En matière d’énergie, l’armée de Terre poursuit une logique d’économie et engage ses formations à recourir à des systèmes de production d’énergies renouvelables, respectueuses de l’environnement : chaufferies biomasse, lampadaires solaires…
Préserver l’environnement, c’est aussi faire des économies… d’énergie ! Dans l’armée de Terre, trois axes sont privilégiés :
Pompe à chaleur air-eau : depuis l’été 2011, l’armurerie du camp de Ger du 1er régiment de hussards parachutistes (1er RHP) de Tarbes bénéficie d’une installation de chauffage des plus modernes, alliance de l’économie et de la performance énergétique. Comme l’oxydation touchait gravement le matériel entreposé (humidité excessive), le régiment a fait appel au fond d’intervention pour l’environnement (FIE) pour mettre en place une solution de chauffage à énergie renouvelable. Une pompe à chaleur air-eau a été installée par l’unité du service infrastructure de Défense (USID), pour chauffer près de 300 m². Ce nouvel aménagement est 3 fois moins cher que l’ancienne chaudière au gaz. Plus respectueuses de l’environnement, les énergies renouvelables sont aussi plus productives et plus rentables.
Panneaux solaires : en Corse, le centre amphibie et le chalet Vergio du 2e régiment étranger de parachutistes (2e REP) de Calvi, sont des infrastructures militaires nécessaires à la formation des compagnies spécialisées dans le combat amphibie et dans le combat en montagne. Elles participent aussi à l’aguerrissement du régiment et des corps extérieurs lors d’exercices. Sites isolés, au cœur de la forêt corse, ils ont besoin d’électricité, d’eau chaude et de chauffage. Dans une logique environnementale, le régiment réalise des économies et favorise le milieu naturel avec un projet pour chaque site, proposé au titre du fond d’intervention pour l’environnement (FIE). Avec l’aménagement d’un dispositif de panneaux solaires pour la production d’électricité, d’eau chaude sanitaire et de chauffage sera aménagé, les deux emprises seront totalement autonomes. Et ces actions s’inscrivent dans un projet plus ambitieux, pour le respect de l’environnement, de reboisement de la zone d’Alzetta.
La chaufferie à bois : automne 2011, le camp militaire de La Courtine s’est équipé d’une chaufferie biomasse, de 2,3 MW, pour chauffer ses installations. Elle fonctionne majoritairement à partir d’une chaufferie à bois. Un système au fuel est prévu en appui, en cas de panne ou de grand froid. Dans une logique de développement durable, cette chaufferie est alimentée par du broyat forestier, obtenu à partir de résidus (souches, branches, débris de tempête) récupérés dans les forêts de la région. À plein rendement, en hiver, l’installation consomme jusqu’à 24 tonnes de broyat chaque jour pour chauffer les 90 bâtiments et produire de l’eau chaude. Bien que l’installation soit récente, la possibilité de brûler le rémanent des 5 100 hectares de forêt de la Courtine est déjà en cours de réflexion. L’ensemble du fonctionnement de la chaufferie est automatisé. Une pelle approvisionne le système en puisant dans les 1 700 m3 de stock de broyat. En bout de chaîne, les cendres sont humidifiées et ne s’échappent pas dans l’atmosphère. Et contrairement à l’ancienne installation au charbon, la chaufferie biomasse ne dégage quasiment pas de souffre, propre aux énergies fossiles, et elle est donc plus encore plus respectueuse de l’environnement !
Energie solaire pour ciblerie : le camp de Saint-Cyr-Coëtquidan s’est équipé fin 2011 de panneaux solaires pour alimenter les cibles basculantes. La batterie de la cible est en permanence rechargée par des panneaux au pied de la basculante, sur le pas de tir. Depuis mi-novembre, le camp est doté de 30 cibles ultramodernes.
Assainissement des eaux usées : le recyclage des eaux de bivouac au Bois-du-Loup est un exemple représentatif des efforts du camp en faveur de l’environnement. Depuis septembre 2011, les eaux usées du bivouac sont filtrées par lagunage. L’eau passe dans plusieurs bacs à sable avec différents niveaux de filtrage puis suit une zone de méandres plantée de roseaux et saules : l’eau est purifiée puis rejetée, libérée des phosphates.
La chênaie de Boësse : 74 chênes « têtards » référencés sur le camp d'Avon, à proximité de l'école nationale des sous-officiers d'active (ENSOA) de Saint-Maixent sont les seuls de la région. Plantée il y a plus de 300 ans pour le bois de chauffe, sous forme de verger, cette forêt exceptionnelle, servait aussi de pâturage. Le nom de chêne « têtard » vient de la forme de taille : le tronc est retaillé à 2/3 mètres de hauteur. Pour six arbres, 50 stères sont produites par an par un sous-officier et cinq militaires du rang. L’adjudant-chef Jean-Jacques Audonnet insiste: « Ici, il faut aimer la nature. »
Sources : Capitaine Séverine Bollier/TIM
Droits : Armée de Terre 2012