Nato Mission Iraq : comment l’OTAN aide l’Irak à se stabiliser
Le général de division Christophe Hintzy présente la mission de l’OTAN qu’il commande en Irak (NMI – Nato Mission Iraq), dans le cadre du maintien de la stabilité régionale. Le but : établir un solide partenariat à long terme avec ce pays du Moyen-Orient.
Lancée depuis Bruxelles en juillet 2018 pour une concrétisation en octobre de la même année sur place, la Nato Mission Iraq (NMI) regroupe actuellement 28 pays et plusieurs centaines de personnels des états membres de l’Alliance ainsi que de deux pays partenaires, l’Autriche et l’Australie. « C'est une mission non combattante de conseil et développement capacitaire au profit des forces de sécurité irakiennes, initialement au sein du ministère de la Défense. En 2023, l'OTAN, à la demande du gouvernement irakien, a étendu son mandat au domaine du ministère de l’Intérieur et à la police fédérale », explique le général de division Christophe Hintzy, commandant de la NMI et basé à Bagdad. Entre guerres, conflits régionaux et résilience, l’Irak a en effet connu une histoire tumultueuse au XXe siècle et fait l’objet d’une attention particulière de la part de l’OTAN.
Quels buts ?
La NMI vise à apporter conseils et assistance aux forces armées et de sécurité irakiennes pour « empêcher le retour de Daech en Irak, combattre le terrorisme sous toutes ses formes et sécuriser le pays. L'objectif, à plus long terme, est d'établir avec l'Irak un partenariat solide, de façon à ce que ce dernier accède au statut de pays partenaire de l'Europe », précise le général de division. Géographiquement, la mission de l'OTAN est située au cœur de Bagdad, au sein de la zone internationale. Les membres de la NMI évoluent avec d’autres entités, telle que la mission d'assistance de l'ONU, la mission de conseil de l'Union européenne en Irak et un certain nombre de nations qui conduisent des relations bilatérales avec l’Irak.
Plusieurs divisions à la NMI
Cinq divisions constituées de militaires et de civils travaillent sous le commandement du général Christophe Hintzy. Trois sont dirigées par un civil anglais, par un général turc et par un général allemand. Elles apportent une expertise des bonnes pratiques en matière de réforme des structures de sécurité, de consolidation des institutions de défense irakiennes, ainsi qu'au niveau de la formation des cadres irakiens. Une quatrième division est chargée de la communication stratégique et de la représentation. Sa mission principale est de connecter la mission de l'OTAN dans son environnement local. Elle permet d’établir le contact avec les conseillers du Premier ministre irakien, avec le conseiller à la Sécurité nationale, mais également avec les ambassadeurs des pays de l’OTAN. Enfin, la cinquième division vise à fournir des conseils pour la mise en œuvre de programmes particuliers qui sont développés au niveau des établissements de l'OTAN. Certains ont pour objectifs, par exemple, de renforcer l'intégration des femmes ou le droit à la protection humanitaire.
Premier bilan
Toutes les missions de conseil s’articulent autour de 28 objectifs à long terme, élaborés conjointement avec l’Irak. « Un certain nombre de thèmes encadrent notre action. Et nous conseillons les états-majors et les écoles irakiennes », précise le général. C’est le cas de la gestion des crises, la gestion des ressources humaines, la digitalisation, la protection civile, la logistique…
Le général Christophe Hintzy, en poste depuis quelques mois, tire déjà un premier bilan très encourageant de cette mission. Des relations de confiance ont été instaurées avec le gouvernement irakien, le tout dans un cadre hautement sécurisé, ce qui permet à la NMI de se déployer positivement. Toutefois, à l’approche des élections législatives du 11 novembre 2025 en Irak, les membres de la mission font évidemment preuve d’une nécessaire vigilance.
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