Immersion avec une patrouille Sentinelle pendant les Jeux
Pour parer aux menaces terroristes, les militaires ont appuyé les forces de sécurité intérieure, notamment à travers le renforcement de l’opération Sentinelle. Immersion avec le caporal-chef Dimitri et son groupe sur les Champs-Elysées le mardi 23 juillet, quelques jours avant la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024.
8 heures. Dans un lieu de convivialité, une dizaine de soldats déployés sur Paris spécialement pour les Jeux olympiques et paralympiques (JOP) discutent. Logés dans l’une des casernes militaires de la capitale, ils sont déjà prêts et en tenue. L’heure est au café avant la journée de patrouille qui les attend.
Engagé depuis 6 ans dans l’armée, le caporal-chef Dimitri n’est pas à sa première mission Sentinelle. Pourtant, l’exécuter lors de cette période si particulière change la donne : « Fan de sport depuis mes plus jeunes années, je ne loupe jamais les Jeux olympiques à la télé. Mais cette année, faire partie de l'armée française et appuyer les forces de sécurité intérieure pour sécuriser cet événement, et ce à Paris, c'est une très grande fierté. Les attentes sont, de fait, importantes », affirme le soldat.
Sur cette mission, Dimitri est chef de groupe. « Mon rôle : recevoir les ordres de mon chef de section du centre opérationnel et les rediriger à mes chefs d'équipe, qui eux, les donnent ensuite à leurs grenadiers voltigeurs. Et après, nous sommes autonomes sur la patrouille tout au long de la journée et nous envoyons régulièrement des comptes rendus à nos supérieurs. »
C’est l’heure, le groupe se prépare. « Nous sommes équipés d'un gilet de plus de 10 kg, d'une ceinture, de moyens de défense et de moyens pour apporter les premiers secours… », détaille le chef de groupe. À cela s’ajoute l’arme, le casque, la radio et les systèmes de communication pour transmettre des informations entre le commandement et les différents groupes.
Les départs en patrouille se font le matin sur une zone de manœuvre définie à l’avance selon la réquisition du préfet de police de Paris. L’avenue des Champs-Élysées est dans la zone du caporal-chef Dimitri, qui connaît bien le lieu à force de l’arpenter.
Ce mardi, il pleut dans les rues de la capitale, ce qui n’arrête pas les soldats. Munis de leur « tarte », ce béret de tradition, ils se positionnent dès la sortie du véhicule. En formation pour contrecarrer les menaces qui pourraient surgir de partout, ils remontent la large avenue d’un pas lent mais précis. L’opération Sentinelle demande en effet beaucoup de concentration aux soldats. Ils doivent maintenir une posture double : à la fois rassurante pour la population et dissuasive envers ceux qui souhaiteraient commettre des actes terroristes ou malveillants.
Les soldats marchent sur les pavés face aux boutiques de luxe. Un enfant passe et salue le chef de groupe. « Les gens sont accueillants, souligne ce dernier. Il nous arrive même d'avoir des messages de remerciements ou des enfants qui essaient de nous faire un check – un salut poing contre poing. Ça se passe bien dans l'ensemble. »
Pour participer à la mission Sentinelle, le caporal-chef Dimitri et son groupe se sont préparés physiquement et mentalement. « Nous avons suivi une phase d'entraînement plus poussée avant les JOP : nous avons notamment appris à apporter les premiers secours aux personnes, participé à des cours portant sur le volet juridique de l’opération et revu les techniques d'intervention opérationnelles rapprochées », explique le chef de groupe.
La patrouille regagne le véhicule, c’est le moment de souffler un coup avant de se diriger vers la nouvelle zone à couvrir. La pluie n’aura pas impacté cette nouvelle journée de marche. « De retour au camp, nous sommes généralement assez fatigués mais nous sommes surtout contents d’être utiles pour protéger les citoyens français et les touristes qui viennent assister aux Jeux », assure le caporal-chef Dimitri.
Ces phases de patrouilles mobiles sont entrecoupées par des entraînements sportifs plus ou moins intenses. Pour nos soldats, ce sera une séance de CrossFit prévue pour le lendemain matin. « Je choisis le sport en fonction des besoins du groupe. Comme nous sommes actuellement sur Sentinelle, je privilégie un sport avec des charges lourdes, explique le caporal-chef Dimitri. Et puis, cela dépend aussi du rythme de patrouille. Si nous avons eu une grosse journée la veille, nous allons nous diriger vers un sport léger. À l’inverse, lorsque le rythme est plus bas, nous allons augmenter la difficulté. »
Pour le chef de groupe, « ces séances de sport sont appréciées car elles permettent d’entretenir notre condition physique et de libérer les endorphines pour le reste de la journée. C’est important de se maintenir en forme. » Ces entraînements ne sont pas les seuls moments de camaraderie entre les soldats. « Lors de nos quartiers libres, nous nous retrouvons parfois autour d’un bon restaurant ou pour visiter un musée. Nous avons également une salle de convivialité à notre étage pour partager de bons moments entre nous. »
Le caporal-chef Dimitri et son groupe maintiendront ainsi ce rythme pendant toute la durée des Jeux olympiques et paralympiques. Une belle manière de participer au bon déroulement de cet événement planétaire.
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