[JDEF] Les armées face aux menaces invisibles

Direction : Ministère des Armées / Publié le : 19 octobre 2025

Discrètes ou spectaculaires, les menaces NRBC (Nucléaire, radiologique, biologique, chimique) visent autant à frapper l’opinion qu’à désorganiser l’adversaire. 
La France cultive son expertise dans ce domaine. En 2026, elle prendra d'ailleurs la tête de l'alerte NRBC de l'Otan. Une mission exigeante qui oblige chaque combattant spécialiste à s'entrainer chaque jour.

Deux militaires français s'équipent de masque de protection NRBC lors d'un exercice. © Capture d'écran

Dans ce reportage, vous découvrirez notamment que les armées françaises possèdent un savoir-faire d’analyse quasiment unique au monde pour qualifier les menaces biologiques et chimiques, 

Quelque part en région parisienne, le centre Maîtrise NRBC de la Direction générale de l’armement reçoit des agents prélevés sur le terrain. Deux laboratoires distincts assurent leur détection et leur analyse.

Les échantillons qui leur sont confiés permettent de reconstituer la chaîne de la preuve et de caractériser les agissements des compétiteurs de la France.

Exceptionnellement, DGA Maitrise NRBC nous a ouvert ses portes. 

La suite est à découvrir en images !

© Ministère des Armées et des Anciens combattants

[Musique épique]

Locuteur : J’ai été déployé au Moyen-Orient, où nous subissions des tirs de mortier, des obus, et finalement des tirs au phosphore. Informés par les feux persistants, nous avons compris qu’il ne s’agissait pas d’obus classiques. La population était prise dans d’énormes nuages blancs, s’y suffoquant et ne pouvant plus respirer.

Le phosphore blanc est extrêmement collant et peut causer des brûlures chimiques. Tout se passe très vite : nous n’avons pas le temps de réfléchir, seulement d’intervenir. La priorité est de gérer le transfert de contamination.

Les armes NRBC (nucléaires, radiologiques, biologiques, chimiques) sont des armes de destruction massive. Elles visent non seulement le corps, mais aussi l’esprit, semant la terreur, surtout si les troupes sont mal préparées.

Ces armes ont été utilisées dans des conflits entre États, mais aussi par des régimes pour terroriser leur propre population. En raison de leurs effets destructeurs, le système international a tenté de les encadrer par des normes limitant leur propagation.

Les armées françaises se préparent dès la phase d’instruction de chaque militaire. Des unités spécialisées, comme le 2e régiment de dragons, sont capables d’intervenir en milieu contaminé, de décontaminer le matériel et d’identifier des agents inconnus.

En cas de suspicion de menace NRBC, nous conseillons le chef de l’entreprise sur les mesures à adopter. Les combattants doivent passer en mode de protection maximale : masque, gants, et vérification en binôme pour une étanchéité parfaite.

Un binôme spécialisé effectue des prélèvements autour des obus, utilisant différents moyens de détection pour confirmer la suspicion. Ces prélèvements sont analysés en laboratoire pour identifier des agents comme le VX, un neurotoxique.

Un bon combattant NRBC doit être physiquement et moralement prêt, stable émotionnellement, et humble face à la nature protéiforme de la menace. La pression psychologique est accrue par l’invisibilité de l’adversaire.

Les armées évoluent pour faire face à des conflits de haute intensité. Des robots terrestres, appelés "mules", pourraient effectuer des prélèvements et de la reconnaissance à distance, réduisant les risques pour les véhicules habités.

En 2013, la France a modélisé un événement chimique en Syrie pour anticiper les conséquences d’une attaque au sarin. Ces modélisations aident les décideurs politiques à prendre des mesures éclairées.

En cas d’utilisation prouvée d’armes de destruction massive, la communauté internationale peut condamner, isoler, sanctionner, ou même lancer une action militaire, comme les frappes françaises en Syrie en 2018.

La France prendra la tête de l’alerte NRBC au sein de l’OTAN en 2026. Le premier escadron spécialisé des pompiers de l’air et de l’espace a été créé le 1er janvier 2025 pour renforcer cette capacité.

Lors de l’exercice international "Toxic Valley 2025" en Slovaquie, nous travaillons en conditions réelles avec des agents chimiques et éprouvons nos procédures avec nos alliés de l’OTAN.

Lors de l’opération Tamarin contre Ebola, le 2e régiment de dragons a déployé son expertise NRBC. La préparation minutieuse et les bons gestes ont permis de sauver des vies, malgré la dangerosité du virus.

Les armées françaises restent déterminées à affronter ces menaces. Notre préparation constante et notre expertise nous permettent de rester une nation cadre reconnue par nos alliés.

[Musique épique]


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