Inauguration du plus puissant supercalculateur classifié dédié à l’IA en Europe

Direction : Ministère des Armées / Publié le : 05 septembre 2025

Le ministre des Armées a inauguré, jeudi 4 septembre, le nouveau supercalculateur de défense. La France se dote ainsi de la plus importante capacité de calcul classifiée dédiée à l’intelligence artificielle en Europe.  

Le ministre des Armées lors de l’inauguration du supercalculateur classifié dédié à l’IA. - © Ministère des Armées

Depuis la forteresse du Mont Valérien (92), haut lieu de mémoire nationale et berceau du numérique de défense, le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, a inauguré le supercalculateur le jeudi 4 septembre. Dédié à l’intelligence artificielle, il sera exploité par l’Agence ministérielle pour l’intelligence artificielle de défense (Amiad). Aller plus vite et travailler à plus grande échelle, c’est tout l’enjeu de ce système, le plus important d’Europe et le troisième plus grand au monde. Avec ses 1 024 puces dernière génération, il démultiplie les capacités de calcul pour les technologies d’IA au bénéfice des armées et permet à la France de traiter souverainement ses données. Ce supercalculateur classifié n’est pas connecté à Internet et est opéré uniquement par des personnels habilités secret-défense. 

Il permettra notamment l’entraînement des algorithmes des grands modèles d’IA dit « de fondation » nécessitant de grandes quantités de données et d’importantes capacités de calcul, par exemple pour le traitement du signal radar ou acoustique. Enfin, il est au cœur de la création de la première unité militaire robotique de combat, dotée d’une intelligence artificielle collective dans le cadre du projet Pendragon. Le supercalculateur permettra d’accélérer les travaux autour de la simulation. 

L'IA au cœur des opérations militaires

L’inauguration de ce supercalculateur marque une étape importante pour la France dans le domaine de l'intelligence artificielle (IA). Sur le plan scientifique et militaire, elle représente le grand défi de ce siècle. Déjà très présente dans le conflit entre l’Ukraine et la Russie, l’IA révolutionne la manière de faire la guerre, qui est aussi aujourd’hui une dialectique des algorithmes. La supériorité opérationnelle passe désormais par la supériorité technologique, gage de puissance et plus largement de souveraineté. Pour cette raison, le ministre a lancé en janvier 2024 la stratégie ministérielle pour l’IA de défense. Objectif : positionner la France parmi les trois premières puissances mondiales dans la course à l’IA de défense.

Cette volonté s’accompagne de moyens à la hauteur, avec 600 millions d’euros prévus par la loi de programmation militaire dont 200 millions d’euros en 2024 et 2025. Face à ses compétiteurs, la France ne doit pas prendre de retard. « Notre ambition est de prendre les devants dans les applications de l’IA sur le champ de bataille, en vue d’atteindre des résultats au plus haut niveau », a ainsi déclaré le ministre.

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