« Le CGA a su se renouveler pour s’adapter aux évolutions du ministère des Armées et des Anciens combattants »

Direction : Ministère des Armées / Publié le : 03 octobre 2024

Le Contrôle général des armées organise un colloque, ce jeudi 3 octobre, à l’occasion de ses 60 ans d’existence. Le contrôleur des armées Julien Dufour en profite pour dresser les grandes lignes de cet organisme, souvent méconnu mais essentiel au bon fonctionnement du ministère des Armées et des Anciens combattants. Entretien.

Contrôleur des armées Julien Dufour - © Ministère des Armées et des Anciens combattants

La création d’une entité unique de contrôle des armées intervient en 1964, année où la France se dote de l’arme nucléaire. Pourquoi ?

Une des préoccupations des gouvernants de l’époque est de se doter peu à peu de moyens centralisés, à leur main, pour justement accompagner la montée en puissance de la dissuasion qui est l’argument ultime afin de disposer d’une autonomie stratégique. L’arrivée d’un Contrôle général des armées (CGA) unifié est un des outils pour suivre la réalité des ressources budgétaires, de leur engagement mais aussi rendre compte de leur utilisation.

Comment son rôle a-t-il évolué par la suite ?

Même si cette volonté de créer un contrôle général unique s’est concrétisée assez rapidement, sa mise en place a ensuite nécessité une petite quinzaine d’années. Il fallait en effet réorganiser, mettre à plat, définir le rôle et la place du contrôle. Surtout, son organisation a suivi et accompagné l’évolution des armées, directions et services. Avec, par exemple, la montée en puissance du Secrétariat général pour l’administration ou encore de la Direction général de l’armement (DGA).

La Loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030 consacre 413 milliards d’euros aux armées. Qu’est-ce que cela implique pour le CGA ?

C’est très engageant. Je rappelle que nous agissons pour le ministre afin de le tenir informé et de l’aider à décider de l’utilisation adaptée et efficace de cette ressource à hauteur d’hommes. Le principal enjeu est double : le CGA doit être là pour alerter dans le cas d’une impasse budgétaire ou de difficultés rencontrées sur un programme. Mais il est aussi présent pour appuyer l’état-major des armées et la DGA dans le développement des grands programmes. En somme, honorer l’ensemble des besoins en adéquation avec les ressources votées dans le cadre de cette LPM.

Aujourd’hui, quelles sont les autres priorités du CGA ?

Chaque année, le CGA propose un plan de missions au ministre. Libre à lui ensuite de l’amender avant de le valider. A cela s’ajoute des missions « hors plan ». Dans tous les cas, elles suivent de près les enjeux qui touchent le ministère des Armées : cyberdéfense, transformation numérique, moyens et opérations de réassurance sur le flanc est de l’Europe… Au-delà du temps long lié à la LPM, le CGA est donc bel et bien partie prenante de l’actualité pour laquelle il faut apporter des éléments, que ce soit en termes d’audit, d’inspection mais aussi de conseil. Par exemple, le CGA a mené des missions sur l’intelligence artificielle ou le spatial. Plus globalement, beaucoup de travaux sont réalisés en lien avec l’émergence, le développement ou la prise en main des enjeux du numérique en gardant à l’esprit, en parallèle, l’objectif de simplification à atteindre dès que cela est possible

Une autre de vos prérogatives est celle de la lutte contre les Violences sexuelles et sexistes (VSS). Depuis quand le CGA est-il investi de ce dossier et quels sont ses axes de travail à ce sujet ?

Le sujet des VSS est une préoccupation constante. Le CGA contribue de près à ce chantier majeur depuis 2014, à l’aide de sa cellule « Thémis ». Cette lutte a pris une forme de renouveau indispensable depuis quelques mois avec certains travaux qui ont mis en lumière, encore, des situations intolérables. Partant de ce constat, le CGA a été amené à densifier, à rendre plus robuste la cellule Thémis. Cette dernière reçoit ainsi de nouvelles missions pour mieux s’assurer du bon traitement des cas de VSS et surtout des réponses qui y sont apportées. En ligne de mire : aucune situation ne doit rester sans réponses et ces dernières doivent être apportées en temps et en heure de manière adaptée et efficace au profit des victimes de VSS

Un colloque est organisé ce vendredi, à l’occasion du 60e anniversaire de la création d’un contrôle des armées unique. Quels sont les objectifs de cet événement ?

Le CGA souhaite avant tout communiquer afin de montrer toute sa place au sein du ministère des Armées. Ce colloque permet ainsi de souligner son rôle et de montrer à quel point il a su se renouveler, en 60 ans, pour s’adapter aux évolutions du ministère, à ses besoins et aux sujets nouveaux qui peuvent apparaître, comme l’émergence de l’IA. Le CGA y a lui aussi recours. Il a en effet développé un outil pour l’aider à mieux travailler dans son périmètre de mission. Par exemple, pour identifier les risques ou pour inventorier ce qui a déjà été fait sur tel ou tel sujet avant de lancer une mission d’audit ou bien d’appui.


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