[Esprit défense n°10] Comment la France renforce sa défense en Indopacifique
Entrave à la liberté de navigation, rivalité sino-américaine, insécurité climatique… Les risques de conflit en Indopacifique sont multiples. Dans ce contexte, la France doit protéger sa souveraineté, ses ressortissants, les flux maritimes et la sécurité environnementale. Comment nos forces installées dans nos territoires et celles prépositionnées à l’étranger agissent-elles au quotidien en faveur d’un Indopacifique « libre et ouvert » ? Explications dans le magazine Esprit défense n°10.
Son nom arabe, Bab el-Mandeb, signifie « la porte des lamentations ». Situé à l’entrée sud de la mer Rouge, ce détroit est un verrou stratégique sur la grande autoroute du commerce maritime mondial reliant l’Asie à l’Europe, via le canal de Suez. Bon an mal an, il est emprunté par 20 000 à 25 000 navires, des porte-conteneurs partis des ports chinois, européens ou indiens comme des pétroliers et des transporteurs de gaz venus du golfe Arabo-Persique. Au total, 12 % du commerce maritime mondial transite par la mer Rouge, un chiffre qui grimpe à 30 % pour les conteneurs1.
La liberté de navigation y est donc cruciale, mais actuellement menacée par les tirs de drones et de missiles des rebelles houthistes du Yémen, dont le littoral jouxte le détroit. Affirmant soutenir le Hamas et le peuple palestinien, ils multiplient depuis novembre 2023 les attaques contre les navires commerciaux supposés liés à Israël ou contre les unités navales et aériennes des pays occidentaux, en particulier américaines et britanniques. Les 9 et 11 décembre, la frégate multimission Languedoc, déployée sur place par la Marine nationale, a ainsi dû abattre des drones qui la visaient directement ou qui ciblaient un pétrolier d’intérêt norvégien. La menace est suffisante pour convaincre nombre d’armateurs d’éviter désormais cette route et les obliger à contourner l’Afrique. Un détour qui allonge le trajet d’une dizaine de jours et augmente sensiblement les coûts du fret. « Ces tensions sont un rappel aux réalités géostratégiques, notamment sur le rôle de connecteur que joue, sur la route de l’Europe, l’océan Indien, à l’interface entre le Proche-Orient, le Moyen-Orient et l’Asie-Pacifique », souligne le vice-amiral Emmanuel Slaars, commandant de la zone maritime de l’océan Indien et des forces françaises stationnées aux Émirats arabes unis2.
L’amiral Slaars est en première ligne dans cette crise où les armées françaises agissent essentiellement en posture défensive. Si elles coordonnent leur action avec la coalition Gardien de la Prospérité lancée par Washington le 18 décembre en collaboration avec une dizaine de pays pour assurer la liberté de navigation maritime, elles se refusent en revanche à participer aux frappes américaines menées contre les houthistes depuis le 12 janvier 2024 avec le soutien du Royaume-Uni, de l’Australie, du Canada, de Bahreïn et des Pays-Bas. « Nous avons une posture qui cherche à éviter toute escalade », a expliqué Emmanuel Macron le 16 janvier, lors de sa conférence de presse. « La France défend par des actes la liberté de navigation dans une zone où les enjeux stratégiques sont majeurs », précisait-il trois jours plus tard, lors de ses vœux aux armées. Une position partagée par la plus grande partie des pays de la région, y compris des alliés de longue date de Washington comme l’Arabie saoudite et l’Égypte, mais aussi par nombre de partenaires européens. Les bâtiments de la Marine nationale opèrent donc sur zone du canal de Suez au détroit d'Ormuz, sous commandement national, « en accompagnant régulièrement en mer Rouge, tout au long de leur traversée, des navires de commerce ou d’intérêts français », indique le vice-amiral Slaars.
