’atelier est aussi l’occasion d’apprendre certaines techniques de combat rapproché et de s’exercer à blanc pour davantage de réalisme.

Par Kévin Savornin.

L’ECA : une formation académique exigeante

Depuis sa création en 2013, l’École des commissaires des armées est installée sur la base aérienne 701 de Salon-de-Provence. Ses élèves y multiplient les cours théoriques lors de la première année. La formation de spécialisation (armée de Terre, Marine nationale, armée de l’Air et de l’Espace, Service de santé des armées ou Direction générale de l’armement) a lieu en seconde année.

L’École des commissaires des armées de Salon-de-Provence © Antoine Delaunay/Dicod/Défense

L’École des commissaires des armées de Salon-de-Provence

Article tiré de la revue du ministère des Armées Esprit défense n°9

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