[Podcast] 75 ans de l’Otan : la relation transatlantique à l’épreuve de l’histoire [1/2]
Le 4 avril dernier, l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (Otan) a fêté ses 75 ans. Cet anniversaire intervient alors qu’elle fait face à une situation exceptionnelle : l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Retour, à travers ce numéro de Pensez stratégique, sur l’histoire et les actualités de cette Alliance, qui a su s’adapter au gré des bouleversements géopolitiques.
Pourquoi l’Otan a-t-elle été créée au sortir de la Seconde Guerre mondiale ? Comment s’est-elle réinventée après l’implosion de l’Union Soviétique ? Que change la guerre en Ukraine ? Pour répondre à ces questions, le présentateur Daniel Desesquelle reçoit :
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Muriel Domenach, ambassadrice de la France au Conseil de l’Atlantique Nord
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Amiral Henri Schricke, représentant militaire et de la défense auprès de l'Otan et de l'UE de 2020 à 2022
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Camille Grand, ancien secrétaire général adjoint de l’Alliance atlantique de 2016 à 2022
A écouter sur Podcastics.
Ecoutez le podcastAux origines de l’Otan
Pour Muriel Domenach, « le Débarquement [du 6 juin 1944] dont on vient de commémorer le 80ᵉ anniversaire est d'une certaine manière à l'origine de la constitution de la famille atlantique. (…) Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, les alliés américains, britanniques, français et canadiens souhaitent nouer une alliance durable pour éviter de nouvelles guerres en Europe ». Après plusieurs signatures de traités d’assistance mutuelle (traité de Dunkerque en 1947 et traité de Bruxelles en 1948), l’Otan voit le jour en 1949. « Il acte la présence américaine en Europe et la garantie de sécurité américaine. (…) L’organisation a pour clé de voute son article 5. C'est ce qu'on appelle la clause des Mousquetaires. Il prévoit qu'en cas d'attaques armées depuis l'extérieur, les membres se prêtent assistance, y compris par la force armée », ajoute Muriel Domenach.
1991, l’Otan se réinvente
En 1991, l’URSS disparait au profit de la fédération de la Russie. Pour l’Otan, la période qui suit est celle des « dividendes de la paix ». Elle voit les relations s’apaiser entre les blocs occidentaux et russes. Muriel Domenach se rappelle des années 1990 et 2000 qui ont vu « la création d’un conseil Otan-Russie avec toute une série de groupe de travail, de coopération et de dialogue. (…) Il y avait ce double mouvement, à la fois d'attirance des pays d'Europe centrale et orientale pour l'OTAN et d'un cadre de dialogue et de coopération avec la Russie ». De son côté, Camille Grand explique que « l’après-guerre froide est aussi une période d’interventions extérieures où l’Otan est allée hors zone, c’est-à-dire qu’elle est sortie de sa fonction de défense du continent européen pour participer à des missions dites de gestion de crise, d'abord dans les Balkans, puis en Afghanistan et en Libye, par exemple. »
La guerre en Ukraine rebat les cartes
« Le retour aux fondamentaux, à savoir la mission de défense collective du continent européen, a lieu en 2022, avec l'agression massive de la Russie contre l'Ukraine », souligne Camille Grand. Cette guerre en Europe fait rejaillir le risque d’un conflit sur le territoire de l’Alliance. Dans ce contexte, « l’Otan est revenue à son cœur de métier : la défense de l'Europe afin de prévenir le risque d'une escalade horizontale, affirme Camille Grand. Et cela sans pour autant transformer cette guerre en un conflit entre l’Otan et la Russie. » L’Alliance apparaît alors de nouveau comme attrayante du fait de sa capacité de dissuasion et de défense. La Finlande et la Suède la rejoignent ainsi en 2024, « deux pays à forte tradition de neutralité mais qui, dans le contexte actuel, ont choisi de rejoindre l’Alliance atlantique », ajoute l’ancien secrétaire général adjoint. En 75 ans, le nombre de pays membres est ainsi passé de 12 en 1949 à 32 aujourd’hui.
La deuxième partie de cet article publié demain.
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