Destination le camp des Garrigues et le Puy-en-Velay où la 3e brigade mécanisée (3e BM) et le 4e régiment du matériel (4e RMAT) n’ont pas attendu la directive sur la POD pour mener leur instruction collective jusqu’au niveau unité élémentaire et état-major tactique.
Remettre un pied sur le terrain. C’est ce que précise la directive sur la préparation opérationnelle décentralisée (POD) et ce qu’a souhaité le général Bernard Barrera, commandant la 3ebrigade mécanisée (3e BM). En juin dernier, la 3eBM a organisé deux exercices distincts dans un désert militaire, la région du Puy-en-Velay :
« Le commandant de la brigade voulait sortir du schéma traditionnel. S’entraîner dans un camp où les habitudes se créent est plus simple qu’en terrain libre. Avec ces deux exercices, nous voulions revenir aux bases », résume le capitaine Franck Péron, officier traitant au bureau préparation opérationnelle de l’EM 3eBM. En nouant des liens avec les mairies environnantes qui prêtent leurs infrastructures, les terrains libres peuvent s’avérer un gain d’économie. « Il n’y a pas que ça ! Le terrain libre permet de redécouvrir ensemble les conditions réelles du terrain. Nous avons pu effectuer du combat dynamique et faire des bascules de PC. Nous devons donner ou redonner aux cadres le goût et l’initiative de franchir les portes du quartier. Le secret : faire travailler les sections avec leur matériel », confie le général Barrera.
Camp des Garrigues : le cliquetis des rangers vient contrarier le chant des cigales annonçant la période estivale. Comme tous les trimestres, les maintenanciers du 4e régiment du matériel (4e RMAT) de Nîmes lâchent clés à molette et fers à souder pour arpenter cet espace d’entraînement de niveau 1+. « Malgré le fort taux de projection, nous tenons à programmer ces séquences trimestrielles d’instruction régimentaire (STIR) pour garantir la mise à jour des savoir-faire fondamentaux. C’est notre troisième STIR et ces deux jours d’entraînement n’impactent en rien nos missions habituelles », affirme le colonel Marc Jaylet, commandant le 4e RMAT jusqu’en juillet 2012. Être abonné à un camp comme celui des Garrigues est une chance pour ces soldats logisticiens. Ces séquences regroupent tous les fondamentaux de la POD :
« Cela fait trois mois que nous planchons sur cette activité impulsée par les directives du chef de corps en matière de préparation opérationnelle. Elle est suivie d’une demi-journée d’instruction au quartier. Nous avons fait des reconnaissances sur le terrain et nous changeons chaque fois de zone sur le camp pour éviter toute habitude. Nous n’avons aucune difficulté à obtenir les moyens. Il faut juste planifier les demandes », assure monsieur Pierre Suisse, responsable des stages et des formations au bureau maintenance opérations et instruction (BMOI). « C’est du "drill" pour être opérationnel en OPEX et atteindre les objectifs du service de la maintenance industrielle terrestre (SMITer) : 17 jours/homme/an (le 4e RMAT en est à 19). C’est une démarche qui s’inscrit dans le long terme. Ces STIR n’ont rien d’un effet de mode », ajoute le capitaine Jean-Claude Hilion, officier instruction au BMOI.
Sources : CNE C. Brunetaud/TIM
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