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[Brigade Forces spéciale] Recrutement / formation initiale

Mise à jour  : 13/01/2016 - Auteur : ADC J.R Drahi

« Un rêve de gosse »

Intégrer les forces spéciales est une démarche réfléchie. Loin d’être inaccessible, cela nécessite toutefois une importante implication personnelle. Issus de profils et recrutements variés, les nouveaux arrivants ont tous un point commun : une motivation sans failles.

Ce matin, le vent balaie la dune d’une plage du pays basque. Dans ce paysage plus propice aux vacances qu’aux manœuvres militaires, une forte détonation résonne. Derrière un buisson, un petit groupe en treillis semble totalement indifférent à l’ambiance estivale et s’applique à écouter l’instructeur pour le premier atelier de la journée : le lancer de grenade.
En cette troisième semaine de la formation initiale forces spéciales Terre (FI-FST), les journées de terrain s’enchaînent, pour le plus grand bonheur des soldats qui se sentent déjà commandos. « C’est un rêve de gamin qui se réalise, explique avec un grand sourire le marsouin Thibaud. Les forces spéciales, c’est aller au bout de soi, c’est accomplir des missions dangereuses mais incroyablement enrichissantes. Je ne suis pas là par hasard, je n’ai pas soudainement vu de la lumière en passant devant le centre de recrutement, c’est une démarche assumée et réfléchie. »

Dose de motivation

En dépit d’une appellation spécifique, la FI-FST applique le même programme que celui des CFIM de l’armée de Terre. La différence vient de la sélection des engagés, celle-ci est propre aux forces spéciales. Les candidats passent une série d’entretiens psychologiques et de tests physiques ayant pour but de mesurer leur aptitude à servir dans les forces spéciales (FS). « Rien de très compliqué, constate l’adjudant-chef Jérôme de la cellule recrutement du 13e régiment de dragons parachutistes (13e RDP). Avoir un bon niveau sportif n’est pas le facteur déterminant. Il faut avant tout un moral sans faille pour tenir dans la durée et intellectuellement être capable de retenir beaucoup d’informations. Un commando, c’est la tête et les jambes et une grosse dose de motivation ». Au centre d’information et de recrutement des forces armées de Bayonne, l’adjudant Hervé voit arriver beaucoup de jeunes de la région attirés par les missions des hommes et femmes qu’ils croisent tous les jours au pied de la citadelle. « Une fois le bon candidat identifié et les agréments réussis, nous faisons notre possible pour l’envoyer en préparation militaire parachutiste force spéciale (PMP-FS). Ce n’est pas un point d’entrée obligatoire, mais c’est une bonne manière d’appréhender le monde des FS. »

Recruter dans les forces conventionnelles

« Cette PMP-FS est un excellent moyen pour un candidat de découvrir le monde particulier des commandos, explique le lieutenant-colonel Patrice, responsable des préparations militaires de la brigade. Pour l’encadrement, c’est aussi l’occasion de déceler celui qui risque de ne pas faire l’affaire ou qui paraît plus apte à servir dans autre type de régiment. » En 2015, près de la moitié des engagés initiaux FS sont passés au préalable par la PMP-FS.
Mais le recrutement initial n’est pas le seul moyen pour rejoindre les forces spéciales. Les engagés ultérieurs constituent une partie importante du vivier FS. La brigade recrute chaque année près de 160 militaires du rang issus des unités conventionnelles. « Le recrutement transverse amène du sang neuf aux forces spéciales, affirme le lieutenant-colonel Franck de la cellule RH de l’état-major. Ils nous apportent à la fois la maturité et certaine compétences qui naturellement nous intéressent." C’est aussi par ce biais que sont recrutés les sous-officiers qui se destinent au cœur de métier commando. Par un message de prospection, les candidats, avec l’accord de la DRHAT, passent l’agrément FS. Après un entretien avec l’unité souhaitée, ils intègrent la filière de formation. Le recrutement s’effectue en souplesse : EVAT et sous-officiers sont d’abord détachés au sein du régiment, leur permettant en cas de blessure ou de prise de conscience d’un mauvais choix, de retourner dans leur unité d’origine. C’est seulement à l’issue des six premiers mois passés dans les FS qu’ils sont officiellement mutés.

À 200 km des côtes basques, la brume se dissipe à peine sur le camp de Souge. Au 13e RDP, le sergent Benjamin et le dragon Jules terminent une longue et humide séance de parcours naturel. Huit ans de services les séparent, mais ils vont suivre le même cursus pendant les 13 prochains mois. Ils ne regrettent pas une seule seconde ce choix de vie. « J’avais fait mon trou dans mon ancien régiment, affirme Benjamin, pourtant j’aime me remettre en question, c’est ce qui me fait avancer. » Et Jules de conclure : « Aujourd’hui, pour rien au monde je ne voudrais être ailleurs ».

La réserve

Réorganisés depuis 2012, les réservistes des forces spéciales Terre ont un profil particulier. Les régiments ne possèdent pas d’unités constituées, mais un détachement de réserve des forces spéciales (DR-FS) articulé autour de quatre piliers : commandement organisation, formation entraînement, expertise et appui opérationnel à l’engagement. Composé principalement d’anciens militaires d’active, le DR-FS complète la mission des militaires d’active, dont le taux de projection est très important. Aujourd’hui près de 300 réservistes de haut niveau participent pleinement à la capacité opérationnelle de la BFST.


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