La formation a été revue et adaptée. La création du nouveau Pôle Interarmées de traitement du danger des munitions et des explosifs (PIAM) en 2011, notamment de son centre de formation a d’ailleurs découlé de ce changement. La formation à la lutte contre-IED (C IED) ne se limite plus aux spécialistes, tout le monde est concerné. Le personnel projeté des trois armées est sensibilisé à la menace pendant sa mise en condition avant projection sur un théâtre d’opération. Réagir à une attaque ou connaître la règle du 5-25 n’est pas réservé qu’aux sapeurs.
Ce genre de formation au niveau de l’armée de Terre est relayé à tous les niveaux : Les référents C-IED dans chaque régiment assurent l’intégration de la menace dans la planification des exercices. Les organismes tels que le CENTAC, le CENZUB et le DAO disposent des structures adaptées à l’entraînement C-IED. Les régiments de l’armée de Terre y bénéficient de parcours d’entraînement ou de zones dédiées avant d’être projetés. Enfin, la formation des spécialistes reflète cette nouvelle façon d’appréhender le C-IED. La destruction et la neutralisation restent centrales, mais ne sont qu’une partie des enseignements. Fouille, déminage, travail d’enquête, les compétences se croisent et se diversifient.
LE CIAM, centre de formation interarmées
Le CIAM est un organisme interarmées qui forme tous les spécialistes du ministère de la Défense au traitement du danger des munitions et des explosifs.
Pour cela, le Centre est organisé en trois départements.
Le premier départementforme les spécialistes en déminage. Quand l’armée française intervient sur un théâtre d’opérations comme c’est actuellement le cas en Afghanistan ou au Liban, elle doit faire face aux nombreuses munitions non explosées du champ de bataille, parfois à des champs de mines. Elle doit également lutter contre les engins explosifs improvisés (sortes de bombes artisanales) qui sont mis en place par les insurgés afin de gêner sa liberté de mouvement.
Le CIAM forme donc les officiers et les sous-officiers spécialistes en déminage et en « dépollution »du champ de bataille dont certains acquièrent également la compétence pour traiter les engins explosifs improvisés. Enfin, un nombre plus restreint suit une formation sur le traitement des munitions dites « à chargement spécial », c’est-à-dire essentiellement les munitions chimiques.
A côté de la formation au déminage, nous avons un départementchargé d’instruire des moniteurs et des officiers spécialisés dans la lutte contre les engins explosifs improvisés. Il ne s’agit pas de leur apprendre à neutraliser ces engins mais de leur permettre de faire face sur le terrain à cette menace et connaître les bonnes techniques pour se sortir du guêpier auquel les Forces peuvent être confrontées.
Enfin, un troisième département est spécialisé dans l’attaque des réseauxde poseurs d’engins explosifs improvisés. Il s’agit de former des spécialistes en fouille opérationnelle. Leur mission est de trouver les caches d’armes et les caches de munitions avec du matériel de détection très sophistiqué afin que les insurgés ne puissent pas poser des engins explosifs artisanaux contre la Force. Ce département forme également les spécialistes de « l’exploitation des réseaux ». Ces experts rompus aux techniques d’investigation criminelle, recueillent avec précaution sur le terrain tous les indices trouvés d’un engin explosif improvisé afin de les étudier en laboratoire et ainsi, identifier dans la mesure du possible celui qui l’a posé ou celui qui l’a fabriqué.
A qui sont-elles destinées ?
Pour l’armée de terre, ces formations sont essentiellement destinées aux cadres du génie, officiers et sous-officiers. Ils acquièrent des compétences de base au sein de leur formation initiale et se perfectionnent tout au long de leur carrière. Ce sont des formations exigeantes mais passionnantes. Elles aboutissent à des missions concrètes en opérations extérieures.
Droits : Armée de Terre 2012