Espace : les armées s’adaptent à un milieu de plus en plus contesté

Direction : Ministère des Armées / Publié le : 04 septembre 2026

Indispensable à la conduite des opérations militaires, l’espace est désormais un milieu de plus en plus contesté. Multiplication des acteurs, nouvelles menaces, accélération technologique : pour préserver leur liberté d’action, les armées doivent renforcer leurs capacités opérationnelles, leurs coopérations et leur capacité d’innovation. Trois enjeux présentés lors du point presse du jeudi 3 septembre.

L'espace est indispensable à la conduite des opérations militaires - © DGA

Observer, communiquer, naviguer ou renseigner : depuis plusieurs décennies, les armées françaises s’appuient sur le spatial. Mais la démocratisation de son accès et le développement du New Space depuis les années 2010 ont transformé cet environnement. Le nombre d’acteurs et de satellites augmente, tout comme la dépendance des forces aux services spatiaux et leur exposition aux menaces.

Agir dans un espace contesté

Pour le colonel Sébastien Pages, adjoint au chef d’état-major du Commandement de l’espace (CDE), la rupture est d’abord opérationnelle. Aux risques liés aux débris et à la congestion des orbites s’ajoutent des menaces désormais multiples : destruction de satellites, manœuvres co-orbitales, brouillage, cyberattaques ou actions hybrides.

L’espace constitue ainsi une « zone grise par excellence », où le caractère dual des activités et la difficulté d’attribution peuvent compliquer l’identification d’une action hostile. Le risque est de voir apparaître une contrainte, voire un déni, dans l’accès et l’usage du spatial.

« Il s’agit de voir et comprendre ce qui se passe en orbite. Et puis, il s’agit de pouvoir agir à la fois vers, dans et depuis l’espace, mais également d’agir en soutien opérationnel aux forces aériennes, maritimes et terrestres », explique le colonel Pagès.

Créé en 2019, le CDE poursuit sa montée en puissance. Après des opérations de manœuvres orbitales conduites avec les États-Unis fin 2024 et fin 2025 et l’atteinte d’une première capacité opérationnelle en 2025, il vise la pleine capacité opérationnelle à l’horizon 2030, avec notamment des capacités d’action dans l’espace et une posture permanente de sûreté espace.

Renforcer la puissance par la coopération

Pour le docteur Guilhem Penent, conseiller Espace à la direction générale des relations internationales et de la stratégie (DGRIS), la montée en puissance nationale doit s’accompagner d’une coopération accrue. L’objectif est de renforcer à la fois la sécurité collective et l’autonomie stratégique européenne.

Cette coopération commence par une compréhension partagée des évolutions et des menaces afin de mieux coordonner les réponses opérationnelles, capacitaires, doctrinales ou diplomatiques. « Il s’agit de construire des liens de confiance, il s’agit de susciter des habitudes de travail, il s’agit de favoriser des convergences […] Il s’agit aussi d’identifier des complémentarités », souligne Guilhem Penent.


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