L’économat des armées (EDA), centrale d’achat du ministère de la Défense, s’engage en faveur du développement durable au-delà de nos frontières, pour les achats ou le traitement des déchets. Quelques exemples en Guyane et en Afghanistan…
Traitement des déchets en Afghanistan sur le camp de Warehouse
Le traitement des eaux usées : une station d’épuration, comprenant deux cuves d’une capacité de 500m3 est implantée sur le camp, depuis 2004. Elle distribue chaque jour près de 400m3d’eau. L’eau est pure à 90 %. Une analyse est faite tous les six mois pour contrôler le pouvoir épuratoire de la station.
Le traitement des déchets : 40m3 d'ordures ménagères sont traitées chaque jour, soit près de 40 conteneurs ! Les déchets techniques, comme les huiles de vidange, sont démilitarisés. Les déchets médicaux, conditionnés dans des boîtes scellées, sont réceptionnés de tous les postes de secours, puis incinérés.
Le traitement des piles au lithium : Les piles au lithium sont conditionnées sous films plastiques individuels pour éviter les courts circuits, puis mises dans des fûts et envoyées dans des conteneurs à destination du 12e bataillon de soutien du matériel (12e BSMAT). Fin 2010, près de 20 tonnes ont été envoyées en France.
Achats durables en Guyane
En Guyane, l’EDA s’attache à appliquer les directives développement durable à travers des achats de produits locaux, issus de l’agriculture biologique ou raisonnée.
Sur le camp du 3e régiment du service militaire adapté (3e RSMA), à Saint-Laurent-du Maroni en Guyane, l’adjudant-chef Emmanuel Lacombe, directeur adjoint du cercle-mess, vérifie les cagettes avant qu’elles ne disparaissent dans les chambres froides. Depuis le marché passé via l'EDA, l’union des producteurs agricoles de Mana (UPAM) livre régulièrement le 3e RSMA en fruits et légumes. « L’UPAM a la possibilité d’être réactive car elle s’adresse aux producteurs locaux et entretient un lien de réelle proximité avec ses abonnés », explique Gregory Albarede, animateur de la filière fruits et légumes de l’ouest guyanais. « Le circuit producteurs-consommateurs est court, les coûts d’acheminement diminués et la fraîcheur des produits garantie. »
Le prix n’est plus le principal argument pour l'EDA. « Depuis le Grenelle de l'environnement de 2007, la Défense met en œuvre des politiques de développement durable à travers ses achats. Elle tient compte de
l’avenir des petites et moyennes entreprises et de la qualité environnementale des productions. Ce sont des achats responsables à des fournisseurs responsables », explique le commissaire capitaine Olivier de Miras, de la mission achat du secrétariat général pour l’administration (SGA).
En Guyane, l’EDA s’inscrit parfaitement dans cette logique car il garantit l’achat de denrées à l’UPAM. L’UPAM affirme une démarche structurante pour les petits producteurs. Chacun individuellement n’a pas les moyens de répondre à une offre publique. L’UPAM regroupe les producteurs, et peut participer aux appels d’offres publiques.
« L’UPAM est en mesure de proposer des produits variés, mais surtout elle garantie leur qualité », insiste Caroline Varin, ingénieur agronome, membre de l’UPAM. Les fruits et légumes sont issus de l’agriculture biologique ou raisonnée. Leur production est conforme au plan Ecophytodom (en référence à écologie, plantes et département d’outre-mer) porté par le ministère de l’agriculture depuis 2008 pour faire baisser l’utilisation de produits phytosanitaires dans l’agriculture.
Qualité des produits, fraîcheur, la préservation de l’environnement et développement local. Le commissaire capitaine Raphaël Jean-Lis, directeur administratif et financier du 3e RSMA, explique : « Les achats de produits locaux stimulent la production locale et donc le marché du travail, ce qui crée de l’emploi. Le RSMA est un organisme de formation préprofessionnelle. Le dynamisme local est indispensable si nous voulons reclasser les jeunes que nous formons. »
Sources : Capitaine Séverine Bollier/TIM
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