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Voyagez dans la science des XVIIIe et XIXe siècles

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Mise à jour : 12/09/2012 10:17

Lors des Journées européennes du patrimoine les 15 et 16 septembre prochains, l’école de médecine navale de Rochefort  (Charente-Maritime) nous propose une plongée exceptionnelle au coeur de la science et de la marine des XVIIIe et XIXe siècles. Interrogé, Denis Roland, le responsable des collections, nous éclaire sur les lieux  et les trésors qui y sont renfermés.

A l’occasion de cette édition 2012 des Journées européennes du patrimoine, le musée national de la Marine invite le public à découvrir ou à redécouvrir un lieu d'exception, institution majeure de l’arsenal maritime de Rochefort : l’école de médecine navale.
Des visites découvertes guidées de 30 minutes sont proposées aux visiteurs avec un départ prévu toutes les 20 minutes, de 10h00 à 18h00, afin de vivre pleinement cette aventure autour du patrimoine maritime et scientifique.
Entrée gratuite. Réservation recommandée au 05 46 99 59 57

                                                                                                                         

Première école de chirurgie navale au monde, cette institution s’installe en 1788 dans un pavillon du nouvel hôpital de la marine où elle se trouve encore aujourd'hui. Au XIXesiècle, les officiers de santé sont des représentants de la science européenne partout dans le monde, à terre comme à bord. Ils décrivent, dessinent et rapportent des témoignages nouveaux en botanique, en zoologie, en géologie et en ethnologie. Détenus à Rochefort, tous ce matériel et ces livres servent à la formation des chirurgiens embarqués à bord des navires.

Entretien avec Denis Roland

Responsable des collections et de la médiation au musée national de la Marine et à l’école de médecine navale de Rochefort, Denis Roland nous présente l'Ecole et les richesses que peut y découvrir le public.

SGA/Com : Quelles ont été les apports de l'école de médecine navale pour la médecine en générale, la médecine contemporaine ?

Denis Roland: Lors de la création l’école en 1722, ses objectifs sont pédagogiques : faire face au désastre sanitaire que représente un navire de guerre en mer, en formant correctement les chirurgiens embarqués. Il n’y a pas d’ambition affichée en termes de recherche médicale. Pourtant, la méthode pragmatique mise en place, où l’observation et l’efficacité priment sur l’explication théorique, distingue rapidement les chirurgiens qui sont des praticiens, des médecins considérés comme des intellectuels. Cette méthode contribue au progrès de la pratique chirurgicale, à l'invention d'instruments mieux adaptés, à la découverte de traitements nouveaux et à l'amélioration des pratiques en termes d’hygiène. La médecine tropicale doit beaucoup aux travaux de ces chirurgiens embarqués. L’intérêt que portent les officiers de santé à la pharmacopée des peuples rencontrés au cours de leur voyage également aussi de nouvelles pistes. Le quinquina est l'exemple le plus connu. Par ailleurs, cette médecine de guerre, confrontée aux amputations, s’investit fortement dans la conception de prothèses et la chirurgie réparatrice.

SGA/Com : Que peut découvrir le visiteur au cours de ses pérégrinations dans les collections habituelles ?

Denis Roland : L’école de médecine navale a constitué pendant 200 ans une bibliothèque, qui compte aujourd’hui 25 000 volumes, et des collections dans les domaines investis par les officiers de santé : anatomie et pathologie humaines, instruments de chirurgie, pharmacie, zoologie, botanique, ethnologie, phrénologie, minéralogie. Au total plusieurs milliers d’échantillons et d’objets classés dans leurs vitrines anciennes. Aujourd'hui, le visiteur peut découvrir ces documents dans leur aménagement d'origine qui  remonte aux années 1860. Un aménagement sur trois niveaux : espaces de prestige au rez-de-chaussée, où l’école se met en scène elle-même, bibliothèque au 1erétage et collections au deuxième. Resté figé dans le temps, ce lieu offre une plongée dans la vision du monde de ces marins, médecins et naturalistes, de la fin du XIXe siècle.

SGA/Com : Le thème de cette 29ième édition des Journées européennes du patrimoine est les "Patrimoines cachés". Des animations particulières sont-elles  envisagées ? Le public doit-il s'attendre à voir des pièces issues de vos réserves, rarement exposées ?

Denis Roland : Comme tous les lieux qui conservent des collections d’anatomie humaine, l’école de médecine navale génère beaucoup de fantasmes, en particulier sur d’hypothétiques réserves remplies de spécimens forcément monstrueux. Ce petit musée des horreurs n’existe pas. Et il est important pour nous d’ouvrir le lieu, tous les jours, dans sa totalité. Ici, il n’y a rien de caché ! En revanche, l’extrême richesse de ce lieu, en termes de collections, d’ouvrages, de thèmes, de formes, de matières, d’ambiances, exige plusieurs visites. Et nous sommes loin d’en avoir fait le tour. Le patrimoine caché, ici, c’est objet que l'on n’avait pas encore repéré, l’histoire que l’on apprend. Une découverte renouvelée, un sentiment encore non éprouvé etc.

 

Sources : SGA/DMPA
Droits : Mindef/SGA

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