Cette crise en mer Rouge rappelle les évidentes interdépendances au sein de l’Indopacifique, cet immense espace qui s’étend des côtes orientales de l’Afrique jusqu’à l’Extrême-Orient et au Pacifique sud. Épicentre de l’économie mondiale, il est au cœur de tensions internationales, avec le risque de plusieurs conflits ouverts autour de Taïwan et entre les deux Corée. S’y ajoutent des différends territoriaux, les affrontements récurrents à la frontière sino-indienne, les tensions entre l’Inde et le Pakistan et celles au nord de l’océan Indien autour de la question iranienne. Plus globalement, le futur ordre mondial, façonné par la rivalité sino-américaine, se joue dans cette région qui est également le point focal de défis transversaux majeurs comme la piraterie maritime, les impacts du réchauffement climatique ou les proliférations nucléaire ou balistique.
1 Étude du Conseil maritime baltique et international, association maritime internationale représentant les armateurs.
2 L’amiral Slaars commande aussi l’opération européenne Agenor – protection de la liberté de navigation maritime dans le détroit d’Ormuz – et l’opération Chammal – soutien aux forces irakiennes dans la lutte contre le terrorisme.
Nouveau concept
Pour évidente qu’elle nous paraisse aujourd’hui, la notion d’Indopacifique est pourtant récente. Il y a 20 ans, les spécialistes parlaient d’Asie-Pacifique, sans englober les océans Indien et Pacifique dans une même entité spatiale. Aujourd’hui, elle marque une approche plus dynamique, avec des périmètres variables selon les pays. Son utilisation prend notamment en compte la dimension maritime des enjeux d’un monde globalisé où 90 % du commerce s’effectue par voie de mer. Elle traduit, entre autres, une anxiété géopolitique liée à l’agressivité de Pékin et elle reconnaît le rôle croissant de l’Inde. C’est Shinzo Abe, alors Premier ministre japonais, qui lança le mot dès 2016, en évoquant un Indopacifique « libre et ouvert » pour répondre, selon lui, aux agissements de Pékin sur des espaces communs. Le terme a ensuite été repris par l’administration Obama, puis celle de Trump, comme un signal fort de soutien à la stabilité régionale et aux partenaires des États-Unis face aux ambitions chinoises. En 2018, Emmanuel Macron s’approprie l’expression. Dans la foulée, La Stratégie de défense française en Indopacifique – en cours d’actualisation – consacre une approche « libre et ouverte » et « inclusive » vis-à-vis des pays de la région, y compris les plus petits.
Reflétant les intérêts et les ambitions des pays qui s’en saisissent, le concept reste aujourd’hui avant tout géopolitique. « La France est le seul pays de l’UE à être une puissance résidente de l’Indopacifique et à y posséder des intérêts de souveraineté. D’où la singularité de son approche, fondée sur une dimension sécuritaire et politico-militaire plus affirmée », relève Céline Pajon, coauteure avec le capitaine de frégate Jérémy Bachelier d’une riche étude sur La France dans l’Indopacifique : pour une posture stratégique pragmatique, publiée en octobre 2023 par l’Institut français des relations internationales. Paris joue ainsi un rôle moteur pour inciter les 27 à s’emparer du sujet. « Avec la problématique des tensions en mer Rouge, l’invocation de l’lndopacifique est extraite de la seule question de la rivalité géostratégique. Cela recentre les débats sur la gouvernance des espaces communs et sur la défense de la liberté de navigation, thèmes sur lesquels les Européens peuvent se retrouver », remarque Céline Pajon.
