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Dans le civil ou dans l’armée : nous sommes tous acteurs du renseignement.

Mise à jour : 13/09/2012 12:10

Le lieutenant-colonel Jean-Jacques Cambay est réserviste et consultant formateur en intelligence économique, l'équivalent civil du renseignement militaire. Recueillir, analyser, synthétiser, gérer, exploiter et diffuser l'information : voilà tout ce qui se cache derrière le renseignement. Et chacun d’entre nous y participe. Et vous, êtes-vous acteur du renseignement ?

> Comment définiriez-vous le renseignement militaire ?

C'est le management de l'information. Le renseignement c'est gérer de l'information, recueillir, analyser, synthétiser, exploiter, diffuser l'information, en vue de la prise de décision.

> Existe-t-il plusieurs types d'informations ?

On peut distinguer trois types d'informations :

  • l'information blanche : elle est librement et légalement accessible. Il s'agit de tout ce qu'on peut trouver dans la presse, sur internet, sans forcément vouloir dire qu'elle est gratuite, elle représente a peu près 90% de l'information dans le civil ;
  • l'information grise : c'est ce qui est dans la tête des experts. Elle est légalement accessible mais pas librement accessible. Pour l'obtenir, il faut discuter avec les personnes, et à visage ouvert. C'est à peu près 5% de l'information disponible, et elle a une valeur ajoutée beaucoup plus forte que l'information blanche ;
  • l'information noire : elle n'est pas légalement accessible. C'est entre autres l'espionnage industriel ou économique. Elle ne représente que 5% de l'information et elle a un gros inconvénient, c'est qu'il est difficile de l'utiliser sans révéler qu'on l'a eue de manière illégale.

Les frontières entre chaque type d'information sont assez floues.

> Y a t il une différence entre le renseignement civil et militaire ?

On peut distinguer une différence fondamentale dans ce qui concerne les règles d'accès à l'information. Dans le civil, particulièrement dans le domaine de l'intelligence économique, il y certaines choses qui sont interdites par la loi. Dans le domaine militaire, il n'y a pas les mêmes contraintes. Un état peut faire du recueil de renseignements. Alors qu'une entreprise elle ne peut recueillir de l'information que de manière légale. Un état peut ainsi faire de la reconnaissance aérienne par exemple, a le droit de faire des écoutes téléphoniques, dans certains cas, alors que dans le civil c'est complètement interdit pour les entreprises. L'espionnage industriel rentre dans le cadre de ces interdits. Il existe d'autres différences entre le renseignement militaire et le renseignement civil. Le renseignement militaire on est surtout dans la recherche. Dans le civil, c'est beaucoup plus large, avec une partie veille, une partie sécurité de l'info, pour protéger le patrimoine informationnel, et aussi pour maintenir une part d'influence.

> Quelle importance donnez-vous au renseignement dans notre société aujourd’hui ?

C'est le nerf de la guerre. « Le renseignement c'est le début de la victoire », dit-on. Sans renseignement on ne peut pas gagner. Aussi bien dans le milieu militaire que dans le civil. Par exemple, quand deux entreprises sont en concurrence, c'est celle qui est bien renseignée qui a de fortes chances de gagner face à celle qui est mal renseignée.

> Sommes-nous vraiment tous acteurs du renseignement ?

Oui. Dans une entreprise, la plupart du temps, c'est le commercial qui donne le plus de renseignements. Parce qu'il bouge beaucoup, il va dans les salons, il va à la rencontre des clients, qui peuvent lui donner des informations sur les entreprises concurrentes. Dans l'armée c'est pareil : les hommes sur le terrain rapportent le plus d'informations.

> Est-ce une démarche volontaire ?

Le plus souvent, oui. On peut distinguer plusieurs types de motivations pour être acteur du renseignement : une prime, une mise à l'honneur, une récompense... Quand on dirige l'intelligence économique d'une entreprise, on apprend vite qu'il faut récompenser ceux qui rapportent des informations, ne serait-ce qu'en les remerciant. C'est le meilleur moyen d'entretenir la motivation à ramener de l'information.

> Comment recueille-t-on de l'information ?

On peut distinguer deux façons de recueillir de l'information : le recueil humain et le recueil technologique. Aujourd’hui il est difficile de savoir laquelle prime sur l'autre.

> Quelle est l'utilité du renseignement ?

Il y a déjà une utilité en amont, pour éviter de se faire surprendre, aussi bien dans le civil que dans le militaire. Après, il est aussi utile pour le bon déroulement d'une opération. Par exemple, le débarquement des alliés en 1944 a réussi parce que les alliés avaient la supériorité informationnelle, mais aussi parce qu'ils ont gêné les allemands dans leur système de transmission d'informations.

Droits : Armée de Terre 2012

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