Athlète et militaire, l’incroyable parcours de Geo André

Direction : Ministère des Armées / Publié le : 30 juillet 2024

[Histoire] Brave, pugnace, déterminé… Les adjectifs ne manquent pas pour qualifier Georges André, sportif à la carrière militaire héroïque et porte-drapeau de la France lors des Jeux olympiques de 1924. Découvrez sa trajectoire hors du commun.

Geo André lors d'un 400 m haies au stade Yves du Manoir de Colombes le sacrant champion de France - © BNF

1907. Championnat de France. Un jeune homme de 17 ans, inconnu, s’élance sur la piste. Georges André bat alors le record de France du saut en hauteur. L’année suivante, il continue sur sa lancée et pulvérise son record personnel aux Jeux olympiques de Londres. Il passe 1m88 au-dessus de la barre et se hisse sur la deuxième place du podium. Un exploit inattendu. 

Conscrit en 1910, Georges André intègre le 103e régiment d'infanterie (RI). La devise régimentaire, « rien d'impossible », lui convient à merveille. Malgré deux ans sous les drapeaux, le soldat est à nouveau deux fois champion de France en 1911 puis s’envole pour les Jeux olympiques de Stockholm de 1912. Il s’essaie alors à d’autres disciplines : décathlon, pentathlon, saut en hauteur avec et sans élan, saut en longueur sans élan et enfin le 110 mètres haies. Georges André intègre en parallèle l’équipe de France de rugby, sans oublier d’obtenir ses diplômes d'ingénieur en aéronautique et son brevet de pilote civil à seulement 21 ans.

© Ministère des Armées

Première Guerre mondiale

Lorsque la guerre éclate en 1914, celui qu'on appelle désormais Geo André est consacré meilleur athlète complet. Mais pour sa patrie, il réintègre son régiment. La dureté des combats est sans appel : en août, plus de la moitié de ses camarades du 103e RI périssent dans une offensive. En moins d’un mois, Geo est nommé caporal, est blessé trois fois et se fait capturer par les Allemands le lendemain de sa nomination comme sergent. Après trois ans de captivité, il réussit à s'évader au bout de sa sixième tentative, puis reprend le combat comme aviateur.

Croix de guerre 14-18, il est cité comme sous-officier d'une énergie et d'un courage rares. La guerre finie, il est breveté pilote militaire et développe des inventions. Il rejoint ensuite le bataillon de Joinville, unité qui accueille des appelés sportifs, et conquiert à nouveau les podiums. En 1920, en seulement deux jours de compétition, il redevient quatre fois champion de France. Le médaillé part aux Jeux olympiques d'Anvers où il concourt dans huit disciplines. Geo André pulvérise alors le record d'Europe du 400 mètres haies et remporte la médaille de bronze.

En portant la flamme aux Jeux olympiques de Paris de 1924, Géo André vit la consécration de son incroyable carrière sportive. Il est alors choisi, à 34 ans, pour prêter le serment des athlètes au nom de l’ensemble des participants.

Geo André à l'entraînement au stade Yves du Manoir à Colombes avant d'enchaîner les épreuves. © BNF

Geo André à l'entraînement au stade Yves du Manoir à Colombes avant d'enchaîner les épreuves.

Dernier combat

Lorsqu'éclate la Seconde Guerre Mondiale, Geo a 50 ans. Alors retraité des compétitions sportives, il ne dépose pas les armes pour autant. Le médaillé olympique s’engage comme pilote. Après la défaite de 1940, il gagne Alger avec son fils pour continuer le combat. Georges André intègre ensuite les Corps francs d'Afrique à la suite du débarquement des Alliés.

Le 4 mai 1943, sa compagnie est prise dans une embuscade à 66 km de Tunis. L'adjudant Geo se porte volontaire pour neutraliser les tirs ennemis. Il meurt les armes à la main, criblé de balles et atteint par un éclat d'obus.

Ainsi part en héros la gloire du sport français, tombé pour son pays et pour la liberté. Décoré officier de la Légion d'honneur, il est cité à l'ordre de l'armée. Il a vécu pour le sport, il est mort pour la France. De son premier exploit sportif à 17 ans, à sa mort au combat, il a incarné la devise de Pierre de Coubertin : « Plus vite, plus haut, plus fort. »


A la une