Désinformation pro-russe : décryptage d’une fausse citation

Direction : Ministère des Armées / Publié le : 10 septembre 2025

Une vidéo virale attribuant une fausse citation au chef d’état-major de l’armée de Terre illustre une mécanique récurrente de la désinformation pro-russe : créer une diversion pour fragiliser la perception de l’action diplomatique en faveur de la défense de l’Ukraine.

Campagne de désinformation pro-russe

Depuis le 30 août, une vidéo publiée sur YouTube par le compte Agora Informée (250 000 vues, 10 000 likes) circule largement sur les réseaux sociaux, en particulier sur X. Elle attribue au général d’armée Pierre Schill, chef d’état-major de l’armée de Terre, une phrase qu’il n’a jamais prononcée : « Les soldats français n’iront pas en Ukraine ».
Cette vidéo s’inscrit dans une série récurrente de contenus affirmant que des « hauts gradés » refuseraient d’exécuter les ordres du chef de l’État. L’objectif est clair : fabriquer l’illusion d’une désobéissance militaire pour décrédibiliser l’action politique et suggérer une fracture entre l’armée et l’exécutif.
La diffusion s’appuie sur un procédé classique : associer une fausse citation à une figure d’autorité pour donner du poids au message. L’audience de cette vidéo est amplifiée par des relais en ligne issus de la sphère pro-russe, opposés au soutien militaire à l’Ukraine.
 

Un contexte diplomatique particulier

La temporalité de cette campagne est significative. Elle intervient quelques jours après la réunion de la Coalition des volontaires, organisée à Paris le 4 septembre et coprésidée par Emmanuel Macron et Keir Starmer, avec la participation de Volodymyr Zelensky et de Steve Witkoff, émissaire spécial du président Trump.
 À l’issue de cette rencontre, 26 pays se sont engagés à travailler sur des garanties de sécurité robustes pour l’Ukraine après un éventuel cessez-le-feu.
Ce renforcement de la solidarité occidentale constitue un message politique fort. La diffusion de cette fausse citation apparaît comme une tentative de brouiller ce signal en déplaçant le débat vers une supposée division interne française.
Ce n’est pas la première fois que des campagnes de désinformation pro-russes surgissent en réaction à des initiatives diplomatiques françaises.


- 30 janvier 2024 : quelques jours après le lancement de la Coalition artillerie par la France, le ministère russe de la Défense diffuse une fausse vidéo affirmant avoir frappé un immeuble occupé par des « mercenaires français ».
- 19 mars 2024 : dans le sillage de la conférence de Paris du 26 février où Emmanuel Macron a déclaré que « rien ne devait être exclu » concernant l’aide à l’Ukraine, le service de renseignement extérieur russe relaie une fausse information sur la présence de troupes françaises en Ukraine.
- 28 mars 2024 : un faux site se présentant comme gouvernemental propose de s’engager dans l’armée française pour aller combattre en Ukraine, surfant sur le débat public ouvert par ces annonces.


À chaque étape, une même logique apparaît : réagir aux signaux politiques et militaires envoyés par la France et ses alliés en faveur de l’Ukraine, en produisant de fausses informations destinées à semer le doute et détourner l’attention.
La vidéo attribuant une citation fictive au CEMAT s’inscrit dans cette continuité : une manœuvre informationnelle visant à masquer l’élan diplomatique et militaire franco-britannique du début septembre, et à fragiliser la perception de l’unité nationale française.
 


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