Les intérêts de souveraineté français dans l’Indopacifique sont en effet considérables. Sept de nos 13 territoires ultramarins3 y sont situés, notamment dans l’océan Indien, et plus d’1,8 million de citoyens français y résident. Il abrite également environ 90 % de notre zone économique exclusive (ZEE), soit le deuxième domaine maritime au monde. « Dans cette zone immense et fragmentée, la protection de nos espaces souverains et de nos approvisionnements stratégiques, mais aussi la garantie de notre liberté d’action dans les espaces communs et la stabilité des environnements régionaux constituent nos principaux intérêts de sécurité », résume le ministère des Armées. Sur le plan militaire proprement dit, l’Indopacifique constitue une réalité opérationnelle avec quelque 7 000 militaires répartis en permanence en trois forces de souveraineté basées à La Réunion et à Mayotte (Forces armées dans la zone sud de l’Océan Indien, FAZSOI), en Nouvelle-Calédonie (Forces armées en Nouvelle-Calédonie, FANC) et en Polynésie française (Forces armées en Polynésie française, FAPF) et deux forces de présence stationnées à Djibouti (Forces françaises à Djibouti, FFDJ) et aux Émirats arabes unis (Forces françaises aux Émirats arabes unis).
3 Clipperton, La Réunion, Mayotte, Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Terres australes et antarctiques françaises, Wallis et Futuna.
Quatre zones
Symbole de son importance, l’Indopacifique a été consacré comme grande priorité par la loi de programmation militaire 2024-2030. Dans cet espace, l’engagement français vise à renforcer notre autonomie stratégique, dont la guerre en Ukraine et la pandémie de Covid-19 ont prouvé l’importance. Cela passe, entre autres, par le développement de partenariats avec des États de la région. Le tout se veut plus pragmatique et se fonde sur quatre sous-ensembles régionaux dont les spécificités sont davantage prises en compte.
Le premier intègre le Nord de l’océan Indien, de la mer Rouge au détroit de Malacca. Il s’agit de la veine jugulaire d’une mondialisation qui est d’abord une « maritimisation ». « Le détroit de Malacca voit passer 80 000 bateaux par an, soit un toutes les six minutes, comme le métro parisien aux heures de pointe. Et je ne parle là que des bateaux majeurs, comme les porte-conteneurs, pétroliers ou vraquiers », observe le vice-amiral Slaars. Après Malacca, une grande partie de ce trafic traverse l’océan Indien vers la mer Rouge. C’est dans ce vaste secteur que les principaux enjeux sécuritaires et stratégiques du moment se concentrent. « Nous devons agir dans un spectre d’action avec des temporalités différentes, dans le court terme vis-à-vis de l’action de Téhéran et dans le très court terme vis-à-vis de ses “proxys” », ajoute-t-il, en référence aux groupes armés de la région soutenus par l’Iran. Si l’attention se focalise depuis quelques semaines sur la mer Rouge, le détroit d’Ormuz, au débouché du golfe Persique, reste ainsi hautement sensible. « Voulant être un acteur reconnu pour son influence régionale, l’Iran agit dans tous les milieux, terrestre avec des tirs de missiles balistiques, mais aussi maritime, aérien et cyber », note le vice-amiral.
Dans cette zone stratégique, les forces françaises disposent de positions clefs avec, outre la base d’Abou Dhabi, celle de Djibouti. « Une base au carrefour de plusieurs plaques tectoniques, à la croisée des mondes africain et arabomusulman, expose le général de division aérienne Laurent Boïté, commandant des FFDJ. Djibouti est la dernière station-service sur l’autoroute vers l’Indopacifique. Les moyens aériens et navals y font le plein de carburant et s’y ravitaillent avant de plonger dans l’océan Indien puis dans le Pacifique ». À Djibouti, stationnent, entre autres, des forces américaines depuis 2002 et quelques dizaines de militaires italiens et espagnols dans le cadre de la mission Atalante4. Mais aussi, et surtout, depuis 2017, des forces chinoises sur une base qui peut héberger, selon certaines estimations, jusqu’à 10 000 hommes. Elle illustre les ambitions toujours plus affirmées dans la région de Pékin, en passe d’installer deux autres bases à l’étranger – l’une au Pakistan et l’autre au Sri Lanka.
