La plus-value opérationnelle de la France à la force de réaction alliée de l’Otan
A partir du 1ᵉʳ juillet et pour une durée d’un an, la France prendra le commandement des composantes terrestres et logistiques de la Force de réaction alliée de l’Otan. Un dispositif permettant le déploiement d'une force multinationale sur un préavis très court. Les enjeux de cette prise de commandement sont expliqués par le général de division Damien Wallaert et le général de division Nicolas Filser.
Face à la dégradation de l’environnement international, la France réaffirme son engagement dans la défense de l’espace euro-atlantique. Pour l’armée de Terre, cet engagement dans l’Otan se décline en plusieurs axes, comme le rappelle le général de division Damien Wallaert, sous-chef d’état-major opérations aéroterrestres de l’état-major de l’armée de Terre, lors du point presse du ministère des Armées et des Anciens combattants le 4 juin. « Elle est d’abord présente avec la centaine de sous-officiers et officiers déployés dans les états-majors de l’Otan. Notre déploiement permanent sur le flanc Est constitue le deuxième axe de notre présence. Enfin, l’article 5 du traité prévoit l’intervention des forces jusqu’au niveau corps d’armée en cas de crise majeure ».
Pour se tenir prêtes, les forces s’entraînent au quotidien. Norvège, Finlande, Roumanie … Si elle est déjà forte et structurante, la participation de l’armée de Terre à l’Otan va se renforcer : à partir du 1er juillet, l’état-major de la 3e division prendra le commandement de la composante terrestre de la Force de réaction alliée (ARF) tandis que le Commandement de l’appui et de la logistique de théâtre de l’armée de Terre (CALT), prendra la tête de la composante logistique de l’ARF.
408 critères d’évaluation
Plusieurs milliers de soldats vont être en alerte pendant un an, de quelques heures à quelques jours. « C'est une mission importante : elle illustre la mise au service de l'Otan de nos compétences pour renforcer la défense collective de l'Europe », atteste le général. Mais le déploiement dans l’urgence d’une force multinationale ne s’improvise pas. Les combattants ont bénéficié de dix-huit mois de préparation avant leur évaluation finale - selon 408 critères - conduite en décembre dernier et conditionnant leur certification. « Il a fallu développer des compétences individuelles grâce à des formations proposées par l'Otan et acculturer le personnel à l'environnement otanien, témoigne le général Nicolas Filser, commandant le CALT. Nous avons également dû nous approprier les systèmes d'information et des systèmes d'information logistiques de l'Otan. » Il poursuit : « L'application de savoir-faire ne suffit pas. Il a fallu multiplier les contacts avec nos interlocuteurs, de la chaîne logistique nationale et otanienne, et se rendre dans les pays dans lesquels nous pourrions être déployés. Aucune zone d’ombre ne doit subsister ». Aucun doute, pour l’armée de Terre, l’ARF constitue une opportunité de rehausser son niveau d’interopérabilité.
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