Objectif de l’école nationale des sous-officiers d’actives (ENSOA) : faire acquérir aux futurs sergents un comportement de soldat et de chef, capable de commander, instruire, éduquer un groupe de 10 hommes.
Basée à Saint-Maixent-l’École, l’ ENSOA, maison mère des sous-officiers d’active et de réserve de l’armée de Terre, forme les engagés volontaires de recrutement externe et interne. Durant 8 mois pour les jeunes issus du recrutement direct, qui ont tout à apprendre du métier de militaire, et 4 mois pour les semis-directs, les engagés volontaires sous-officier (EVSO) apprennent les actes réflexes du combattant et du trinôme. ( voir la semaine type des EVSO).
Pour les 1 100 stagiaires présents au quotidien, 350 cadres sont dédiés à la formation. Chaque section bénéficie de 3 cadres de contact : le chef de section, son adjoint et un formateur, qui sont les interlocuteurs privilégiés des EVSO. ( vidéo : depuis l’Afghanistan, le sergent-chef Batiste se rappelle ses cadres à Saint-Maixent)
Plus qu’une formation initiale, l’ENSOA forme des chefs au premier niveau de commandement. Le savoir-faire technique indispensable devient outil du savoir-être.
Le sergent-chef Denis Fargeot, d’origine semi-direct, a rejoint l’encadrement de Saint-Maixent 3 ans après sa sortie d’école. Il comprend les appréhensions des EVSO : « Je ne me suis considéré comme sergent qu’après une année en régiment. C’est difficile de passer la main, au début. Puis on délègue et on se rend compte que ça fonctionne mieux. Il faut le faire en bonne intelligence et rester humble. Mais cette appréhension est saine, c’est un bon moteur. »
Le jeune sous-officier doit savoir encadrer des soldats en s’appuyant sur la maîtrise des outils pédagogiques et des textes de référence. L’ambition de Saint-Maixent pour ses jeunes : être éduqués et faire à leur tour de la pédagogie en quelques mois.
L’adjudant Sandra Lemercier, référent sport, explique ses objectifs : « nous entraînons les EVSO pour réaliser les meilleures performances physiques. Mais la seconde partie de notre travail consiste à former des pédagogues afin qu’à leur tour, en sortant de Saint-Maixent, ils puissent conduire des séances de sport ».
Lors du constat final sanctionnant le certificat militaire de 1er degré, les EVSO sont évalués sur une « épreuve éducateur » pour juger de leur aptitude à être chef. Devant un jury, ils « piochent » un cas concret de discipline, visionnent une vidéo de la scène et présentent leur réaction à chaud, puis à froid.
Une formation indispensable pour Jonathan Lauhea, EVSO, ancien militaire du rang : « Avec 6 ans de service, j’ai participé à l’encadrement de deux CFIM, mais aujourd’hui l’ENSOA m’apporte une maîtrise de la pédagogie militaire, indispensable à la formation des plus jeunes ».
Sources : Lieutenant Rossi / TIM
Droits : Armée de Terre 2012