Au-delà de son importance géopolitique, l’océan Indien est aujourd’hui le centre majeur de l’action de la France dans l’Indopacifique, car il s’agit de la zone où elle dispose du plus grand nombre de leviers d’action et de capacités de projection. C’est notamment celle où elle possède le plus de territoires souverains et de ressortissants, notamment au sud. Ce deuxième théâtre régional englobe, entre autres, des territoires français comme La Réunion, Mayotte et les Terres australes et antarctiques françaises ainsi que leurs ZEE respectives (2,8 millions de km² au total). « Nous devons penser mondialement et agir régionalement : le Sud de l’océan Indien, à la charnière de l’Indopacifique, est à la fois un point d’entrée à l’est de l’Afrique et une fenêtre sur l’Antarctique. Il s’intègre pleinement dans ces enjeux », appuie le général de brigade Jean-Marc Giraud, qui commande les FAZSOI depuis l’île de La Réunion, point d’appui « stratégique » majeur, à la fois portuaire, aéroportuaire et de stationnement sur un département français. Force interarmées de 1 700 militaires, les FAZSOI ont la responsabilité de « protéger » 1,2 million de citoyens français « contre les dangers du monde et ceux du quotidien », comme le passage du cyclone Belal en janvier l’a encore démontré. Elles sont aussi chargées d’une zone de responsabilité où elles font face aux revendications territoriales, à la persistance d’activités illicites, à la compétition militaire et à l’augmentation des flux maritimes d’approvisionnement stratégique transitant entre le cap de Bonne-Espérance et le détroit de Malacca. Les points d’appui des FAZSOI peuvent ainsi permettre d’accueillir et de soutenir une projection de force, voire de puissance.
4 Mission de l’Union européenne de lutte contre la piraterie maritime au large de la Somalie.
« Tyrannie des distances »
Le troisième ensemble couvre le Pacifique sud, depuis la Nouvelle-Calédonie jusqu’à la Polynésie française, en y intégrant Wallis et Futuna ainsi que l’île de Clipperton, dans l’autre hémisphère. Une zone très vaste avec de petits États insulaires directement menacés et très sensibles aux effets du dérèglement climatique, dont les cyclones. « Ici, le climat et la sécurité sont directement liés. C’est particulièrement évident avec l’érosion des sols, la submersion des atolls, le déplacement des ressources halieutiques et l’intensification des phénomènes météorologiques extrêmes », pointe le général de brigade Yann Latil, qui commande les FANC depuis Nouméa. S’y ajoutent des enjeux géopolitiques croissants avec une intensification de la compétition entre puissances, comme avec la Chine. « Les passages de navires militaires sont de plus en plus nombreux. Mais nous ne pouvons pas seulement nous alarmer de cette influence chinoise. Il nous faut aussi proposer des alternatives », insiste le général Latil, ajoutant que notre politique « de respect des souverainetés et de refus de la logique des blocs trouve un certain écho ». En témoigne le succès, début décembre, de la réunion des ministres de la Défense du Pacifique sud organisée à Nouméa. Quelques mois plus tôt, le chef de l’État lui-même avait effectué une tournée historique dans le Pacifique sud. Il avait alors privilégié les nations les plus modestes et insulaires, comme le Vanuatu, qui refusent de devoir s’aligner sur les États-Unis ou sur la Chine. Par là même, ces nations sont les interlocuteurs privilégiés d’une France qui se veut « puissance d’équilibres » dans la région – une position qui n’est d’ailleurs pas toujours très bien comprise.
