Actualisation de la loi de programmation militaire : « Aller plus vite et plus loin »
Le projet visant à actualiser la loi de programmation militaire 2024-2030 a été présenté mercredi 8 avril par Catherine Vautrin, ministre des Armées et des Anciens combattants, en Conseil des ministres et à la Commission de la défense nationale de l’Assemblée nationale. Ce texte prévoit des mesures normatives et des efforts capacitaires prioritaires, notamment dans les domaines des munitions, des drones et de l’espace.
36 milliards d’euros (Mds €) supplémentaires. C’est ce que propose le projet d’actualisation de la loi de programmation militaire (LPM). Cet effort budgétaire intervient dans un contexte d’aggravation des menaces, qu’a confirmé la revue nationale stratégique de 2025, et qui se caractérise notamment par la phase d’incertitude que connaît la relation transatlantique et la brutalisation des rapports de force dans les relations internationales. Cette situation pose à la France et à l’Europe de nouveaux défis faisant « peser sur notre sécurité collective des risques d’embrasement mondial. (…) Nous vivons une période de rupture, qui appelle à un durcissement de notre modèle », déclare Catherine Vautrin, qui a présenté mercredi 8 avril, le projet de loi au Conseil des ministres et aux parlementaires.
« L’évolution profonde et brutale des équilibres internationaux nous commande d’aller plus vite et plus loin. »
- Ministre des Armées et des Anciens combattants
- 08 avril 2026
Le projet d'actualisation de la LPM prévoit ainsi en 2030 un budget pour la défense de 76,3 Mds €, contre 57,1 en 2026. Le pays « a pris acte du basculement du monde vers une conflictualité durable et multiforme », selon les mots de la ministre. Ce projet d’actualisation de la LPM concrétise les efforts pour la consolidation de notre outil de défense. Avec un but : conserver l’avantage stratégique.
« Une armée complète et moderne »
L’actualisation de la LPM porte prioritairement sur les munitions (plus 8,5 Mds €), la défense sol-air et la lutte antidrones (plus 1,6 Md €), les drones et munitions téléopérées (plus 2 Mds €), la préparation opérationnelle (plus 1,6 Md €), l’espace (plus 3,9 Mds €), une trame chasse retravaillée (plus 3,4 Mds €), les frappes dans la profondeur (plus 1,2 Md €). Des choix qui se justifient au regard des leçons des conflits russo-ukrainiens et au Moyen-Orient et qui sont nécessaires pour, explique la ministre, détenir « une armée complète et moderne » capable de faire face à une guerre de haute intensité.
Pour renforcer le lien armées-Nation, le texte prévoit la création du service national (2,3 Mds €) et la capacité à mobiliser plus facilement la réserve opérationnelle (objectif de 80 000 réservistes en 2030). Il prévoit aussi la constitution de stocks stratégiques, la priorisation des commandes passées par les armées et le renforcement du contrôle des coûts. La création d’un état d’alerte et de sécurité nationale doit permettre une montée en puissance plus rapide par une simplification des procédures.
Toutes ces orientations visent à accompagner le réarmement de la France. Un impératif qui exige également d’amplifier l’effort industriel en renforçant la souveraineté européenne ainsi que nos partenariats stratégiques. Car la guerre ne se gagne plus seule.
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