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Centre d'entraînement aux actions en zone urbaine

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Mise à jour : 09/03/2012 14:40

Trottoirs, éclairage publique, portes et volets qui claquent, vrais-faux blessés... Le centre d'entraînement aux actions en zone urbaine (CENZUB) offre une scénographie proche du réel. Un sous-groupement tactique interarmes (SGTIA, équivalent d'une compagnie) a pour mission de s'emparer de la ville. Les fantassins évoluent aux côtés des sapeurs, un char Leclerc arrive en renfort. En face, des militaires en treillis bleu : la force adverse (FORAD). Échanges de tirs, avancée du blindé... sous l'oeil averti des instructeurs. L'exercice fini, ils exposent leurs remarques aux stagiaires. Plus tard, un bâtiment tenant lieu d'hôtel est pris d'assaut. Une Gazelle Viviane vient en appui du renseignement. Des tirs d'artillerie fumigène font écran sur les cibles

"Le combat en zone urbaine est plus physique qu'un entraînement sur le terrain : on découvre le milieu, il y a plus d'attente et il faut faire encore plus attention : l'ennemi peut être partout !", souligne un stagiaire

 >>> Les zones urbaines, l'enjeu tactique du 21e siècle 

Kaboul, Port-au-Prince, Kinshasa, Sud-Liban... les zones urbaines sont présentes partout où l'armée de Terre est engagée. À présent, c'est en ville que la paix s'impose ou se maintient. L'entraînement en rase campagne n'est pas suffisant. Le centre d'entraînement aux actions en zone urbaine (CENZUB) a vocation d'entraîner les militaires et de former les cadres pour apprendre à travailler ensemble en zone urbaine jusqu'au plus petit niveau : c'est l'intégration interarmes.

Le CENZUB a été créé officiellement le 1er juillet 2004 sur le camp national de Sissonne. Il est dédié à la préparation opérationnelle des sous-groupements tactiques interarmes à dominante infanterie ou blindée. Le 11 septembre 2006, le centre accueillait ses premiers stagiaires.

 >>> De nouvelles infrastructures 

La France est le pays leader des opérations en zone urbaine. Centre d'entraînement et de pédagogie, le CENZUB, une fois terminé, sera le plus grand centre d'Europe dans son genre. La phase de montée en puissance de ce centre va durer plusieurs années. En 2012, le CENZUB sera la maison mère de l'entraînement en zone urbaine. À terme, il pourra accueillir des armées étrangères. D'autres installations vont être développées à Saint-Maixent, Nîmes, Coëtquidan, Montpellier...

  • Le village de combat de Beaussejour, dédié à l'instruction collective des sections et des pelotons, a déjà été réaménagé : une zone urbaine existante a été densifiée et valorisée. Un module d'acquisition des savoir-faire techniques et tactiques (MASSTAC) a été créé et permet à une section de 40 hommes de s'entraîner dans une rue escarpée aux côtés d'un char. Les instructeurs du centre peuvent contrôler le travail des stagiaires depuis les coursives surplombant les façades. 
  • Un deuxième ensemble d'un kilomètre carré composé de 4 zones (un centre ville, une zone résidentielle, une zone industrielle et commerciale et une zone d'architecture moderne) est en cours de réalisation dans le village de Jeoffrécourt. Offrant les caractéristiques d'une ville du centre de l'Europe, cette nouvelle zone bâtie permettra d'entraîner les SGTIA puis la mise en œuvre d'un groupement tactique interarmes (GTIA). 
  • Un complexe de champs de tir en zone urbaine verra le jour en 2008. Du trinôme d'infanterie jusqu'à la section, cette infrastructure permettra d'effectuer des tirs appuyés par un véhicule de combat. 

