Hommage national aux harkis : Alice Rufo salue ces « soldats de France »
La cérémonie d'hommage national aux harkis, aux moghaznis et au personnel des diverses formations supplétives et assimilés s’est déroulée ce vendredi 25 septembre dans la cour d'honneur de l'Hôtel national des Invalides. La ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants Alice Rufo, qui l’a présidée, a rendu hommage à ceux dont la mémoire fait « partie pleine et intégrante de notre histoire nationale ».
« Aujourd’hui, nous nous souvenons de ces hommes d’Algérie qui ont servi sous le drapeau français, non par contrainte mais parce qu’ils aimaient la France, et parce qu’ils avaient confiance en elle. » C’est par ces mots chargés de sens qu’Alice Rufo, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants, a ouvert la cérémonie d’hommage national aux harkis, aux moghaznis et au personnel des diverses formations supplétives et assimilés, après les traditionnels honneurs au drapeau et la revue des troupes.
Qui étaient ces engagés pour la France ?
Soixante-quatre ans après la fin de la guerre d’Algérie, la République « s’incline et se recueille » à la mémoire de ces hommes et femmes qui « aimaient la France » et « avaient confiance en elle », a-t-elle ajouté, avant de rappeler qui étaient ces milliers d’engagés. Alors que les harkis – des soldats autochtones algériens qui ont combattu aux côtés de l'armée française durant la guerre – sont régulièrement évoqués, les « moghaznis » et les « personnels des diverses formations supplétives et assimilés » sont moins connus.
Les premiers œuvraient dans des sections administratives spécialisées (les SAS) chargées d'encadrer de larges zones rurales et d'en promouvoir le développement. Leur création a été organisée dès 1955 par le général Gaston Parlange. Parmi les seconds se trouvaient notamment les harkas, des troupes mobiles de civils armés composées de volontaires engagés sans contrat, rémunérés par le secrétariat général pour les affaires algériennes. En 1961, l'armée leur a reconnu un statut différent sous la forme d’un contrat d'un mois renouvelable.
Fraternité d’arme
Ces nombreux Algériens qui ont servi la France « partagèrent les patrouilles, les nuits de garde, les marches dans les djebels et le danger, tissant les liens d’une indéfectible fraternité d’arme », a rappelé la ministre déléguée. Les origines géographiques des intéressés étaient variées, ils « venaient de toute l’Algérie : de Kabylie, des Aurès1, de l’Ouarsenis2, des Hauts Plateaux, de l’Oranie et du Constantinois ». Dans cette guerre qui dura huit ans (1954-1962), « beaucoup y laissèrent leur vie », a souligné la ministre déléguée.
Pour ceux qui ont survécu aux combats, l’avenir a été loin d’être toujours clément. En effet, nombreux sont ceux qui sont restés en Algérie et ont dû faire face à des « déchaînements de violences et d’exactions, de tortures et de représailles ». Les familles qui ont réussi à partir en France « connurent les camps et les hameaux de forestage, dans des conditions indignes », a tenu à rappeler Alice Rufo. De même, les épouses, mères et sœurs « ont partagé la peur, l’exil et le déracinement », tout comme les enfants « passés par Rivesaltes, le Larzac ou Mas-Thibert ».
1 Une région en partie montagneuse située dans le Nord-Est de l'Algérie.
2 Un massif montagneux de l'Atlas tellien situé au Nord-Ouest du pays.
La nécessaire transmission de la mémoire
La ministre déléguée a, à ce titre, souligné le rôle essentiel de cette descendance, de ces enfants qui « ont fait entendre la voix de leurs parents, obtenu que leur histoire soit reconnue » et ont eux-mêmes « transmis cette mémoire à leurs propres enfants ». Parce que cette mémoire a été « trop longtemps marginalisée », elle doit plus que jamais « être valorisée, cultivée, transmise », tout en étant « défendue face aux attaques et mensonges, nourris par l’ignorance et la lâcheté », a-t-elle conclu, avant de déposer une gerbe devant la plaque commémorative. Après la sonnerie aux Morts, suivie d’une minute de silence, la Marseillaise a été entonnée. La cérémonie s’est achevée par un salut des porte-drapeaux et des invités par la ministre et les autres autorités.
Cérémonie de ravivage de la Flamme
Ce même jour, à 18h30, une cérémonie de ravivage de la Flamme et de remise de décorations présidée par le président de la République Emmanuel Macron s’est déroulée sous l'Arc de Triomphe. Après un salut au drapeau, ce dernier a d’abord procédé à une remise de décorations, avant de remonter l’allée centrale et de déposer une gerbe. Le ravivage a été suivi d’une sonnerie aux Morts, d’une minute de silence et d’une Marseillaise. Le chef de l’État a par ailleurs signé le Livre d’or, avant de saluer les porte-drapeaux et les associations.
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