Proche-Orient : comment les armées françaises œuvrent à la désescalade

Direction : Ministère des Armées / Publié le : 21 janvier 2024

Sébastien Lecornu, ministre des Armées, est en déplacement en Israël dimanche et lundi. Objectif : apaiser les tensions au Proche-Orient. Les armées françaises œuvrent à la désescalade autour des trois fronts de la région – bande de Gaza, Liban et mer Rouge.

Le PHA Dixmude prend en charge des personnes blessés à Gaza - © EMA com

En visite en Israël, Sébastien Lecornu va rencontrer les autorités du pays pour évoquer les montées de tension dans la région. Lors de ses vœux aux armées le 19 janvier, le président de la République a rappelé la position de la France : « Elle porte une initiative de paix et de sécurité pour tous en trois piliers : sécuritaire, humanitaire et politique. »

Depuis l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre et la riposte de l’État hébreu dans la bande de Gaza, la France tente d’éviter l’embrasement du conflit. Des affrontements ont notamment opposé le Hezbollah et l’armée israélienne de part et d’autre de la frontière sud du Liban ; tandis que les rebelles Houthis, qui contrôlent une partie du Yémen, ont lancé des attaques contre des navires civils et militaires traversant la mer Rouge. Les armées françaises interviennent ainsi sur les trois fronts pour œuvrer à la désescalade.

La bande de Gaza

Afin de soutenir les hôpitaux de Gaza, la Marine nationale est mobilisée et apporte une aide médicale aux populations blessées dans le conflit. Dès le 29 octobre, le porte-hélicoptères amphibie (PHA) Tonnerre a été déployé au large de l’Égypte. Il a été relevé le 27 novembre par le PHA Dixmude, dont la structure médicale est comparable à celles des services hospitaliers français, à la fois en chirurgie traumatique, médecine d’urgence, anesthésie, réanimation ou radiologie. Le bâtiment est positionné dans le port d’Al-Arish, à une cinquantaine de kilomètres au sud de la frontière entre l’Égypte et la bande de Gaza. « Nous sommes le premier pays européen à être intervenu directement en soutien aux blessés du conflit, notamment des enfants », s’est félicité Emmanuel Macron lors de ses vœux.

À cette aide sanitaire s’ajoute une aide humanitaire. Le Dixmude a transporté 19 palettes d’aide qui s’ajoutent aux plus de 100 tonnes de fret acheminées par l’armée de l’Air et de l’Espace (AAE). Ce fret a été délivré lors de dix rotations d’avions de transport A400M et a transité par l’aéroport d’Al-Arish. Ce dernier sert de hub logistique avant d’entrer dans l’enclave palestinienne par le poste frontière de Rafah.

En parallèle, le 5 janvier, l’AAE a mené avec les Jordaniens une opération de largage de sept tonnes de matériel médical en faveur d’un hôpital situé au sud de l’enclave gazaouie. « C’est la première fois qu’il y a du fret sanitaire largué en ciblage sur Gaza. Plus on est au près des populations blessées, plus l’aide médicale est efficace », s’était félicité Sébastien Lecornu, ministre des Armées.

La mer Rouge

Face aux attaques des rebelles Houthis contre les navires commerciaux et militaires en mer Rouge, la France se positionne comme puissance d’équilibre. Elle a ainsi déployé le 8 décembre dernier la frégate multi-missions Languedoc pour garantir la sûreté maritime dans le sud de la mer Rouge, dans le golfe d’Aden et le détroit de Bab-el-Mandeb. « La France défend par des actes la liberté de navigation dans une zone où les enjeux stratégiques sont majeurs. La frégate Languedoc a ouvert le feu contre les missiles et drones Houthis, signe d'une détermination sans faille », a rappelé le président de la République ce vendredi, en référence aux actions menées par la Languedoc.

De leur côté, les États-Unis en réponse à ces attaques, patrouillent également dans la zone et ont aussi mené des frappes sur des sites Houthis au Yémen en collaboration avec les Britanniques. « La France a décidé de ne pas se joindre à [cette] coalition. Pourquoi ? Précisément parce que nous avons une posture qui cherche à éviter toute escalade », a déclaré Emmanuel Macron lors de sa conférence de presse du 16 janvier.

Le Liban

La frontière sud du Liban avec Israël constitue le troisième front où la France « agit pour éviter que le feu ne se propage dans ce pays ami », a affirmé le chef de l’Etat ce vendredi. Un complément par rapport à ce qu’il avait indiqué mardi dernier : « Nous avons une très grande vigilance depuis le début pour éviter que l'embrasement ne soit régional, que le Hezbollah ne se joigne au conflit et ne menace la sécurité d'Israël et, surtout, que le conflit ne s'étende au Liban. »

La France participe à hauteur de 700 soldats à la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul). Créée en 1978 à la suite de l’invasion du Liban par Israël, la Finul a toujours eu pour but de restaurer la paix et la sécurité dans le sud du pays. Ses missions ont évolué, passant de la confirmation du retrait des troupes israéliennes au contrôle de la cessation des hostilités et l’appui au déploiement des Forces armées libanaises. « Ce n’est pas une mission d’interposition. C’est une mission d’observation et de déconfliction. Chaque jour nos soldats constatent un seuil de violence qui s’élève petit à petit entre le Liban, les tirs du Hezbollah et Israël », rappelle Sébastien Lecornu.


A la une