 >>> Une pédagogie novatrice 

Le commandement de la force d'action terrestre (CFAT) est chargé de la programmation de la rotation des brigades. Chaque rotation est un cycle de 15 jours de formation et restitution. Le but est d'apprendre à évoluer ensemble avec un maximum d'efficacité et de sécurité : guider les blindés en ville, savoir désigner un objectif, se protéger, maîtriser les bons signaux pour se comprendre correctement. Les "stagiaires" se préparent pendant plusieurs mois afin d'acquérir les pré-requis rendant profitable cette rotation de 15 jours. Chaque rotation met en lumière les forces et faiblesses d'une unité. C'est une photo instantanée.

L'instruction menée au CENZUB s'articule autour du détachement interarmes (DIA). Sa composition varie en fonction de la mission : il peut être à dominante infanterie ou blindée et être renforcée de moyens spécifiques (équipe cynophile...) Des villages de combat existent dans plusieurs camps pour l'entraînement commando. Ici, la nouveauté est que l'entraînement se fait en présence de forces adverses (FORAD) pour effectuer des démonstrations et "donner la réplique".

Le CENZUB permet d'aborder une zone de combat complexe : une zone urbaine se compose de trois niveaux (sol, sous-sol, étages), il s'agit d'un milieu humain où se côtoient civils et militaires, avec une contraction du temps et de l'espace.

Ce camp est le seul endroit où s'entraînent en même temps des chars, le génie et l'artillerie. Le combat interarmes est particulier. Dans la 1re semaine de stage, le but est d'accepter l'autre, faire confiance. C'est un travail collectif : remettre sa vie dans les mains de l'autre car en zone urbaine, seul, rien n'est possible. Il faut "cohabiter".

Un séjour au CENZUB se compose d'une période d'instruction au niveau du DIA et d'une période d'entraînement au niveau du SGTIA. En 2015, le CENZUB pourra entraîner un GTIA soit plus de 500 hommes.

Le chef de bataillon Charles Arminjon, cellule formation du CENZUB : "La ville est un espace clos, les rues ne sont pas forcément larges. On va y fait cohabiter un blindé de 60 tonnes et un fantassin qui pèse 80kg. On n'a pas le droit à l'erreur, cela demande beaucoup de travail, de répétition. Toute la difficulté est de bien se comprendre et d'obéir à quelqu'un qu'on ne connaît qu'au dernier moment, qui n'a pas les même repères ni la même perception. C'est aussi ce qui fait toute la richesse de l'interarmes : un cavalier ne voit pas le terrain comme un fantassin, quand ils travaillent en osmose, cela permet d'appréhender de façon exhaustive la situation. Cela existait avant au niveau capitaine/commandant d'unité, on appelle cela la coopération interarmes. Ici, l'intégration interarmes se fait à un niveau inférieur : il s'agit d'intégrer des blindés dans une section infanterie."

  >>> Missions  

Les missions du CENZUB sont :

  •  l'entraînement interarmes au niveau du sous-groupe tactique interarmes (SGTIA), soit 250 hommes environ, 
  •  l'instruction collective des différentes composantes de ce SGTIA, 
  •  le complément d'instruction des sections et pelotons : tir en zone urbaine... 
  •  en 2015, l'entraînement d'un groupe tactique interarmes - soit 800 hommes - au moyen de la simulation,
  •  missions secondaires : former les officiers et sous-officiers, expérimenter et recueillir des données (retour d'expérience). 

La section technique de l'armée de Terre (STAT) essaie parfois de nouveaux matériels sur ce camp.

 >>> Lexique <<< 

 GTIA : groupement tactique interarmes. Environ 800 hommes.

 SGTIA : sous-groupement tactique interarmes. Environ 200 hommes.

 DIA : détachement interarmes sous commandement unique d'un chef de section d'infanterie ou d'un chef de peloton blindé. 50 hommes, format temporaire adapté à l'entraînement. Est composé par exemple d'une section d'infanterie, de deux chars Leclerc et d'un groupe génie, aux ordres d'un adjudant.

 FORAD : force adverse. Constituée d'une unité élémentaire, elle est employée comme force de démonstration et force ennemie lors des phases d'instruction. Une compagnie affectée au CENZUB est formée pour tenir ce rôle.

Droits : Armée de Terre 2012

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