Les Forces aériennes stratégiques, piliers de la dissuasion nationale

Direction : Ministère des Armées / Publié le : 17 octobre 2024

L’année 2024 marque les 60 ans des Forces aériennes stratégiques (FAS). Ces dernières représentant, avec la composante océanique dont elle est indissociable et complémentaire, la clé de voûte de la stratégie de défense française. Le général de corps aérien Stéphane Virem, commandant les FAS, en dresse les grandes lignes. Entretien.

Le général de corps aérien Stéphane Virem, commandant les FAS, le 17 octobre 2024 - © Sch Christian Hamilcaro / Ministère des Armées et des Anciens combattants

Quelle est la genèse de la création des Forces aériennes stratégiques (FAS) ?

Sa naissance est issue d’une volonté politique forte. La dissuasion nucléaire française a pris son envol le 8 octobre 1964, avec la première prise d’alerte nucléaire d’un bombardier Mirage IV armé d’une bombe nucléaire AN-11 et accompagné d’un avion ravitailleur C-135F. Cet événement, dont nous fêtons cette année les 60 ans, est l’aboutissement d’un effort national sans précédent : scientifique, technologique, industriel, financier et opérationnel.

« Depuis 1964, la France dispose continuellement, et de façon totalement souveraine, de la capacité à défendre ses intérêts vitaux. »

Général de corps aérien Stéphane Virem

  • Commandant des Forces aériennes stratégiques
  • 17 octobre 2024

Quelles sont les missions de cette composante permanente de notre dissuasion nucléaire aéroportée ?

Les FAS sont, avec la Force océanique stratégique, les piliers de la dissuasion nationale. Une dissuasion érigée en clé de voûte de la stratégie française de défense et qui consiste à faire craindre des dommages absolument inacceptables à tout État qui envisagerait de s’en prendre aux intérêts vitaux de la France. Grâce à leur réactivité, les FAS offrent des moyens d’action singuliers et variés. Sa crédibilité repose sur 4 piliers : politique, technologique, opérationnelle et enfin une crédibilité liée à la maturité avec laquelle cet outil est employé.

Tout en tenant le contrat de posture, les FAS ont acquis un niveau de polyvalence inédit qui leur permet de prendre part à l’ensemble des missions conventionnelles de l‘armée de l’Air et de l’Espace. Rafale et avions ravitailleurs A330 MRTT affichent ainsi une dualité totale dans leur catégorie, poussant l’aptitude des FAS à réaliser des missions nucléaires ou conventionnelles à un niveau inédit. Elle se traduit notamment par des engagements en opérations extérieures, mais aussi sur le territoire national avec la Posture permanente de sûreté aérienne (PPS-A).

Sur quels moyens humains et matériels les FAS peuvent-elles aujourd’hui compter ?

Les Forces aériennes stratégiques opèrent principalement depuis trois bases aériennes à vocation nucléaire. Elles sont situées à Saint-Dizier (Haute-Marne), Istres (Bouches-du-Rhône) et Avord (Cher). Ces dernières accueillent également deux escadres aériennes (chasse, ravitaillement et transport stratégiques) ainsi qu’un groupement rassemblant plusieurs unités aux missions particulières (armement spécialisé, transmissions spécifiques…). Ce sont ensuite près de 2100 militaires et civils dédiés à cette  dissuasion. Le regroupement sur la base aérienne de Taverny (Val-d'Oise) de l’ensemble des entités de l’état-major du commandement des FAS, s’est achevé en juin 2024. Cette centralisation renforce la cohérence et les synergies des volets opérationnels et organiques.

Quelles évolutions pour les années à venir ?

Les Forces aériennes stratégiques doivent se montrer innovantes afin d‘être encore plus performantes demain, au regard d’une menace particulièrement évolutive. Les FAS sont ainsi mobilisées par de nombreux projets qui les inscrivent dans les défis de la décennie, notamment au niveau de la transformation numérique, de la connectivité ou encore de l’intelligence artificielle. Plus concrètement, nous travaillons sur le standard 2 de l’Airbus A330 « Phénix ». Il se déclinera en deux volets plus spécifiques : la connectivité et la survivabilité. Nous anticipons également l’arrivée du Rafale F5, dont les premières commandes viennent d’être notifiées par le ministre des Armées et des Anciens combattants.

Ce nouveau vecteur portera l’ASN4G, un missile hypersonique, très manœuvrant qui se caractérisera notamment par des capacités de pénétration permettant de fendre les défenses adverses les plus récentes et les plus denses.


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