Hommage national : « La France n'a pas fini de compter ses Justes »
Dimanche 19 juillet, Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations et Alice Rufo, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants, ont présidé la cérémonie organisée à l'occasion de la Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l'État français et d'hommage aux « Justes » de France. Prises de parole et dépôts de gerbe ont jalonné ce moment émouvant.
« Sous la chape de haine et de nuit tombée sur la France pendant les années d'occupation, des lumières, par milliers, refusèrent de s'éteindre. Des femmes, des hommes de toutes origines et de toutes conditions ont sauvé des Juifs des persécutions antisémites et des camps d'extermination… Chacun risquait sa liberté et sa vie, aucun ne se croyait un héros. » Les mots d’Alice Rufo, ministre déléguée des Armées et des Anciens combattants, ont résonné dimanche 19 juillet, dans le square de la place des martyrs juifs du Vélodrome d'Hiver.
A l'occasion de la Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l'État français, hommage a été rendu à ces milliers d’hommes et de femmes qui, « bravant tous les risques encourus » ont « incarné l'honneur de la France, ses valeurs de justice, de tolérance et d'humanité ». Co-présidée par Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, et Alice Rufo, la cérémonie s’est déroulée en trois étapes :
- Tout d’abord, un accueil républicain a eu lieu au monument de la Place des Martyrs juifs du Vélodrome d'Hiver. Il a été suivi par un dépôt d’une gerbe par les deux ministres et le maire de Paris, Emmanuel Grégoire. Après la sonnerie aux Mots, une minute de silence a été observée ;
- Une seconde séquence s’est déroulée au jardin mémorial des enfants du Vél d'Hiv, au cours de laquelle Serge Klarsfeld – avocat et président de l'association des Fils et Filles des déportés juifs de France – a présenté ce lieu emblématique, la statue et le mur des noms ;
- Enfin, le square de la place des martyrs juifs du Vélodrome d'Hiver a été le théâtre d’allocutions émouvantes de Serge Klarsfeld, d'Alice Tajchman, secrétaire générale de l'Union des déportés d'Auschwitz, de Madeleine Szmul, témoin de la rafle du Vél d'Hiv, de Patrick Klugman, président du Comité français pour Yad Vashem, de Barbara Nguyen, descendante de Paul Nguyen, Juste parmi les Nations, de Yonathan Arfi, président du CRIF et des deux ministres. Ces prises de paroles ont été clôturées par les prières du Grand Rabbin Olivier Kaufmann.
Plus de 75 000 Juifs de France déportés
Les 16 et 17 juillet 1942, puis dans les jours suivants, 13 152 Juifs furent arrêtés à leur domicile par la police française sur ordre de l'occupant nazi. « Certains d'entre eux avaient traversé l'Europe pour échapper à la persécution, à la barbarie, à l'antisémitisme. Ils avaient pensé trouver en France, patrie des droits de l'homme, patrie des Lumières, la liberté qu'on avait voulu leur enlever ailleurs », a déclaré à leur sujet Alice Rufo.
Parmi ces plus de 13 000 personnes, 8 160 dont 4 115 enfants furent enfermées au Vélodrome d'Hiver. Comme l’a rappelé la ministre déléguée, ces hommes et femmes pouvaient encore penser encore qu'il ne s'agissait « que d'un simple contrôle. Et cette confiance, ce n'était pas de la naïveté, c'était de la confiance en la France ». Les captifs ont ensuite été transférés vers les camps du Loiret, puis vers Drancy et Auschwitz-Birkenau. Au total, 75 721 Juifs furent déportés de France, dont plus de 10 000 enfants. Seuls 2 566 survivants furent comptabilisés à la libération des camps.
Néanmoins, des ténèbres jaillissent souvent des lumières. « Face à un régime criminel qui avait voulu effacer jusqu'aux termes de notre devise nationale, ce sont les Justes qui en ont préservé le sens et la force. Ils nous laissent donc la mission de servir à notre tour, dans chacune de nos vies, contre toute forme de haine, de racisme et l'antisémitisme, ces valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité qui font que notre monde a été sauvé », a renchéri Alice Rufo.
Travail de mémoire
Quatre-vingt ans après, non seulement l’Histoire ne doit pas être oubliée mais elle doit être transmise. La ministre a ainsi salué le travail de mémoire essentiel du milieu associatif et éducatif. « Si les choses tiennent, si l'humanité se poursuit, nous le devons à ce travail patient, dans l'ombre, de la transmission par lequel la jeunesse doit recevoir les leçons du passé pour que plus jamais il ne se reproduise », a-t-elle conclu.
Le discours d'Alice Rufo
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