Le quatrième secteur, celui de l’Asie orientale, comprend à la fois l’Asie du Sud-Est et celle du Nord-Est. Il rassemble les principales puissances économiques et les tensions dans les espaces maritimes communs autour des mers de Chine et des accès au Pacifique. L’enjeu pour la France, avec ses partenaires, est de contribuer à y garantir le respect du droit international et de la liberté de navigation. « Au moins une fois par an, l’une de nos frégates se rend, à partir de nos territoires, en mer de Chine méridionale, puis en mer de Chine orientale. Sa mission : participer au contrôle de l’embargo décidé par les Nations unies sur la Corée du Nord. Un avion de surveillance de la Marine nationale est également engagé dans cette opération. Par ailleurs, nous ne communiquons pas sur nos passages réguliers par le détroit de Taïwan, dont le but est de défendre la liberté de circulation maritime, sans esprit de provocation mais avec détermination », raconte le contre-amiral Geoffroy d’Andigné, à la fois commandant, depuis Papeete, des FAPF et de la zone maritime du Pacifique. En avril 2023, juste après la visite d’Emmanuel Macron à Pékin et une démonstration de force chinoise autour de Taïwan, le gouvernement français avait cependant mentionné le passage de la frégate de surveillance Prairial dans le détroit de Taïwan et en mer de Chine. En dehors des États-Unis, peu de pays assument de tels passages. Les Britanniques ont envoyé une fois un patrouilleur, les Européens réfléchissent. Le rappel des principes du droit international est pourtant essentiel. « Il faut empêcher que la porte ne se referme. Les Chinois se montrent très présents dans les espaces qu’ils revendiquent, mais leurs approches sont maîtrisées. Chaque partie mène les choses de façon professionnelle et nous n’avons pas eu d’événement difficile », constate le contre-amiral d’Andigné. Et d’ajouter que « ces compétiteurs sont incisifs et habiles pour tenter de nous repousser des espaces où notre présence les contrarie, en usant de nombreux stratagèmes et de moyens hybrides afin de rester sous le seuil et de ne pas créer d’escalade ».
Dans l’immensité du Pacifique, « la tyrannie des distances » apparaît dans toute son évidence. Et, par contrecoup, les moyens relatifs dont dispose la France – même s’ils seront augmentés par la loi de programmation militaire. « La hausse des tensions, l’investissement des différentes parties pour contrôler ou dénier les espaces communs, le besoin d’une forme de réassurance de certains pays de la zone, en particulier en Asie du Sud-Est, et surtout le besoin d’accroître notre interopérabilité, notamment avec les Américains, nécessitent que nous engagions des moyens plus importants que ceux basés actuellement dans nos Outre-mer », lance le contre-amiral d’Andigné. Quels moyens ? « Ceux à même de mieux voir, de mieux s’intégrer, de mieux être interopérables, mais aussi ceux capables d’envoyer un signal plus fort, comme le fut le déploiement des Rafale de l’armée de l’Air et de l’Espace lors de la mission Pégase de l’été dernier, voire dans l’avenir celui du porte-avions Charles de Gaulle ou d’un sous-marin nucléaire d’attaque. » Au-delà, il s’agit également de travailler avec les pays de la zone qui partagent nos intérêts et nos valeurs ainsi qu’avec les organisations régionales. Objectif : répartir le fardeau et amplifier l’impact de la présence française.
Par Marc Semo.
Pégase, une « projection de puissance » aérienne en Indopacifique
Depuis 2021, l’armée de l’Air et de l’Espace mène chaque année pendant un mois et demi, au départ de la France métropolitaine, la mission Pégase vers l’Indopacifique. Objectif : montrer sa capacité à projeter dans la zone un dispositif conséquent en quelques heures pour y protéger les intérêts et les citoyens français. En 2023, le dispositif est monté en puissance avec le déploiement de 19 aéronefs – dix Rafale, cinq avions ravitailleurs A330 MRTT Phénix et quatre avions de transport A400M Atlas. Ils ont notamment participé à de nombreux entraînements et exercices avec nos partenaires de la région – Australie, Corée du Sud, États-Unis, Indonésie, Japon, Malaisie, Qatar, Singapour… En 2024, Pégase passera un nouveau cap puisque, grâce à l'impulsion française, l’Allemagne, l’Espagne et le Royaume-Uni se joindront à la mission pour lui donner une dimension européenne.
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