Le ministère de la Défense a une responsabilité particulière dans le domaine de l'environnement. Il occupe en effet des espaces naturels importants, possède le premier parc immobilier de l'État, exploite des installations classées pour la protection de l'environnement, définit, met en oeuvre et gère la fin de vie des systèmes d'armes.
Réparer les dommages à l’environnement en cas de pollution. En 2011, le ministère de la Défense a consacré 29,67 M € (source Plan d’emploi des autorisations d’engagement du P212) à la dépollution, répartis entre les opérations de dépollution industrielle et pyrotechnique (27 M€) et les diagnostics préalables (études historiques de pollution pyrotechnique et schéma conceptuel pour un montant de 2,67 M€).
Ces opérations concernent essentiellement des sites restructurés [Metz(57) 880K€, St Cyr l’Ecole (78) 1 659 K€, la Courneuve (93) 1 750 K€, Thouars (79) 1 713 K€] mais également des sites conservés par le ministère de la Défense [Villacoublay (78) 5 100 K€, Champagné (72) 400 K€] sur le territoire national.
Ces opérations concernent à la fois des opérations de dépollutions industrielles et pyrotechniques. Dans les deux cas, pour les emprises cédées, les travaux de dépollution sont réalisés en fonction de l’usage futur du site défini par l’acquéreur (création de logements, activités tertiaire ou industrielle, maintien de l’usage).
Les opérations de dépollution industrielle des sols visent principalement les pollutions par hydrocarbure (liées à ses stations de distributions de carburant, à des dépôts d’hydrocarbure), au PCB (transformateurs) ou aux métaux lourds liées à des activités de maintenance ou d’exercice (cabine de peinture, stand de tir ou stockage de métaux).
Les opérations de dépollutions pyrotechniques pour leur part consistent à détecter, déterrer, identifier, neutraliser des munitions non explosées dans ou à même le sol et tout engin disposant d’un système de mise à feu pyrotechnique.
Plusieurs types de pollution pyrotechniques doivent être distingués :
Pour ces opérations, le ministère de la Défense fait appel :
Si les unités NEDEx/EOD interviennent prioritairement (301 équipiers projetés en 2011/ plus de 201 tonnes de munitions traitées) en opération extérieure (Afghanistan, Kosovo, Tchad…), elles peuvent également intervenir ponctuellement sur les terrains militaires en France. Ces unités sont réparties sur le territoire national au sein des armées en groupes régionaux d’intervention (GRIN) appartenant aux trois armées (terre, air et marine nationale) et à la Direction générale de l'armement (DGA). Ces unités représentent un effectif d’environ 500 personnels qualifiés EOD (éléments opérationnels de déminage / dépollution) ou IEDD (improvised explosive device disposal).
En 2011, les militaires de la fonction NEDEx/EOD ont neutralisé 87 tonnes de munitions (11 tonnes de matières actives) dans le cadre de 477 interventions ou opérations de dépollution dans une surface d’environ 60 ha sur le territoire national notamment sur :
Ils ont également opérés sur des emprises françaises en Afrique (à Dakar au Sénégal).
Le ministère de la Défense pour chaque emprise cédée réalise une étude historique qui a pour objet de vérifier si le site est présumé pollué sur le plan pyrotechnique. Pour la période 2008-2014, 336 études historiques seront réalisées.
En cas de présomption de pollution pyrotechnique, un diagnostic pyrotechnique est réalisé et, en fonction de l’usage futur du site, des travaux de dépollution sont réalisés.
La réglementation applicable aux chantiers de dépollution pyrotechnique historique est une réglementation récente, mise en place en 2005. En cas de présomption de pollution pyrotechnique, une étude de sécurité pyrotechnique (ESP) doit être réalisée avant l’ouverture du chantier afin d’identifier toutes les possibilités d'accidents pyrotechniques. Cette dernière établit, dans chaque cas, la nature et la gravité des risques encourus par les travailleurs et par les tiers. elle détermine les mesures à prendre pour éviter les accidents et limiter leurs conséquences tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du chantier. Cette étude, soumise à l'avis de l'inspecteur des poudres et explosifs (IPE), doit permettre à l'inspection du travail dans les armées (ITA) ou au directeur régional du travail (DIRRECTE) d'autoriser les opérations dans les meilleures conditions de sécurité.
Par ailleurs, le maître d’ouvrage doit désigner un chargé de Sécurité Pyrotechnique (CSP), indépendant de l’industriel retenu, pour s’assurer que les opérations réalisées sur le chantier sont conformes aux prescriptions de l’Etude de sécurité.
Le désobusage vise à réduire le risque lié aux munitions explosées ou non utilisées dans le cadre des entraînements conduits sur les champs de tir et leur zone de danger. Les opérations de désobusage sont réalisées uniquement en été (période de non-tir) par des personnels formés et encadrés par des artificiers. Les personnels sont alignés et ratissent l'ensemble du réceptacle. Le personnel appelle un cadre dès qu'il a un doute sur un déchet de tir. Deux cas de figure sont alors possible :
En matière de pollution industrielle, les obligations du ministère de la Défense relèvent du code de l’environnement et de la loi sur l’eau lorsque le site comporte des installations classées (ICPE ou IOTA). Les modalités de gestion des sols pollués sont définies par trois circulaires du 8 février 2007 (publiées au B.O. 2007/13 du 15 juillet 2007 du MEDAD) relatives aux installations classées :
La réforme de 2007 a fait apparaître 2 démarches :
Ces deux démarches peuvent être complémentaires. En effet si la vérification montre que l'état des milieux n'est pas compatible avec l'usage constaté alors on peut mettre en œuvre un plan de gestion. De la même manière la mise en œuvre d'un plan de gestion peut aboutir au constat que la pollution a migré hors du site, il faut donc vérifier que l'état des milieux est compatible avec les usages hors du site.
Le point de départ de ces deux démarches est toujours la réalisation du schéma conceptuel pour déterminer quelles sont les voies d'exposition (source, cible et transfert).
Les dossiers de dépollution sont souvent délicats et longs à traiter. En 2011, 55 dossiers sont recensés et en cours de traitement au sein de l'inspection des installations classées. La grande majorité des dossiers est issue du service des essences des armées (SEA) ce dernier ayant lancé en 2005 une campagne d'études (études historiques, études simplifiées des risques (ESR), études détaillées des risques (EDR) …). La réforme de 2007 contraint le SEA à engager des études complémentaires pour se conformer aux nouveaux outils méthodologiques (IEM, plan de gestion), nouvelles normes et valeurs de référence.
Par ailleurs, en 2011, le ministère de la Défense a traité 44 accidents de pollution (majoritairement liés à des fuites d’hydrocarbures et des débordements). Ces accidents de pollution et les actions prises font l’objet d’un compte rendu auprès de l’IIC) conformément à l’instruction n° 20079/DEF/SGA/DAG/D2P/DSE du 5 janvier 2005 relative aux incidents ou accidents survenus dans les établissements relevant du ministre de la Défense ou dans des établissements comprenant des installations classées dont la police est assurée par l’inspection des installations classée de la Défense.
Sources : SGA/SID
Droits : Mindef/SGA