La mise en condition des réservistes représente un élément incontournable de leur préparation opérationnelle. La finalité ? Etre projetable à tout moment.
Il n’est plus rare de voir une compagnie constituée de réservistes armer un détachement Vigipirate. Comme le raconte le capitaine réserviste (R) Thierry Dael, du 4e bataillon des Écoles de Coëtquidan : « En 2008, j’étais commandant d’unité de la 5e batterie du 11e régiment d’artillerie de marine (11e RAMa) et nous étions projetés à Paris pour Vigipirate. On m’avait affecté un capitaine d’active du régiment comme adjoint. Au début, il nous jaugeait. À la fin du séjour, il a totalement ravisé son jugement. Il était très impressionné par le professionnalisme de la compagnie et s’en est même ouvert au chef de corps, dans son compte-rendu. Et le résultat ne s’est pas fait attendre : la réussite de ce Vigipirate a permis le départ au Gabon d’une section (R) Proterre l’été suivant ! ». Et effectivement, chaque été, des sections de réserve sont projetées pour des missions Proterre au sein des forces prépositionnées.
« Il a fallu planifier l’instruction un an avant. Il faut toujours avoir ce temps d’avance avec les réservistes car ils ne sont pas présents tous les jours au régiment », explique le capitaine Daniel Zeggada, officier traitant au bureau opérations instruction du 21e régiment d’infanterie de marine (21e RIMa) de Fréjus. La programmation était complète : sauvetage au combat (SC1), instruction sur le tir au combat (ISTC), 2 jours au Centre d’instruction et d’entraînement commando en milieu aquatique (CIECA) du régiment… La validation avant projection (VAP) s’est terminée par un rallye groupe avec tirs et ateliers, un exercice tactique et un module de combat de niveau section.
Autre MCP : celle du 6e escadron de transport du 511e régiment du train (511e RT) d’Auxonne. Une section part en Martinique, une autre en mission Vigipirate dans le sud de la France. Tout est passé au crible : tir ISTC, SC1, techniques d’intervention opérationnelles rapprochées (TIOR), combat en localité… « Lorsque nous accomplissons une mission, notre régiment met tous les moyens possibles à notre disposition afin que nous puissions nous mettre en condition. Et les résultats sont là ! L’année dernière, durant Vigipirate, notre brigade nous a évalués et nous avons été félicités », ajoute, non sans fierté, le capitaine (R) Ghislain de Brunier, commandant d’unité de l’escadron.
Une réserve bien entraînée permet de faire face à la simultanéité des opérations de l’armée de Terre. La prépa ops est donc devenue une priorité pour le Commandement des forces terrestres (CFT). Elle s’appuie sur des parcours normés adaptés et vise à faire acquérir le même niveau d’entraînement et de compétence que le personnel d’active, pour remplir des missions intérieures ou des opérations extérieures.
Tous ces objectifs ont été atteints. Nouveau défi à relever : le Guépard réserve, dispositif d’alerte de la réserve opérationnelle sur le territoire national, mis en place cet été, et qui bouscule les habitudes. « Il s’agit de constituer une réserve d’alerte qui pourrait être activée sous 48 heures pour des missions de type MISSINT ou d’assistance à la population sur notre territoire », explique le colonel Yves de Guigné, adjoint du délégué aux réserves de l’armée de Terre (DRAT). Un vrai défi car les réservistes, qui doivent s’organiser avec leurs employeurs, ont besoin bien en amont d’une vision très précise de leurs activités.
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