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Pod Reco-NG : l’image numérique au service du renseignement aérien

Mise à jour  : 30/08/2011 - Auteur : Nelly Moussu - Direction : DICOD

Le système de reconnaissance de nouvelle génération (Pod Reco-NG) a été mis officiellement en service opérationnel dans l’armée de l’air le 8 novembre dernier. Pilotes, officiers renseignements et interprétateurs images disposent aujourd’hui de capteurs numériques pour assurer leur mission de renseignement.

Les états-majors de l’armée de l’air et de la marine attendaient depuis 1997 un nouveau système de reconnaissance aérienne. Commandé en 2000 par la Direction générale de l’armement à Thales, le Pod Reco-NG destiné aux avions Rafale Air et Marine a été qualifié par la DGA en octobre 2009. Ses performances sont un atout de taille pour le renseignement français.

Des capacités d’imagerie puissantes

Le Pod Reco-NG peut prendre des photos en très basse comme en haute altitude, à courte comme à grande distance, à grande comme à très grande vitesse. Il permet une reconnaissance photographique aérienne inédite pour l’armée française. En comparaison, son prédécesseur, le Presto, ne prenait pas de clichés en basse altitude par exemple.

Les capteurs optiques, placés dans une nacelle intégrée sous un Rafale, tournent à 180 degrés. Ils peuvent viser une zone, pointer un objectif sous di

fférents angles ou pointer différents objectifs lors d’un seul passage.

Le Pod Reco-NG opère sur deux bandes spectrales (visible et infrarouge) afin de réaliser des prises de vue diurnes et nocturnes. Mais le capteur infrarouge est aussi utilisé en plein jour. « On fait du bispectral systématiquement pour être sûr de ne rien rater, raconte le Lieutenant Colonel Loïc Rullière, commandant de l’Escadron de Chasse 1/7 « Provence ». En superposant, pour un même site, une image en vision diurne et une autre prise en infrarouge, des éléments peuvent être découverts, comme la trace thermique d’un avion qui vient de décoller ou la présence d’hélicoptères dans des hangars. »

Pour la première fois, le « tout numérique » est utilisé dans un système de reconnaissance. Cela permet de stocker une grande quantité d’images, géoréférencées directement dans la nacelle. « Fini la pellicule : le stockage de l’information ne sera pas une limite », assure le commandant de l’escadron.

La reconnaissance, un travail d’équipe

Sur la base aérienne de Saint-Dizier, l’escadron de « Provence » s’entraîne en équipe à l’utilisation du Pod Reco-NG. Chaque mission de reconnaissance allie un pilote, un officier renseignement et deux interprétateurs image. Ensemble, ils préparent la manœuvre en fonction des demandes. « Parfois, les forces en opération ne connaissent pas toutes les capacités de nos capteurs. Ils ne savent pas ce qu’ils peuvent demander. Les officiers renseignement affinent leurs besoins et en déduisent les objectifs précis à photographier. Les interprétateurs image peuvent ensuite définir les paramètres techniques à respecter pour réaliser les prises de vue : à quelle altitude, à quelle distance, etc. » commente un officier renseignement.

Une fois en vol, le pilote peut décider de modifier la prise de vue selon les opportunités. L’exploitation des images est ensuite réalisée par l’interprétateur image, aidé du Système d'aide à l'interprétation multi capteurs (SAIM). « On ne transmettra rien aux forces opérationnelles sans passer par un analyste », précise le commandant de l’escadron.

Le SAIM, sorte de logiciel, et la technologie numérique permettent d’intervenir rapidement sur les photos. Les données peuvent être transmises en vol aux analystes grâce à des stations de réception au sol, mobiles et aérotransportables. Cela représente un gain de temps considérable. Les photos peuvent également être récupérées plus tard grâce à un disque dur extractible sur lequel elles sont enregistrées. « Et avec la technologie numérique, la partie exploitable des images est plus importante qu’avec l’argentique. On peut, par exemple, distinguer les détails bordant d’une image », ajoute le commandant de l’escadron. Les résultats sont finalement envoyés par réseau sécurisé aux forces « pour notamment gérer une crise, mener une opération ou évaluer les dommages de combat », énumère l’officier renseignement.

Le ministère de la Défense a commandé 12 nacelles pour l’armée de l’air et 8 pour la Marine. A la fin de l’année, 8 Pod Reco-NG auront été livrés aux forces. Les dernières livraisons interviendront en 2012.

« La reconnaissance est fondamentale pour les opérations »

Le Lieutenant-colonel Loïc Rullière commande de l’Escadron de Chasse 1/7 « Provence ».

Un nouveau capteur d’images, le Pod Reco NG, a été mis en place sur les Rafales. Cela nécessite-t-il un entraînement spécifique pour votre escadron ?

Pour l’instant, nous sommes en phase d’acquisition de compétences. Nous formons tout l’escadron : les pilotes, les officiers renseignements et les interprétateurs images. Il n’y a pas encore de mise en service opérationnelle mais nous sommes déjà aptes à mener des missions.

Quelles compétences doit acquérir le pilote ?

Il doit maitriser le nouveau système, piloter le capteur au travers du système d’arme du Rafale et exercer son « œil ». C’est important lorsqu’il est en mode opportunité : il doit alors effectuer une prise de vue qui n’était pas prévue, en fonction de ce qu’il vient d’observer et qu’il juge pertinent. Par conséquent, les paramètres décidés avant le décollage doivent être modifiés.

Pourquoi la fonction de reconnaissance est-elle si importante ?

La reconnaissance est une fonction stratégique du Livre blanc de la Défense. Sans elle, on ne décide rien : elle permet de planifier les missions. C’est fondamental pour les opérations. Le Pod Reco NG vient compléter une gamme déjà riche. Il y a aussi l’imagerie radar sur le Rafale ou le capteur argentique Reco Presto sur le Mirage F1.

Le Pod Reco NG est-il complémentaire des autres moyens de renseignement image ?

Il est complémentaire du drone et du satellite, notamment du point de vue de l’altitude et de la zone couverte. Un drone surveille pendant environ 10 heures un même objectif. Un satellite couvre une large zone mais ne peut pas être redirigé. Le Pod Reco NG est moins vulnérable en terme de vitesse, d’altitude en vol et peut-être redirigé. Et le Rafale apporte une plus-value : l’imagerie radar, le Spectra (Système de Protection et d'évitement des conduites de tir) et l’œil du pilote, qui permet plus de réactivité. Nous avons besoin à la fois du drone, du satellite et du Pod Reco NG pour une capacité d’images cohérentes.


Sources : Ministère des Armées

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